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Grèce : Les pistes à l’étude pour endiguer la crise de la dette

Taxe sur les banques, rachat de la dette grecque, rééchelonnement: voici les pistes à l’étude pour boucler un deuxième plan de sauvetage de la Grèce et endiguer la contagion de la crise de l’endettement dans la zone euro.

LE REECHELONNEMENT de la dette grecque imposerait aux créanciers une modification des échéances de remboursement. Plusieurs options reviennent peu ou prou à ce scénario. Berlin propose que les investisseurs échangent leurs titres actuels contre d’autres de plus longue maturité. Paris suggère qu’ils réinvestissent leurs créances actuelles, lorsqu’elles arriveront à échéance, dans de nouvelles obligations de plus longue durée. Problème: dans tous les cas de figure la Grèce risque d’être déclarée en “défaut de paiement” au moins partiel. Et dans ce cas la BCE a prévenu qu’elle n’accepterait plus les obligations grecque comme garanties pour prêter de l’argent aux banques.

Déjà, la zone euro compte allonger de 7 ans et demi à 15 ans “au minimum” la durée de ses prêts aux pays en difficulté comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et réduire le taux d’intérêt qu’elle leur demande de 4,5% à 3,5%, selon un projet d’accord du sommet de Bruxelles. L’allongement prévu de la durée des prêts est “de 15 ans au minimum et peut aller jusqu’à 30 ans”, a indiqué un autre diplomate. Il ne s’agit pas d’une surprise. Le principe de ces mesures avait déjà été décidé le 11 juillet par les ministres des Finances de la zone euro, mais les détails restaient à régler.

LE RACHAT DE DETTE tient de plus en plus la corde pour permettre de réduire le volume global d’endettement du pays. Deux options: la première verrait les pays de la zone euro prêter de l’argent à la Grèce, via leur Fonds de secours financier (FESF), pour qu’elle rachète une partie de sa dette sur les marchés en profitant des prix très bas.

Autre idée: le FESF rachète lui-même les obligations grecques, avec la possibilité ensuite de les échanger auprès des créanciers par des obligations qu’il émettrait lui-même avec la meilleur garantie possible. C’est une option avancée en particulier par les “5 sages”, des économistes de haut rang chargés de conseiller le gouvernement allemand.

Problèmes de cette dernière formule: elle risque d’être considérée comme un “défaut” de paiement partiel de la Grèce et Berlin y voit le début d’une mutualisation inacceptable de la dette publique dans la zone euro.

TAXE BANCAIRE: censée s’appliquer à toutes les banques de la zone euro, qu’elles détiennent ou non des créances grecques, elle a été suggérée par la France. Cette proposition aurait l’avantage de faire participer le secteur privé au deuxième plan d’aide à la Grèce sans entraîner un “défaut” de paiement d’Athènes. Mais elle est dénoncée par le secteur.

NOUVEAUX PRETS: la zone euro se prépare à débloquer de nouveaux prêts pour la Grèce dans le cadre du deuxième plan d’aide avec des échéances plus longues et des taux d’intérêt plus bas que ceux consentis en 2010. Une autre idée revient sur la table: le FESF aurait comme le FMI la possibilité de débloquer facilement et rapidement des prêts d’urgence d’un montant limité pour les pays en difficulté, sans demander l’aval des 27 Etats de l’UE.

RESTRUCTURATION DE DETTE: c’est une solution radicale et risquée. Il s’agirait pour la Grèce de renoncer unilatéralement à rembourser une partie de sa dette, la moitié par exemple, une option à laquelle avait eu recours dans le passé l’Argentine. Officiellement, les gouvernements européens ne veulent pas en entendre parler car ils redoutent un engrenage incontrôlable dans toute la zone euro. Mais les marchés financiers parient dessus. En Allemagne, certains économistes et médias plaident en ce sens. Dans un éditorial mercredi, le prestigieux quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung estime qu’ensuite il faudrait faire sortir la Grèce de la zone euro.

EURO-OBLIGATIONS: l’idée, promue depuis longtemps par les fédéralistes européens, au premier rang desquels Jean-Claude Juncker, refait surface. Il s’agirait d’emprunts communs de la zone euro pour mutualiser les risques des différents pays, les plus fragiles étant ainsi protégés par les plus forts. Le taux d’intérêt de telles émissions serait une moyenne des différents Etats du pot commun. Ce que refuse l’Allemagne car elle jouit grâce à ses performances des taux les plus alléchants, et risquerait d’être perdante.

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