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Grèves et manifs, une France sans doute au ralenti mardi

La France devrait tourner au ralenti mardi pour la journée d’action intersyndicale avec de fortes perturbations au moins dans les transports, au moment où le parlement entamera l’examen de la réforme des retraites dont Nicolas Sarkozy veut faire un emblème de son quinquennat.

Le Premier ministre François Fillon a dit s’attendre à “une mobilisation importante” à l’occasion de cette rentrée sociale exceptionnellement précoce, qui sera marquée par quelque 190 manifestations dans le pays et “un nombre impressionnant d’entreprises privées” en grève, selon le numéro un de la CGT Bernard Thibault. Préparé avant même les vacances, ce rendez-vous crucial prend place dans un climat troublé : affaire Woerth-Bettencourt, querelles internes à la majorité, polémique sur la question de la sécurité à l’origine de manifestations samedi dernier, grogne dans l’Education nationale, où un appel à faire grève a toutefois été assez faiblement suivi lundi. Très confiants, les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FSU, Unsa) veulent faire “au moins” aussi bien que la précédente journée, le 24 juin (entre 800.000 et 2 millions de manifestants selon les sources). Ce jour-là, FO avait fait défection.

Réussir le 7 septembre est “la seule chance” d’influer sur le destin de la réforme, a souligné François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. Ce mouvement est populaire : de 63% à 70% des Français l’approuvent, selon deux sondages. Ils sont plus partagés (moitié-moitié) sur la mesure phare, le recul de 60 à 62 ans de l’âge légal de la retraite. 
Les transports ferroviaire, urbain et aérien, notamment, seront fortement perturbés : 2 TGV sur 5 par exemple, 1 métro sur 2 ou sur 3 sur la plupart des lignes à Paris.Au complexe pétrochimique de Lavéra près de Marseille, les salariés postés ont entamé lundi à l’aube les manoeuvres d’arrêt du vapocraqueur de Naphtachimie.
Le président Nicolas Sarkozy s’est dit “extrêmement déterminé” à “régler la question de l’équilibre des régimes de retraite”. Une chose “ne changera pas : le recul de l’âge de départ à 62 ans”, a soutenu son conseiller spécial Henri Guaino. Pour le reste, il peut y avoir des “négociations” si “l’impact financier” d’éventuelles modifications “ne remet pas en cause l’équilibre” global, a-t-il précisé. M. Guaino n’a pas dit si le passage prévu de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein pouvait être remis en cause mais le président UMP du Sénat Gérard Larcher l’engloberait volontiers dans un marchandage.

L’exécutif a gardé dans sa manche de quoi faire quelques concessions. Comme promis, il fera cette semaine “des propositions supplémentaires” concernant la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés.
Sur le premier volet, il s’agirait, selon le rapporteur du texte à l’Assemblée Denis Jacquat (UMP), de prévoir “un accord collectif par branche qui créerait un dispositif d’allégement ou de compensation de la charge de travail des salariés occupés à des travaux pénibles”. Mais, pour François Chérèque, “tant que le gouvernement ne remettra pas en cause les 62 ans et les 67 ans, la réforme ne sera pas acceptable”. Aussi les syndicats se réuniront-ils dès mercredi pour décider de l’après et peser sur un débat parlementaire express : vote le 15 septembre à l’Assemblée, examen au Sénat en octobre pour une adoption définitive fin octobre. Bernard Thibault a invité les salariés “à discuter entre eux” des suites, sur les lieux de travail.

A l’Assemblée, l’atmosphère promet d’être électrique, d’autant que le ministre du Travail Eric Woerth, décrié par l’opposition, sera celui qui défend la réforme.

 

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