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Hollande évoque pour la première fois un remaniement

François Hollande a pour la première fois clairement évoqué mardi l’hypothèse d’un remaniement gouvernemental qu’il écartait jusqu’à présent, et mis la pression sur ses ministres, assurant qu’aucun d’entre eux n’était “protégé”.

Dans un entretien accordé à Paris Match un an après son élection, le chef de l’Etat a lui-même alimenté la machine à rumeurs qui tournait déjà à plein régime. “Le remaniement viendra en son temps”, a-t-il déclaré. “Un jour, des choix et aménagements auront à être faits. Mais j’ai besoin de tous”, a-t-il encore expliqué dans cet entretien à paraître mercredi. Interrogé au détour d’une conférence de presse à l’Elysée en compagnie du président polonais Bronislaw Komorowski, le président Hollande a tenté d’éteindre les braises attisées par ses propres déclarations, répondant avec un sourire de dénégation à cette question “pour l’instant sans actualité”.

Sans actualité mais pas écartée, donc quand il prend soin de préciser dans les colonnes de Paris Match que “personne n’est protégé dans le gouvernement” et que “personne n’a d’immunité”, y compris le remuant ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Déstabilisé par le dossier Florange, auteur de propos peu amènes à l’égard du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg était encore la semaine dernière en délicatesse avec son collègue de l’Economie Pierre Moscovici à propos de Dailymotion.

Sur ce dossier, François Hollande a cependant affiché dans la même interview son soutien à l’ancien député de Saône-et-Loire. Tout comme l’a fait l’un de ses proches, le ministre du Travail Michel Sapin, déclarant au Talk Orange-Le Figaro: “Je pense que ce n’était pas une mauvaise décision qui a été prise par rapport à Dailymotion”. L’hypothèse d’un prochain remaniement a en outre été évoquée mardi par la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem : “Personne n’est protégé, bien sûr, et j’irai même plus loin, nul n’est irremplaçable”.

François Hollande, a relevé Najat Vallaud-Belkacem, “aura l’occasion très prochainement” de s’exprimer sur cette question lors de la conférence de presse semestrielle qu’il donnera le 16 mai à l’Elysée. Et d’ajouter, dans une apparente mise en garde aux nombreux ministres coupables de crime lèse-solidarité gouvernementale ces derniers mois : “La question que les membres du gouvernement doivent se poser sans cesse est celle de leur contribution à un travail collectif”. “Je vous dis: peut-être à la semaine prochaine”, a même plaisanté la porte-parole du gouvernement, prenant congé des journalistes à l’issue de son point de presse sur le Conseil des ministres, qui avait été avancé cette semaine à mardi.

Bertrand Delanoë et Ségolène Royal au gouvernement ?

Les rumeurs de remaniement vont bon train depuis l’aveu de l’existence d’un compte en Suisse de Jérôme Cahuzac, qui avait provoqué un premier jeu de chaises musicales en démissionnant de son poste de ministre délégué au Budget. Sur fond de chômage record, plusieurs figures de la majorité ont plaidé pour une équipe gouvernementale resserrée. Pléthorique, le cabinet de Jean-Marc Ayrault compte actuellement 37 membres. L’impopularité de François Hollande atteint aussi des niveaux records. En mai, 32% des Français se disent satisfaits de son action, selon le “tableau de bord” mensuel Ifop-Paris Match publié lundi. Entraînée par le fond en raison de la désaffection des sympathisants de gauche, sa cote à chuté à 25%, selon le baromètre mensuel Ipsos-Le Point publié le même jour.

Un nouveau gouvernement Ayrault pourrait ainsi inaugurer “l’an II” de la présidence Hollande lancé lundi par un “séminaire” de travail “studieux” des membres du gouvernement réunis par François Hollande à l’Elysée. Il pourrait aussi accueillir quelques poids lourds de la majorité, tels Bertrand Delanoë ou Ségolène Royal. Lionel Jospin avait ainsi musclé son équipe en 2000, faisant appel à Laurent Fabius ou Jack Lang. Priés d’accélérer le tempo des réformes lundi, les ministres sont prévenus: “Aujourd’hui, ce sont des résultats que les Français attendent”, ajoute François Hollande dans son entretien à Paris Match. “Cette équipe doit en produire sur le chômage, le logement, la consommation, l’éducation, la place de la France dans le monde”, ajoute-t-il.

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