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Haïti: Huit missionnaires accusés de trafic d’enfants libérés

Huit des 10 missionnaires baptistes américains inculpés d’enlèvement d’enfants en Haïti sont arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi à Miami après avoir été détenus presque un mois à Haïti, a indiqué une source à l’aéroport international de Miami.

Le juge chargé du dossier avait ordonné mercredi leur libération conditionnelle – mais ils restent inculpés – et ils avaient quitté la prison de Port-au-Prince dans la soirée pour prendre place à bord d’un avion militaire américain de transport à destination des Etats-Unis.

“Cette remise en liberté n’est pas une décision définitive et ils devront se tenir prêts à être présentés au juge”, a déclaré le secrétaire d’Etat haïtien à la Sécurité publique Claudy Gassant, en annonçant mercredi la libération conditionnelle des huit.

Le juge d’instruction poursuit l’enquête sur le fond pour déterminer s’ils ont bien enlevé les enfants. Deux autres baptistes, deux femmes, restent emprisonnées dont la porte-parole du groupe, Laura Silsby, selon leur avocat.

“Huit de mes clients vont être libérés. Le juge veut interroger deux de mes clients parce qu’ils étaient en Haïti avant le séisme” du 12 janvier, avait déclaré Me Aviol Fleurant, expliquant que les deux femmes se trouvaient alors dans le pays pour aider dans un orphelinat du nord-ouest.

Des accusations graves

Les 10 baptistes, membres d’une association caritative de l’Idaho avaient été arrêtés le 29 janvier à la frontière dominicaine alors qu’ils tentaient de faire passer 33 enfants sans papiers d’identité, moins de trois semaines après le séisme qui a fait plus de 217 000 morts. Ils avaient assuré que les enfants étaient orphelins mais n’avaient pas pu présenter de papiers.

Dans les jours qui avaient suivi, il était apparu que la majorité de ces “orphelins” avaient en réalité des parents. Plusieurs d’entre eux avaient affirmé avoir confié leurs enfants aux missionnaires américains de leur plein gré, espérant que ceux-ci leur offriraient des soins médicaux et les inscriraient à l’école en République dominicaine.

Les dix ont été inculpés le 4 février d'”enlèvement de mineurs” et d'”association de malfaiteurs”. Un autre de leurs avocats, Me Louis Gary Lissade, a insisté sur le fait que les accusations à l’encontre des huit libérés n’avaient pas été levées mais s’est dit confiant dans le fait qu’elles le seraient bientôt.

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