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Harry Sefarbi : décès d’un peintre fidèle à la Fondation Barnes et amoureux de la France

L’artiste qui a enseigné pendant plus d’un demi-siècle à la Fondation Barnes à Philadelphie, est décédé le 28 septembre à l’âge de 92 ans. Sa veuve raconte sa passion pour Cézanne, Matisse et la France.

« Mon mari a vécu toute sa vie dans le monde de Cézanne et Matisse. Il a toujours dit que cétait la vie qu’il voulait ». Au bout du fil, le ton est alerte et passionné. Ruth Sefarbi a perdu son mari Harry le 28 septembre dernier à Philadelphie. L’artiste qui a enseigné pendant 54 ans jusqu’en 2007 à la célèbre Fondation Barnes de Philadelphie, qui héberge la plus grande collection d’œuvres de Cézanne au monde, s’est éteint à l’âge de 92 ans. « Il n’a jamais perdu sa passion pour la peinture. Seul son corps n’a pas pu suivre ».

Harry Sefarbi était opposé au déménagement de la Fondation du docteur Albert Barnes, actuellement situé en banlieue, dans de nouveaux locaux, à Philadelphie. Les contours de la nouvelle demeure des 181 Renoir, 69 tableaux de Cézanne, 59 œuvres de Matisse, des 46 Picasso et 7 Van Gogh, doivent être dévoilés ce vendredi à Philadelphie. Le design du bâtiment a été confié il y a deux ans aux architectes new-yorkais Tod Williams et Billie Tsien. « Ce déménagement de la Fondation Barnes attristait beaucoup mon mari », poursuit Ruth Sefarbi. « Il disait toujours que c’était une école, dans laquelle on essayait de comprendre une œuvre, et non pas un musée ».

En décembre 2003, il s’est opposé au déménagement de la collection Barnes sur le Benjamin Franklin Parkway au centre de Philadelphie. Il considérait la Fondation comme une « œuvre d’art » et affirmait que si on y touchait, cela « changerait tout ».

La vie d’Harry Sefarbi est liée à celle du docteur Barnes, décédé dans un accident de voiture en 1951. Après avoir servi dans l’armée américaine pendant la Second Guerre mondiale et combattu en France, le peintre a découvert l’école Barnes en 1947. À cette époque, il étudiait à la Pennylvania Academy of Fine Arts. Harry Sefarbi gardait d’ailleurs un excellent souvenir de ses rencontres avec Albert Barnes, raconte Ruth Sefarbi. Le philanthrope a même acheté une de ses œuvres qu’il a accrochée dans la pièce numéro 9.

La France a aussi une place à part dans le cœur des Sefarbi. Harry et Ruth se sont rencontrés à Paris en 1951. « À cette époque, Harry peignait et moi j’étudiais le français et la littérature française », poursuit Ruth Sefarbi. « Nous adorions la France et y sommes retournés plusieurs fois ». À son retour de Paris en 1953, Harry Sefarbi a contacté Violette de Mazia, l’associée d’Albert Barnes pour lui demander un poste d’enseignant. Engagé cette même année, il y est resté jusqu’en 2007. Harry Sefarbi adorait les couleurs, explique son épouse avant de conclure : « Chaque année qui passait, son art grandissait comme son amour pour la Fondation Barnes. »

Infos pratiques :

Site Internet de la Fondation Barnes

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