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« Haïti est un pays en révolte constante »

Ramses Delva, Haïtien de naissance, est arrivé à New York il y a 24 ans, pour y devenir avocat. Très impliqué au sein de la communauté haïtienne de New York, il offre un point de vue sans illusion sur Haïti, un pays dévasté avant même le tremblement de terre qui l’a frappé mardi 12 janvier.

Comment expliquer la situation de pauvreté extrême du pays ?

Il y a d’abord un facteur géographique. Nous avons hérité du tiers montagneux de l’île, avec peu de terres cultivables. Quant aux ressources en eau, elles sont entièrement contrôlées en amont par la République Dominicaine. D’un autre côté, la densité est très importante. Il y a aussi un facteur politique qui joue en la défaveur du pays. Haïti est en révolte constante, sans aucune stabilité. Cela rend très difficile les aides car la communauté internationale n’a pas confiance.

Après ce tremblement de terre, quelles sont les solutions pour qu’Haïti renaisse de ses cendres ?

Il faudrait un plan sur 30 à 50 ans. Une des premières mesures serait de réviser le système éducatif. Le taux d’illettrisme est de 40 % à Haïti. Développer le tourisme est aussi un enjeu majeur. Il faut donc créer des infrastructures. Et puis, trouver enfin une stabilité politique qui ne minerait pas toute tentative de développement.

L’aide internationale n’est pas suffisante selon vous ?

Elle est importante aujourd’hui mais très mal gérée. Pour vous donner un exemple, il faut cinq ans pour construire cinq kilomètres de route. Et nous avons besoin de chaussée pour acheminer les mangues par exemple. En attendant, elles pourrissent et cela n’aide pas l’économie du pays. Et puis quand les organisations internationales donne un dollar, 45 centimes sont reversés aux dirigeants. Les salaires de ces gens ne me semblent pas raisonnables.

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