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Gaël de Maisonneuve : le goût de la proximité à Miami

En poste depuis le 14 août 2009, Gaël de Maisonneuve, consul général de France à Miami, prône la relation rapprochée avec ses concitoyens français du sud de la Floride. Entretien avec un homme au parcours riche.

France-Amérique : Vous avez effectué des séjours professionnels à Singapour, Tokyo, au Sri Lanka et aux Maldives. L’Asie est-elle un de vos terrains favoris ?

G. de Maisonneuve : En effet, ce qui ressort de mon CV est une spécialité asiatique. Après mes études à Sciences Po et en économie à l’ESSEC, j’ai effectué un module d’enseignement sur les langues orientales à l’Inalco à Paris. J’étais donc dès le départ tourné vers ces pays. Mes diverses expériences m’ont ensuite surtout appris le sens du service propre à l’Asie. Je pense que l’écoute permanente de la demande est une des raisons de l’explosion économique de ce continent, au même titre que l’efficacité. C’est un modèle passionnant à suivre et qui m’a apporté un point de vue différent sur mon travail.

Après vos différentes missions en Asie, pourquoi avoir choisi les États-Unis ?

Car c’est un pays incontournable sur la scène internationale, et il est un partenaire diplomatique, économique et culturel majeur de la France. On ne peut que vouloir travailler avec les États-Unis.

Pourquoi Miami ?

Miami s’inscrit dans la continuité de mon parcours pour deux raisons. La première est le rôle de plate-forme et de porte que joue cette ville vers l’Amérique latine et les Caraïbes. C’est un peu ce que j’ai vécu à Singapour, qui a la même position. La deuxième est la présence des Départements d’Outre Mer (DOM), à savoir la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Martin et Saint-Barthélémy, pour qui le mot d’ordre du gouvernement, au travers des États Généraux d’Outre-Mer, est de favoriser l’intégration régionale. La Floride, Porto Rico et les ÎIes Vierges américaines, qui sont sous notre tutelle depuis Miami, représentent chacun un intérêt pour ces départements français : la Floride car c’est vraiment une porte d’entrée vers l’Amérique, Porto Rico car c’est une île très proche de la Guadeloupe et de la Martinique ,et les Îles Vierges car elles ont une relation forte et intrinsèque depuis le XVIIIe siècle avec Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

Entre l’Asie et aujourd’hui Miami, vous avez effectué un retour en France, au ministère des Affaires étrangères, où vous avez travaillé auprès de Bernard Kouchner. Qu’avez-vous appris de cet homme ?

Énormément de choses. Tout d’abord la nécessité d’avoir en permanence ses oreilles, ses yeux et son cœur ouverts à ce qui se passe dans le monde et autour de nous, pour ne rien laisser passer. Ensuite l’exigence extrême sur l’ensemble des dossiers pour être capable d’apporter la réponse appropriée, la créativité et le travail en équipe, parce que tout seul on n’est pas grand-chose alors qu’à plusieurs on peut être très fort. Ce sont des éléments que l’on peut trouver dans ses biographies, mais ce sont des choses que j’ai vécues au quotidien pendant deux ans.

Quels sont vos projets actuels ?

En temps que consul général de France à Miami, c’est d’accompagner d’une part les démarches des Français et de toutes les associations françaises. Et elles sont importantes ici, dans la mesure où la communauté française de Miami est la 4e plus grande des États-Unis et où le dynamisme commercial avec les Caraïbes est important. Ensuite, je me dois d’aider tout projet culturel, associatif ou économique de l’entreprise « France ». C’est-à-dire, dans un but de la faire vivre, être le relais entre des initiatives venant de métropole ou des Caraïbes, de grandes entreprises ou de PME, qui nous sollicitent directement. Aujourd’hui, dans le concret, mes initiatives sont un magazine consulaire électronique, « l’E-Toile », dont on essaye d’élargir la diffusion en anglais et en espagnol, et la French Week, initiée l’an dernier et que j’essaye de développer encore plus.

Avez-vous des ambitions personnelles ?

Elles sont assez limitées : simplement servir l’État français, les publics avec qui je suis en contact, et les Français de Floride.

Quelles sont les qualités essentielles pour servir ces Français expatriés ?

L’écoute des projets des autres, et le goût de la découverte de ces circonscriptions parsemées dans tous les États-Unis. Et les réseaux de consuls honoraires et d’Alliances françaises sont heureux de l’intérêt que Miami leur porte lors des déplacements que j’ai l’occasion d’effectuer.

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