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Harry Fayt veut photographier les bébés new-yorkais

Photographe de bébés et de maternité, le Belge Harry Fayt vient de s’installer à New York il y a un mois et demi. Avec son style épuré et ses idées débordantes, il espère continuer son travail intime et pourquoi pas s’inviter dans le monde très fermé des photographes d’artistes.

La pièce est sombre. La décoration encore à affiner. Face au froid hivernal de New York, Harry Fayt préfère, par souci d’isolation, fermer les rideaux, plonger son loft industriel dans l’obscurité et allumer les lampes. « Quand on travaille avec des bébés, il faut qu’ils soient au chaud », explique-t-il en souriant. En contre jour, face à l’un de ces éblouissants luminaires, il avoue aussi, pour son travail, préférer la lumière artificielle à celle du jour, comme si elle pouvait lui permettre d’approcher un nourrisson dans les douces conditions de son premier élément : l’enveloppe maternelle.

Le berceau de sa Belgique natale, où ses parents tenaient une boulangerie, Harry Fayt vient tout juste de le quitter. En posant ses valises à New York au début du mois de novembre et après une jeune carrière en Europe, il aspire naturellement à une deuxième naissance. Mais son style photographique aujourd’hui plutôt épuré et à la recherche de simples émotions, est né il y a bien des années, lors d’un travail d’école. « J’ai débuté ce qui fait mon style depuis maintenant 5 ans en voulant photographier un accouchement, raconte-t-il. C’était à l’époque un projet de classe. A la suite de quelques coups de téléphones, un gynécologue m’a alors permis de le réaliser lors d’une césarienne. » Une série de clichés qui, après un résultat probant et une note unanimement bonne, a été présentée lors d’une exposition de médecine en France.

Un projet resté dans un coin de sa tête

À la sortie de son école, ce tout récent trentenaire « a galéré», comme il l’avoue, et travaillé en intérim tout en commençant sa carrière déjà bien affinée par des photos de concerts et plutôt « rock’n’roll ». Mais c’est lorsqu’il lit un article dans Bizz, un magazine belge dédié aux entrepreneurs, que son avenir prend un tournant significatif. « Il y a deux océans, se rappelle-t-il. Le bleu et le rouge. Le bleu représente un business qui existe déjà, et dont le produit est à reproduire, une boulangerie par exemple. Le rouge est celui inexploité et dont le produit reste à créer. C’est l’article et l’idée qui ont été un déclic. » Ce projet de photographies d’accouchement au fond de sa mémoire, il décide alors de faire des enfants et des familles sa marque de fabrique. « Cela a pris du temps, avoue-t-il, mais à force de persuasion, d’auto-publicité et de diversification d’offres, cela a pris et j’ai couvert toute la Belgique francophone. » À tel point que lorsque l’on tape « photographie de bébé » sur Google, le site web d’Harry Fayt est le premier référencé.

New York, terre de créativité

Venu en touriste 5 fois, Harry Fayt a su dès son 2e passage à New York qu’il viendrait un jour y habiter. Et le talentueux photographe n’est aujourd’hui pas déçu : en un mois et demi il a fait plus de connaissances professionnelles qu’en 3 ans en Europe, notamment Allen Frame, un photographe assez réputé. « New York est une énorme concentration de créatifs, c’est une sorte de café français où les artistes se côtoient et conversent », illustre-t-il. Et il semble avoir déjà sondé sa propre créativité au cours de ces précédentes allées et venues. Depuis mai dernier, il s’est attaché à un nouveau projet, celui de photographier sous l’eau « ce que les hommes peuvent faire sur terre ». L’eau, un élément, où, comme un bébé dans son liquide amniotique, il se sent à l’aise. Son rêve ? Devenir photographe de célébrités, celui que les stars viennent rencontrer pour poser devant son objectif. Et pourquoi pas les photographier sous l’eau. « Brad Pitt, sous l’eau, sur un canapé avec un tapis qui flotte devant ? Ça me dit bien, blague-t-il… mais pas tant que cela. Si Harry Fayt vient tout juste d’atterrir dans la ville qui pourrait luii permettre de réaliser ses plus folles ambitions, il n’est pas improbable, à la vitesse où se construisent les success story américaines, qu’on le retrouve dans quelques années au fond des piscines qui ornent les sommets des gratte-ciel new-yorkais.

Infos pratiques :

http://www.harryfayt.com/

 

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