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Haïti : les donateurs promettent de l’argent et de la fermeté

À l’occasion de la conférence des donateurs, les différents pays ont promis des aides pour Haïti. Mais ils ont aussi réclamer plus de transparence de la part du gouvernement de Port-au-Prince pour relever le pays dévasté par le séisme du 12 janvier.

« Notre objectif n’est pas seulement de reconstruire, mais de rebâtir en mieux ». Il s’agit de « construire un nouvel Haïti », a lancé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en ouvrant la conférence qui se tenait dans les locaux de l’Organisation des Nations Unies.

Il ne faisait pas seulement allusion à la mauvaise qualité des bâtiments haïtiens, qui a certainement alourdi l’énorme bilan humain du séisme. Avant le tremblement de terre, Haïti était déjà un pays ravagé, avec environ 80 % de sa population qui vivait en dessous du seuil de pauvreté. Près de la moitité de la population était analphabête, selon les chiffres du programme des Nations Unies pour le développement.

M. Ban a donc appelé les donateurs à soutenir pleinement le « plan d’action pour la reconstruction nationale et le développement » du président haïtien René Préval, qui vise à transformer une tragédie en une occasion de reconstruire Haïti sur de meilleures bases qu’avant le séisme.

Mais le chef de l’ONU a aussi averti que cela supposait « un gouvernement pleinement démocratique » et que le partenariat entre la communauté internationale et Haïti devait « reposer sur les principes de la bonne gouvernance, de la transparence et de la responsabilité mutuelle ». Un vrai défi, quand on sait que Haïti avait obtenu en 2009 la note de 1,8 sur 10 dans l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International.

Ces thèmes d’une approche novatrice de l’aide internationale et de la bonne gouvernance des autorités haïtiennes ont été repris par de nombreux orateurs.

Mme Clinton a invité la communauté internationale à soutenir Haïti « de façon plus intelligente » et a appelé à « ne pas revenir aux stratégies qui se sont avérées incapables » de développer le pays le plus pauvre des Amériques.

Elle a estimé que les dirigeants haïtiens avaient déjà pris des décisions pour une plus grande transparence et stabilité. La chef de la diplomatie américaine a prévenu que faute d’une reconstruction réussie, les souffrances d’Haïti pourraient aboutir à « une explosion aux conséquences régionales et mondiales. »

Le séisme de magnitude 7, qui a ravagé Port-au-Prince le 12 janvier, a fait des dégâts estimés à près de huit milliards de dollars, (soit 120 % du PIB d’Haïti). La catastrophe a tué au moins 220 000 personnes et fait 1,3 million de sans-abri.

Quelque 138 pays, plusieurs organismes internationaux comme le FMI ainsi que des ONG et des membres de la diaspora haïtienne sont représentés à cette conférence, présidée par le président haïtien René Préval. Les 3,8 milliards que l’ONU espère recueillir représenteraient un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars estimés pour la reconstruction sur 10 ans.

Les donateurs ont donné des promesses d’aide chiffrées. La Banque mondiale a promis 250 millions de dollars supplémentaires d’aide pour Haïti, et annoncé l’annulation de la dette du pays à son égard, qui se montait à 39 millions de dollars.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a rappelé l’engagement de Paris d’aider Haïti à hauteur de 180 millions d’euros en 2010-2011, prônant une amélioration profonde et structurelle de la situation des Haïtiens. À cette somme s’ajoutent l’annulation déjà effectuée des 56 millions d’euros de la dette bilatérale haïtienne, et aux contributions directes de la France à l’aide européenne et multilatéral.

L’aide de la France « vise à soutenir un nouveau modèle politique, économique et social pour Haïti », a affirmé M. Kouchner. « Il nous faut faire la preuve que l’aide au développement peut marcher, que dans dix ans la situation des Haïtiens sera considérablement et structurellement améliorée », a-t-il dit.

« Les États-Unis s’engagent à verser 1,15 milliard pour la reconstruction d’Haïti sur le long terme. Cet argent sera affecté au plan du gouvernement d’Haïti pour renforcer l’agriculture, l’énergie, la santé, la sécurité et la gouvernance », a déclaré Mme Clinton. Le président Barack Obama avait précédemment promis 2,8 milliards de dollars d’aide pour satisfaire aux « besoins essentiels et urgents » du pays dévasté par un séisme le 12 janvier.

En tout, les pays donateurs ont promis de verser 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, et 9,9 milliards au total pour les trois prochaines années et au-delà, a annoncé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à l’issue de la conférence. Ces sommes dépassent largement les espérances des organisateurs de la conférence, qui pensaient pouvoir recueillir environ 3,8 milliards de dollars pour les 18 prochains mois pour remettre l’économie d’Haiti sur les rails. “Aujourd’hui la communauté internationale a répondu présente aux côtés d’Haïti”, s’est félicité le chef de l’ONU.

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