Subscribe

Gallois prône une thérapie de “choc” à 30 milliards d’euros

Louis Gallois recommande une thérapie de “choc” pour l’industrie française, fondée sur une baisse de 30 milliards d’euros du coût du travail en un ou deux ans, donnant ainsi du grain à moudre au gouvernement qui doit annoncer dès mardi des choix cruciaux pour la compétitivité.

La proposition la plus débattue de son rapport, présenté lundi, est une baisse des charges qui allègerait les cotisations patronales de 20 milliards d’euros et les cotisations salariales de 10 milliards. En contrepartie, l’ancien patron d’EADS et de la SNCF, devenu commissaire à l’Investissement, propose d’augmenter la CSG de deux points, de rehausser la TVA sur certains produits et de relever diverses taxes.

Sans donner ni montant ni durée, le ministre des Finances Pierre Moscovici a annoncé à l’AFP que le “pacte de compétitivité”, qui sera présenté mardi par le gouvernement, inclura “des mesures qui porteront sur le coût du travail car ce gouvernement ne nie pas la réalité de l’économie française, tout en veillant à ce que le pouvoir d’achat soit préservé en 2013”.

La balle est maintenant dans le camp de l’exécutif, en pleines turbulences après six mois de pouvoir, et alors que le Fonds monétaire international (FMI) a estimé lundi que le manque de compétitivité était le “défi majeur” de l’économie française. M. Gallois a insisté sur un point: les mesures prises doivent être étalées sur un “petit nombre d’années”, “parce qu’on y croit mieux, on y croit plus”, alors que le gouvernement prévoit d’oeuvrer sur tout le quinquennat. Le président François Hollande a promis des “décisions fortes” dès mardi, à l’occasion d’un séminaire gouvernemental sur la compétitivité.

Hausse de la TVA ?

Selon le site internet de l’hebdomadaire Le Point, le gouvernement ne suivra pas la recommandation Gallois sur le transfert des charges. Sans dévoiler ses sources, le magazine affirme que l’exécutif choisira d’octroyer un crédit d’impôt aux entreprises se traduisant par une baisse des cotisations sociales de 6% sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le Smic, ce qui représenterait un total de 20 milliards d’euros.

Pour financer cette dépense, toujours selon Le Point, le gouvernement économiserait 10 milliards d’euros sur le budget 2014 de l’Etat et des collectivités, mais surtout, il augmenterait légèrement le taux principal de la TVA de 19,6% à 20%. Le gouvernement a plusieurs fois affirmé qu’il ne voulait pas toucher à la TVA. Interrogés par l’AFP, ni Matignon ni Bercy n’ont souhaité commenter ces informations du Point.

Outre sa proposition emblématique sur une baisse des cotisations sociales, dont les modalités et la portée restent inconnues, M. Gallois suggère une vingtaine d’autres mesures, appelle de ses voeux un “pacte social entre tous les partenaires” et veut “un véritable patriotisme”. Parmi ses propositions figure une réforme de l’assurance-vie, en repoussant la date à partir de laquelle les plus-values sont exonérées et en favorisant l’épargne en actions. Le but: que ces fonds aillent davantage au financement des entreprises.

M. Gallois propose en outre une petite révolution en souhaitant que, dans les conseils d’administrations des grands groupes de plus de 5.000 salariés, quatre administrateurs salariés puissent siéger et participer aux décisions. Une autre proposition, la reprise de la recherche sur les gaz de schiste en France, a d’ores et déjà été rejetée par le gouvernement.

La baisse du coût du travail est l’un des deux leviers évoqués dans le rapport pour enrayer la dégringolade du déficit commercial de la France, dont la part dans le marché mondial a chuté de 6,3% en 1990 à 3,3% en 2011. L’autre levier est constitué des mesures qui ne portent pas sur le coût du travail (initiatives soutenant l’exportation, innovation, recherche et qualité des produits, simplifications administratives…).

La droite, qui suspecte le gouvernement, à l’image du patronat, de ne pas vouloir suivre toutes les recommandations de M. Gallois, a promptement poussé ses pions. Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a “approuvé totalement” les mesures préconisées par le rapport, enjoignant M. Hollande d’avoir “le courage” de les “appliquer dès maintenant”, faute de quoi il créera “un choc de défiance”.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a déclaré que ce rapport était “engageant pour le gouvernement d’aujourd’hui”, saluant des “propositions concrètes” et “équilibrées”. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé que ce rapport marquait une “étape décisive vers un big bang économique salvateur”, tandis que, pour FO, Jean-Claude Mailly avait déjà estimé lundi matin qu’il “n’y pas de problème de coût de travail en France”.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related