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Gilles Paquet-Brenner, le schizophrène

Avec Elle s’appelait Sarah, en salles le 22 juillet à New York et Los Angeles, Gilles Paquet-Brenner porte un regard neuf sur la tragédie de la Rafle du Vel d’Hiv’.

« J’ai perdu une partie de ma famille dans les camps », confie Gilles Paquet-Brenner. « Je savais que je traiterais ce sujet un jour, mais je n’aurais pas pensé que ce serait si jeune », poursuit le réalisateur de 36 ans. Le best-seller de Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah, lui a fait franchir le pas. Emu et inspiré par cette œuvre qui aborde avec justesse la destruction causée par la Rafle du Vel d’Hiv’, mais aussi la reconstruction douloureuse de milliers de vies brisées, il cherche tout de suite à acquérir les droits du livre paru en 2006.

« Je ne voulais surtout pas faire un énième film sur l’Holocauste, explique t-il. Je pense que les spectateurs qui disent en avoir marre des films sur cette période sont surtout lassés du traitement, qui est toujours le même. » Le va-et-vient incessant d’Elle s’appelait Sarah entre cette époque sombre et l’époque contemporaine, servi par le jeu tout en finesse de Kristin Scott Thomas, permet d’éviter cet écueil. Le passé du réalisateur également. Gilles Paquet-Brenner a déjà tourné de nombreux films d’action et parvient à maintenir le spectateur en éveil.

Gilles Paquet-Brenner, qui s’est essayé avec succès tant au film d’auteur avec Les Jolies choses qui a propulsé Marion Cotillard, qu’au film d’action avec Gomez & Tavarès, trouve avec ce long-métrage un juste milieu. Avec Elle s’appelait Sarah, il a pu « réconcilier les deux faces schizophrènes » de son cerveau. Ce « cinéma d’auteur qui s’adresse au grand public », est ce qu’il souhaite faire dorénavant.

Et pour toucher un large public, Gilles Paquet-Brenner lorgne avec envie vers les Etats-Unis. Il a déjà réalisé un premier film américain, Walled In (Les Emmurés) en 2009. Ce ne sera certainement pas le dernier. « Ma génération a été totalement nourrie par le cinéma américain », reconnaît-il volontiers. « Et faire des films américains permet de toucher davantage de monde », poursuit-il.

Son prochain projet, une adaptation de Dark Places de Gillian Flynn, devrait lui en donner l’occasion. Il devrait tourner ce thriller qui jouera lui aussi sur deux époques en février prochain au Canada et aux Etats-Unis. Avec ce long-métrage, il compte « revisiter le film noir ». Garder le mystère tout en le nourrissant par la réalité sociale.

Bande-annonce du film

 

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