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Gilles Gade, le généreux banquier de Teaneck

Immigré à New York depuis 18 ans, Gilles Gade, financier français qui a récemment ouvert sa propre banque à Teaneck, une petite ville du New Jersey, prône le retour à un modèle traditionnel d’agence et de relations avec ses clients. Une petite révolution dans un parcours qui ressemble au rêve américain.

Un large sourire et un « bonjour » chaleureux. Puis, un café, un thé et un croissant. Ou bien même un soda. Le comptoir d’un Starbucks Coffee de la 5e avenue ? Pas tout à fait. Même si, en poussant la banale porte d’entrée, on pourrait se croire dans un typique commerce suburbain, la Cross River Bank de Teaneck (New Jersey) n’est pourtant pas spécialisée dans la confection et la vente de petits déjeuners. Et pour cause, elle les offre gratuitement à ses clients et visiteurs, par simple hospitalité et dans un climat somme toute assez détendu.

Gilles Gade, le directeur français de cette toute nouvelle banque installée à Teaneck depuis novembre 2008, en a fait sa marque de fabrique. « L’accueil est une chose essentielle », raconte-t-il avec humilité. Cette entreprise s’inscrit dans un véritable esprit de banque privée. De même que nous proposons ici un espace de restauration aux clients, lorsque l’un d’eux passe un coup de téléphone pour n’importe quelle requête, il ne passe en aucun cas par de multiples serveurs automatisés avant de parler à une de nos opératrices. J’y mets un point d’ordre, car ce service personnalisé manque, de nos jours, beaucoup aux clients. » Et lorsque Gilles Gade ajoute qu’ils aiment beaucoup se déplacer dans ses bureaux, on s’accorde à le croire.

Imagination et détermination

Si la convivialité est une des distinctions chères à ce banquier résidant à Long Island, elle n’est pas la seule innovation censée assurer la pérennité de son succès. Traversant l’East River et l’Hudson tous les matins pour se rendre à son bureau dans le New Jersey, l’entrepreneur a eu l’idée de nommer sa banque « Cross River Bank ». Un ingénieux clin d’œil, mais une appellation métaphorique qui symbolise surtout son ambition. Car il compte bien étendre son business, au-delà du New Jersey,  aux États de New York, du Connecticut ou de Pennsylvanie. Pour cela, il laissera parler sa créativité, liberté que le concept américain lui a toujours donnée. « En France », compare-t-il, « proposer ses idées et avoir le droit de les mener à bout est très rare. Il existe une hiérarchie extrêmement rigide. Ici, “entreprendre” est un mot beaucoup plus courant. C’est ce qui m’a toujours plu. » Et même s’il avoue que le défi qui en résulte donne lieu à une concurrence effrénée et de terribles luttes intestines, il apprécie l’esprit américain qui, selon lui, « forge et forme l’individu à devenir plus tard un manager ».

L’entreprise de ce jeune directeur de 42 ans s’est développée de façon fulgurante en pleine période de crise. « Le moment idéal », explique-t-il. « Après la dégringolade totale du système américain et quand la majorité des banques devaient recourir à des aides fédérales pour survivre, nous sommes arrivés comme sur un plateau d’argent : un bilan complètement propre, sans aucun « actif toxique », sans dettes ni mauvais emprunteurs, et pour le client, la garantie d’une assurance couvrant ses économies jusqu’à 250 000 dollars en cas de dépôt de bilan. » Certes, la modeste Cross River Bank n’a pas l’étoffe de Chase ou de Bank of America, mais les 55 millions d’ « actifs » rapidement engrangés pendant neuf mois laissent présager un bel avenir.

Un parcours d’aventurier

Débarqué, sans visa, à New York en 1991 pour passer divers entretiens, le banquier français de Teaneck a tout du conquérant européen venu faire fortune aux États-Unis. Après une expérience chez une des filières de Citibank à La Défense, à Paris, il se fait rapidement engager chez Bear Stearns, où il s’occupe des dossiers de privatisations d’entreprises françaises telles que AGF, EAP, Renault et Rhône-Poulenc. « J’étais également bien tombé, raconte-t-il. C’était le début du processus de privatisation de ces grands groupes et j’ai donc décroché le job grâce à mes antécédents français bien évidemment. » Il entre ensuite chez Barclay’s Capital pour s’occuper de fonds d’investissements sur les nouvelles technologies en tant que responsable fusion-acquisition, puis crée une petite structure de conseil dans le même domaine (Chela Technology) où il restera jusqu’en 2004. Il occupe un poste de directeur financier chez First Meridian (immobilier), d’où il partira pour lancer sa propre entreprise lorsqu’il a l’opportunité d’acquérir la licence indispensable.

Aujourd’hui marié à une Américaine, avec quatre enfants, le temps lui manque pour ,ieux s’intégrer dans la communauté française de New York. Mais cela le frustre, et il veut bien avouer que si l’économie se tasse un peu dans les prochains mois, il fera quelques efforts pour « faire du social ». « Je reçois énormément d’invitations pour des évènements artistiques et culturels, j’essaye d’y assister, mais sans beaucoup de succès pour l’instant. »

Infos pratiques

Cross River Bank

http://www.crossriverbank.com/

 

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