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Haute couture printemps-été à Paris: noir et blanc calligraphique chez Jean-Paul Gaultier

L’ex-mannequin Inès de la Fressange, moulée dans une longue robe noire, a retrouvé mercredi son statut de top model lors du défilé haute couture de Jean Paul Gaultier pour l’été prochain, placé sous le signe de la calligraphie, ses pleins et ses déliés synonymes de sensualité.

La maison Valentino a clos en début de soirée les trois jours de défilés avec une collection qui renoue avec l’esprit de la maison de couture, selon son fondateur, Valentino Garavani. Il s’agissait de la première collection dessinée par les nouveaux stylistes, Maria Grazia Chiuri et Pier Paolo Piccioli.

“Ils ont fait un travail extraordinaire, ils ont suivi tous mes détails, à leur façon mais très, très bien”, a déclaré Valentino. “C’est un grand hommage qu’ils m’ont rendu. Ils ont très, très bien compris ce qu’est l’esprit Valentino”.

Dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, au son d’un orchestre, le public a pu admirer un vestiaire raffiné aux couleurs subtiles, dont le célèbre rouge Valentino sur une robe longue au dos découpé, très applaudie.

Les tailleurs aux couleurs printanières, les manteaux rebrodés aux manches 3/4, les fourreaux en mousseline, les noeuds et les drapés plissés ont charmé le public qui a chaleureusement applaudi la collection.

Quelques heures auparavant, Jean Paul Gaultier avait créé la surprise en faisant défiler une Inès de la Fressange à la cinquantaine radieuse, dont la dégaine sur les podiums n’a rien perdu de son charme gouailleur. Le mannequin vedette des années 80 a présenté deux modèles et a été très applaudie. La chanteuse Helena Noguerra a également défilé.

Le goût de Jean Paul Gaultier pour la calligraphie se traduit par une collection en noir et blanc, riche en dentelles, filets et broderies noirs.

Une fenêtre voilée de résille noire et rebrodée de volutes s’ouvre par exemple sur une jupe ou bien un filet voile un fourreau. Le pantalon de torero se féminise avec des filets, des dentelles, des ajourés, ou se transforme en corset.

La silhouette rappelle les années 80, avec des épaules marquées, souvent élargies. Des robes noires à col smoking, des combinaisons pantalon de smoking sont apparues comme un hommage à Yves Saint Laurent, mort en juin, qui inventa le smoking pour femme.

Les actrices Catherine Deneuve, Arielle Dombasle et Lou Doillon et la chanteuse Kylie Minogue figuraient au premier rang du public.

Le noir et blanc était de rigueur aussi chez Franck Sorbier, mais sur pellicule: le couturier a présenté sous forme de film en noir et blanc une collection intitulée “La haute couture n’est plus ce qu’elle était. So what ?!” (et alors ?!). Quelques vêtements étaient visibles dans le cinéma où s’est déroulée la projection.

Le film, signé Olivier Cavellat, met en scène une jeune femme dans une succession de saynètes portant des noms de rues parisiennes. Le même mannequin présente, au fil des scènes, des tops, des vestes, une jupe sirène, un fourreau noir. “La situation économique étant ce qu’elle est, l’idée d’une seule fille s’est imposée”, explique le couturier qui, la saison dernière, avait dû se contenter de présenter sa collection sur internet, faute de moyens.

L’humour et la récup’ ne perdent pas leurs droits: rue Eugène Poubelle, une jupe sirène en georgette de soir noire s’accompagne d’un haut en sacs plastiques de shopping compressés, ailleurs un bustier a été réalisé avec un exemplaire de la revue “Le Petit Echo de la Mode”, ou les plats d’un menu sont brodés sur une veste noire.

En clôture du film, Ray Ventura chante: “Tout va très bien, Madame la marquise…”

Retrouvez les créations du défilé Jean-Paul Gaultier printemps/été 2009

Et les vidéos des autres grands noms de la haute-couture “made in France”

 

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