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Hollande et Cameron affichent leur entente malgré leurs différences

Le président français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont cherché mardi à Londres à aplanir leurs différends, notamment fiscaux, mais sans rien céder sur le fond, même si Paris a reconnu la nécessité d’avoir une “Europe à plusieurs vitesses”.

“Nous devons concevoir l’Europe à plusieurs vitesses, chacun prenant ce qu’il veut dans l’Union”, a déclaré M. Hollande à Downing Street lors de sa première visite officielle au Royaume-Uni. “Nous ne sommes pas dans la même situation, la Grande-Bretagne n’entend pas devenir membre de la zone euro, mais nous pouvons comprendre nos positions respectives, la Grande-Bretagne n’entend pas freiner” la zone euro, a ajouté le président français lors d’une conférence de presse commune avec M. Cameron.

“Nous essayons de construire une bonne et forte relation. Nous sommes tous les deux des hommes politiques rationnels, raisonnables et pragmatiques qui voulons le meilleur pour nos pays”, lui a répondu le Premier ministre britannique. Paris et Londres ont des approches différentes de l’Union européenne: le socialiste Hollande défend une Europe plus intégrée, appelant régulièrement, comme il l’a encore fait à Londres mardi, à une Union économique et monétaire, tandis que le conservateur Cameron, pressé par la frange eurosceptique de son parti, réclame “moins d’Europe”.

Autre sujet sensible entre les deux pays: la fiscalité. A ce propos, M. Hollande a fait remarquer que la tranche d’imposition supérieure était fixée au Royaume-Uni à 45%, contre 41% actuellement en France. “Ca ne crée pas d’ailleurs d’installations de Britannique sur notre territoire”, a-t-il plaisanté, “sauf pour des résidences secondaires que nous ne voulons d’ailleurs pas taxer davantage”. M. Cameron, tout sourire, a aussitôt souligné que plusieurs de ses collaborateurs étaient “à moitié français” ou “avaient des maisons en Normandie” et seraient “soulagés”.

M. Hollande cherchait à désamorcer un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours dans la presse britannique. Mais l’Elysée, interrogé par l’AFP, a précisé que les non-résidents en France, quelle que soit leur nationalité, seraient désormais soumis aux mêmes impôts que les résidents, mais pas davantage. “C’est une mesure d’équité fiscale”, plaide-t-on. Lors de leur conférence de presse, les deux leaders ont fait assaut d’amabilité, le Premier ministre donnant du “François” à M. Hollande, qu’il avait refusé de recevoir pendant sa campagne présidentielle, sa préférence allant ouvertement à son rival Nicolas Sarkozy.

Pas rancunier, M. Hollande a expliqué qu'”il y a des sensibilités politiques qui créent des solidarités” mais que désormais il y avait des “relations d’Etat à Etat”. Il a même plaisanté autour d’une critique peu protocolaire de M. Cameron en juin qui avait offert de “dérouler le tapis rouge” aux exilés fiscaux français. “J’apprécie l’humour et surtout l’humour britannique. Je ne me suis pas senti du tout offensé, j’étais très heureux qu’on puisse m’offrir un tapis”, a-t-il lancé.

Les deux hommes ont insisté sur leurs convergences, sur le plan international (Libye, Iran, Sahel) et la coopération énergétique (nucléaire civil) et militaire qu’ils entendent “approfondir”. M. Hollande a annoncé que son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, viendrait le 24 juillet à Londres pour “signer deux arrangements au moins” sur les drones. Enfin, il a indiqué, devant la communauté française, qu’il serait de retour à Londres le 30 juillet pour soutenir les athlètes français participant aux jeux Olympiques.

Un thé chez la Reine

Le président français François Hollande a été invité à partager “une tasse de thé” au château de Windsor, près de Londres, avec la reine Elizabeth II, mardi lors d’un tête-à-tête, sans traducteur, chacun des deux parlant la langue de l’autre. Maintenant, “le président est invité pour une tasse de thé avec la reine”, avait affirmé un peu plus tôt le Premier ministre britannique David Cameron, pour conclure une conférence de presse commune avec M. Hollande, à Downing Street. Le chef de l’Etat et la reine se sont entretenus pendant trente minutes, sans témoins. Seuls deux photographes, l’un français, l’autre britannique, ont été autorisés, au début de l’entretien, à immortaliser cette rencontre.

Le président, qui rencontrait la souveraine pour la première fois, lui a serré cordialement la main. Souriante et vêtue d’une robe jaune pâle avec imprimés fleuris, la reine lui a présenté ses cadeaux: deux portaits encadrés et dédicacés, l’un d’elle-même, l’autre de son époux, le prince Philip. Pour sa part, le président a offert à la souveraine, férue d’équitation et qui continue, à 86 ans, à monter à cheval, une statue de la manufacture de Sèvres (France) représentant Amphitrite, l’épouse de Poséïdon, le dieu de la Mer, assise en amazone sur son cheval marin, oeuvre de l’artiste Antoine Orlandini.

Selon l’Elysée, “l’accueil de la reine a été extrêmement chaleureux, elle a affirmé avoir eu de bonnes relations avec les chefs d’Etat français successifs et s’est montrée très au fait de la politique française”. Le président Hollande s’est ensuite envolée pour la France.

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