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Grippe porcine : le foot français se prépare à tout scénario

Alors que le mois de septembre est annoncé comme périlleux en terme de pandémie grippale, le football français se prépare à tout scénario pour tenter de conjuguer mesures drastiques (matches à huis clos, reports, ou interdiction de déplacements éventuels) et équité sportive.

Le football français, comme toute autre composante de la société, se pliera en premier lieu aux directives de la Cellule interministérielle de crise (CIC).

Les pouvoirs publics peuvent « décider d’interdire des rencontres ou décider de huis clos ou de la distribution de masques à l’entrée des stades », expliquait en juillet Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel (LFP).

L’« ajournement des manifestations sportives » figure effectivement parmi les « mesures de santé publique précoces et d’emblée drastiques » pour « freiner l’apparition et le développement d’un nouveau virus adapté à l’homme » sur le site interministériel traitant des menaces pandémiques grippales (http://www.pandemie-grippale.gouv.fr).

« J’espère que tout cela ne se produira pas », poursuivait M. Thiriez, qui se disait « préoccupé par ce qui peut se passer à l’automne, peut-être plus tôt que prévu d’ailleurs, fin août ou début septembre ».

Cellule médicale FFF-LFP

Mais au-delà de la pandémie et de son traitement propre, les instances du football français ont aussi commencé à réfléchir aux conséquences sur le fonctionnement des championnats.

Le 21 juillet, le président de la Fédération française de football (FFF) Jean-Pierre Escalettes a annoncé à l’issue d’un conseil fédéral la constitution d’« une cellule médicale, autour du professeur Pierre Rochcongar, pour répondre aux problèmes que pourrait poser une éventuelle » recrudescence du virus en France à la rentrée.

« Cette cellule, regroupant des experts médicaux, qui sera commune à la FFF et la LFP », n’aura pas tant pour but d’être un organe de veille sanitaire : « nous nous plierons aux décisions des pouvoirs publics » assurait M. Escalettes. Le président de la FFF confiait que cet organe devrait surtout se pencher sur « les problèmes sportifs et économiques, car il y aura des répercussions économiques, comme l’a souligné Gervais Martel (président de Lens) en conseil fédéral », posés par d’éventuels reports de match ou forfaits entraînés par la contagion au sein des équipes, que ce soit au niveau amateur ou professionnel.

« Il est important que les mêmes règles s’appliquent pour tout le monde, qu’il n’y ait pas deux poids, deux mesures », soulignait M. Escalettes à ce propos.

« Gestion au cas par cas »

Pour l’heure, cette cellule en est encore « à la phase d’élaboration », a expliqué à l’AFP le Pr. Pierre Rochcongar (spécialiste en médecine et biologie du sport au CHU de Rennes). « Nous ne sommes pas, vu l’évolution, dans une situation d’hyper-urgence, mais nous devons réfléchir en amont aux gestions des différentes situations », a-t-il poursuivi. Dans deux semaines, les contours de cette cellule devraient être définis.

Les contraintes liées à la lutte contre la pandémie (reports, huis clos éventuels, etc…) ne devront pas rejaillir sur l’équité sportive. « Si, dans une équipe, il y a cinq ou six joueurs malades, et si cette équipe ne peut pas jouer, alors si on applique le règlement, de façon bête et méchante, le match est perdu par forfait pour cette équipe. Ce qui n’est pas juste », décortiquait M. Thiriez fin juillet.

« C’est pour cela qu’au niveau du football, le professeur Rochcongar va piloter cette cellule médicale, qui fait la liaison entre la LFP et la FFF, pour avoir une gestion au cas par cas et éviter une mesure générale », soulignait-il.

Cet été, le foot professionnel français a été peu touché. Seuls quatre joueurs de l’AS Monaco ont été atteints par le virus de la grippe A/H1N1 mais se sont vite rétablis et ont pu reprendre l’entraînement.

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