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Haïti: des soldats des Antilles françaises aident leurs cousins

Leur créole diffère un peu de celui d’Haïti, mais la communication avec leurs “cousins” est plus facile pour eux que pour les autres soldats internationaux. Venus des Antilles françaises, ces jeunes volontaires déblaient Port-au-Prince aux côtés des habitants.

“Je dirige ce détachement de 27 hommes, ils sont tous Antillais et volontaires pour venir ici et visiblement enthousiastes”, explique à l’AFP l’adjudant-chef Christophe Mahoudeau.

C’est le détachement du Service Militaire Adapté (SMA), un régiment spécial destiné à réinsérer des Français d’Outre-Mer. Ces soldats sans autres armes que des pelleteuses sympathisent avec la population à qui ils expliquent leur action en créole.

Les soldats envoyés en Haïti, qui ont déjà six mois de SMA, sont formés aux métiers de conducteurs d’engin, de la restauration, ou bien d’agents de sécurité. “Dès que l’on a annoncé qu’on cherchait des volontaires pour Haïti, l’enthousiasme a été total et on a été submergés de demandes”, raconte l’adjudant-chef.

“C’est normal, on est tous des Caraïbes, c’est la solidarité créole, mais c’est vraiment la misère ici”, lance le marsouin Grégory Ganot, 24 ans, qui, armé d’une pelle, dégage des murs écroulés.

“Une première sélection s’est opérée de fait en fonction des gens qui avaient déjà un passeport, une autre par les formations suivies par nos jeunes et nous sommes arrivés comme ça à un groupe de 27 hommes, deux tiers de Martiniquais et un tiers de Guadeloupéens qui ont été transportés par un navire de guerre à Port-au-Prince”, explique Christophe Mahoudeau.

Hygiène et solidarité

Dans la capitale, sous la protection d’autres militaires français armés cette fois, les hommes du SMA participent avec les services municipaux au déblaiement, nettoiement du Champ de Mars, à coté du palais présidentiel, un immense jardin public transformé en camp de toile où dorment entre 10.000 et 15.000 personnes.

Les habitants du camp se sont organisés, ont regroupé leurs ordures et après le passage des employés municipaux, les allées de cette petite partie du centre sont presque propres et permettent à des Haïtiens d’improviser un terrain de football.

“On essaie d’amener une stabilité sanitaire, on amène de l’hygiène, on essaie d’éviter un deuxième catastrophe épidémique”, indique le colonel Michel Rochelet, chef du détachement.

“Mais nous ne sommes pas là pour faire le travail des ONG, ce n’est pas notre coeur de métier”, souligne-t-il. “Nos jeunes militaires expliquent qu’ils ont trouvé une raison à leur engagement et c’est magnifique de voir des gens qui ont connu des grosses difficultés dans leurs vie tendre la main à d’autres personnes en difficulté”, ajoute l’officier français.

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