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Hausse de température à La MaMa

La comédienne franco-roumaine Simona Maïcanescu débarque à la Mama de New York avec The Fever de l’Américain Wallace Shawn. L’occasion d’évoquer avec elle ce poignant monologue tragico-politique.

Comment le spectacle The Fever est-il né ?

Sur un malentendu ! Lors d’un séjour à New York, dans une librairie, je suis tombée par hasard sur ce monologue de Wallace Shawn. Ce fut un véritable coup de cœur. J’ai tout de suite eu envie d’en lire des extraits devant un public. J’ai soumis l’idée aux organisateurs d’un festival de théâtre à Stockholm. Ils ont accepté, pensant accueillir un spectacle tout prêt. C’était loin d’être le cas ! J’en ai parlé au dramaturge suédois Lars Norén, pour qui j’avais travaillé quelques mois auparavant. Il a tout de suite proposé de m’aider à la mise en scène, et c’est ainsi que tout a commencé.

Quel est le fil conducteur du monologue ?

Une femme trouve sur le paillasson de son grand appartement un exemplaire du Capital de Marx. Cette découverte déconcertante va provoquer une série de rencontres et de voyages qui feront vaciller toutes ses valeurs bourgeoises. Il s’agit en fait d’interroger la posture éthique des pays riches face à l’injustice économique. Ces questions résonnaient particulièrement en moi car j’ai grandi en Roumanie, un pays très inégalitaire. Ce qui m’a aussi séduit c’est que, plutôt que choisir un angle politique, Wallace Shawn se saisit d’une expérience intime, de la sensibilité d’un personnage.

Passée par Stockholm, Paris et le Luxembourg, The Fever regagne New York…

Oui, la boucle est bouclée ! L’aventure a débuté à Manhattan, et c’est là qu’elle revient cinq ans plus tard. Jouer à New York, c’est pour Lars Norén et moi une manière de rendre hommage au travail de Wallace Shawn. Avec cette version très européenne de la pièce, nous espérons perpétuer la beauté et l’actualité d’un texte écrit il y a déjà 30 ans, dans le contexte de la fin de la guerre froide. Et parce qu’il est le fruit d’une coopération à la fois américaine, française, suédoise et roumaine, le spectacle porte en lui un peu du multiculturalisme qu’incarne pour moi New York .

“The Fever” de Wallace Shawn, mise en scène de Lars Norén. Avec Simona Maïcanescu. En anglais.

Du 24 janvier au 3 février à La MaMa, 74 East 4th Street, New York.

www.lamama.org

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