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Hollande à l’Elysée, un premier anniversaire au goût amer

Le premier anniversaire de son élection à l’Elysée, le 6 mai 2012, a un goût amer pour François Hollande avec un niveau record d’insatisfaits et une crise qui perdure, anéantissant ou différant ses promesses économiques et sociales.

Le chef de l’Etat, qui a commencé son quinquennat sans état de grâce, se retrouve un an plus tard à la tête d’un pays au bord de la récession, voire en récession, frappé également par une crise morale et sociétale. Avec pour sanction une impopularité record à ce stade du mandat présidentiel. Le 6 mai 2012, c’était la fête pour les socialistes qui voyaient un des leurs à l’Elysée, 17 ans après le départ de François Mitterrand, premier président PS de la Ve République.

Un an plus tard, aucune manifestation de liesse n’est prévue, l’heure est grave et c’est avec une réunion de tout le gouvernement à l’Elysée lundi matin que François Hollande commencera la deuxième année de son quinquennat. A Soustons (Landes), samedi, avec les jeunes socialistes à qui le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a décidé de faire faux bond, Alain Vidalies (Relations avec le Parlement) a évoqué la nécessité d’éviter “une image festive” qui serait “inappropriée”.

Une petite éclaircie est venue vendredi de Bruxelles avec la Commission européenne qui a accordé au gouvernement un répit de deux ans, jusqu’en 2015, pour lui permettre de ramener son déficit public à 3% du PIB. La France avait demandé de repousser l’échéance à 2014. Un répit applaudi par François Hollande, qui y a vu la prise en compte de sa volonté de privilégier la croissance sur la réduction des dépenses. Mais un répit aigre qui survient alors que le chef de l’Etat, après avoir promis durant la campagne de ramener le déficit à 3% en 2013 et à l’équilibre en 2017, a dû ravaler ses ambitions.

Côté croissance, peu d’espoir cette année (+0,1 selon le gouvernement, -0,1% selon la commission) avec en corollaire une augmentation continue du chômage qui a battu en mars le record de 1997 (3,224 millions de demandeurs d’emploi sans activité en métropole contre 3,195). Pour autant, François Hollande le promet toujours, il parviendra à inverser la courbe du chômage à la fin de l’année, grâce à “sa boite à outils”. La Commission prévoit elle une progression en 2014, certes avec une stagnation fin 2013.

L’UMP présidée par Jean-François Copé a prévu de fêter à sa façon la première année du quinquennat Hollande avec une photo choc pour affiche, barrée d’un “l’échec” montrant un président, sous une pluie battante le jour de son investiture, impassible bien que trempé jusqu’aux os.

Le Front de gauche, emmené par le numéro un communiste Pierre Laurent, et le bouillonnant coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, en meilleur ennemi de François Hollande, battra dimanche le pavé parisien “contre l’austérité” et “pour la Ve République”. M. Mélenchon espère 100 000 personnes.

“Pas impressionné”, le chef de l’Etat affiche une certaine sérénité, et affirme qu’il a un cap, alors même qu’une grande fébrilité, le doute voire les critiques se sont emparés de la majorité à mesure que la cote de popularité de l’exécutif s’est effondrée. “S’il y a un reproche qui m’est apparu totalement inapproprié, c’est celui de ma prétendue indécision. On peut critiquer mes décisions, penser que je fais fausse route, dire que je n’ai pas pris le bon cap mais s’il y a une chose dont je suis sûr c’est que depuis un an, j’ai fait des choix majeurs pour la France”, plaidait-il récemment dans un entretien aux agences de presse, citant le pacte “de compétitivité, la réforme du marché du travail, le sérieux budgétaire”. “En 10 mois bien davantage qu’en 10 ans!”.

“Le fond de l’histoire, c’est où va-t-il?”, “on a le sentiment qu’il n’est pas cap!”, a jugé samedi le président de l’UDI, Jean-Louis Borloo, qui proposera lundi à toutes les formations politiques, non pas l’union nationale, mais “un programme républicain national de redressement” pour sortir le pays de la crise.

Si en matière économique, François Hollande a une marge de manoeuvre étroite, pour la première grande sociétale de son quinquennat, le mariage homosexuel (engagement 31), il avait les coudées franches compte tenu de sa large majorité à l’Assemblée. Mais las, son adoption a été ternie par des actes homophobes, une mobilisation parfois vive, et qui dure, dans la rue mais aussi par le spectacle de députés en venant presque aux mains. L’image de la République “exemplaire” qu’il entendait mettre en place a été en outre sévèrement écornée avec les aveux fracassants de l’ex ministre du Budget Jérôme Cahuzac sur l’existence de comptes bancaires cachés à l’étranger.

Mais, il y a un domaine où il est unanimement salué, celui de la gestion du dossier malien. Le 11 janvier dernier, en chef des armées, il a engagé l’opération militaire Serval contre les combattants islamistes qui menaçaient de prendre Bamako.

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