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Georges Duboeuf lance le beaujolais millésime 2008 à New York

Georges Duboeuf, surnommé le roi du beaujolais, présentait fin avril à New York le millésime 2008 des crus qui seront commercialisés en septembre prochain. La marque qui bénéficie d’une renommée mondiale, bâtie sur plusieurs décennies, a choisi de communiquer, en cette période de crise, sur le rapport qualité-prix de ses vins.

Georges et Frank Duboeuf ont à peine le temps d’échanger un mot. En ce mardi 21 avril, père et fils sont penchés sur les bouteilles qu’ils débouchent pour une dégustation organisée à New York, où quelques connaisseurs vont avoir un avant-goût des crus fruités – groseilles, framboises et fruits des bois – de beaujolais millésime 2008. Ils goûtent et recrachent les vins qui seront versés dans 18 verres alignés devant chaque participant. C’est cet homme de 76 ans mince, calme et élégant, maintenant aidé de son fils, qui est  à l’origine des réjouissances observées dans 120 pays, le troisième jeudi de novembre, lorsqu’arrive le beaujolais nouveau.

Le succès de la commercialisation en primeur du beaujolais et du beaujolais-village a fait le renom de la marque Georges Duboeuf, mais aussi de l’ombre aux autres crus de la région viticole du Beaujolais situé entre Mâcon et Lyon. « Il n’y a pas de discordance entre le beaujolais nouveau et les autres vins », explique Georges Duboeuf, qui pour l’heure récupère de plusieurs heures de dégustation, démonstrations et discours, avec un verre d’eau. « Mais c’est vrai qu’une campagne de beaujolais nouveau réussie profite aux autres vins. C’est comme la première collection d’un couturier. »

Georges Duboeuf, négociant éleveur rachète la production de 400 vignerons et une vingtaine de coopératives. Il a fondé sa compagnie en 1964 puis  a popularisé le beaujolais en formant un partenariat avec des viticulteurs et surtout en convainquant des grands chefs tel Paul Bocuse de proposer ses vins dans leurs restaurants. « C’est avec les restaurants que l’image d’un vin se construit », dit Franck Duboeuf, appelé à succéder à son père à la tête de l’empire Georges Duboeuf.

En 2007, 2,5 millions de bouteilles de beaujolais nouveau ont été exportées vers les États-Unis. La part de marché des vins Georges Duboeuf, étant d’environ 30 %. « Concernant le beaujolais nouveau on a fait beaucoup mieux que prévu mais moins bien qu’en 2007 », souligne Yann Bourigault directeur des exportations en Amérique du Nord depuis trois ans. « On craignait le pire à cause de la crise, du dollar faible et de la flambée du prix de l’essence qui a fait monter le prix des bouteilles expédiées par avion jusqu’à 13,99 dollars ce qui est beaucoup trop. »

Le rapport qualité-prix est d’ailleurs l’argument que Georges et Franck Duboeuf mettent volontiers en avant pour promouvoir leurs produits dans un secteur, celui des vins et spiritueux, qui affichait, d’après les statistiques communiquées par Ubifrance une forte baisse à l’exportation, en volume, au premier semestre 2008 (-8,7 %, à comparer avec la même période en 2007). Le négociant français, qui produit 30 millions de bouteilles par an, fait 75 % de son chiffre d’affaire à l’étranger.

« On a la chance d’avoir une marque populaire à travers le monde et d’avoir des vins dans une catégorie de prix – moins de 20 dollars – qui collent à la demande, analyse Franck Duboeuf. C’est vrai qu’en ce moment l’objectif aux États-Unis où nous sommes présents depuis environ trente ans c’est plutôt de nous maintenir. Cette année nous avons un bon millésime 2008 grâce à des conditions météorologiques qui ont permis une bonne récolte, avec des raisins sains… Ensuite le secret réside dans le savoir-faire des vignerons et des maître de chai. »

Malgré ce savoir-faire, la réputation des beaujolais a été ternie par des scandales et Georges Duboeuf n’a pas été épargné. Il a été condamné en 2006 à une amende pour tromperie parce qu’un directeur de sites de vinification avait mélangé les vins.  En mars dernier, une cinquantaine de vignerons a aussi été condamnée par le tribunal de Villefranche-sur-Saône à payer  des amendes  pour avoir ajouté du sucre au-delà de la limite permise. Cette démarche entreprise en début de fermentation a pour but d’augmenter le taux d’alcool du vin.

« C’est vrai que ce genre d’affaires, parfois amplifiées, nous oblige à chaque fois à réagir très vite et à faire beaucoup de communication autour de la qualité de notre travail et notre amour du vin », explique Franck Duboeuf qui sillonne une quinzaine de pays à la conquête de nouveaux marchés, comme la Chine ou l’Australie. « La Chine viendra, mais il faut le temps de créér un réseau », analyse-t-il. « Le marché australien est très prometteur, car il n’y pas de cépage gamay (ndlr, le cépage gamay est utilisé pour le beaujolais rouge et le chardonnay pour le blanc). »

Après un ballon d’essai au Japon en 2006, Georges Duboeuf et d’autres producteurs continuent de commercialiser, pour l’instant en faible quantité, le beaujolais nouveau rosé qui est maintenant également vendu en France. « On a plein d’idées », prévient Georges Duboeuf avant de poser avec les Compagnons du beaujolais de New York devant l’immense gâteau d’anniversaire preparé en son honneur. On trinque avec un Moulin-à-Vent 2000, cuvée prestige.

Infos pratiques

www.georgesduboeuf.com
www.beaujolais.com

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