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Hollande juge “possible” un départ d’EELV du gouvernement mais “ne le souhaite pas”

François Hollande juge “possible” un départ des écologistes du gouvernement mais “ne le souhaite pas”, dans un entretien à Marianne réalisé avant que le chef de file des sénateurs EELV Jean-Vincent Placé ne s’interroge vendredi sur la participation de son parti à l’équipe Ayrault.

“C’est possible. Je ne le souhaite pas. J’ai été élu avec une marge assez faible, 51,6%. Il est vrai qu’Obama lui-même… Enfin nous verrons bien… Dans tous les cas, pas de panique!” a répondu en milieu de semaine le chef de l’Etat, alors qu’on lui demandait “si les écolos vont quitter” le gouvernement. Selon l’entourage du président Hollande, “ce qu’il a dit, c’est qu’il ne voulait pas que les Verts quittent le gouvernement mais qu’ils sont libres”. M. Hollande, a-t-on souligné de même source, “a voulu que les Verts fassent partie de la majorité gouvernementale”. “Le travail des deux ministres issus de cette formation politique est d’une grande qualité, ils font preuve d’une loyauté remarquable”, a-t-on ajouté. “Nous nous posons la question de savoir ce que nous faisons au sein du gouvernement”, a déclaré M. Placé vendredi sur Radio Classique, invoquant notamment un “virage post-rapport Gallois et les annonces très en faveur des entreprises sans contreparties et sans conversion écologique”.

Deux EELV sont au gouvernement, Cécile Duflot (Logement) et Pascal Canfin (Développement). Interrogé sur la hausse de deux taux de TVA pour doper l’économie française après avoir supprimé la “TVA sociale” cet été, le président Hollande a rétorqué à Marianne: “Les taux sont très différents. Avec Sarkozy, le taux normal passait de 19,6% à 21,2%, au lieu de 20% dans notre dispositif.” “Cela dit, a toutefois ajouté M. Hollande, s’il y a sur ce point une inflexion, je l’assume. Le recul accéléré de notre potentiel industriel, la faiblesse de la croissance appelaient des mesures énergiques. Nous les avons prises.”

Le chef de l’Etat a justifié le choix des mesures retenues dans le dispositif compétitivité. Le crédit d’impôt? “Parce que les syndicats de salariés étaient hostiles à toute modification du mode de financement de la protection sociale”, a expliqué le président. Ses relations avec les milieux d’affaires: “Ils me regardent en général comme un adversaire, plus sans doute qu’ils ne le faisaient de François Mitterrand (…) Quant à la droite politique, elle ne s’inquiète pas de savoir si je suis un modéré ou un radical: elle me déteste.” Le chef de l’Etat s’attend à une année 2013 “dure, c’est certain”. “Et un retour de la croissance serait le bienvenu. Mais je suis optimiste.”

Il a reconnu que sa démarche globale était mal comprise par les Français: “C’est vrai. Je vais m’appliquer à en donner le cadre général dès ma prochaine conférence de presse”, prévue mardi prochain. M. Hollande a indiqué avoir “compris aussi que les Français voulaient (le) voir davantage en première ligne, et (s’)impliquer personnellement”. “J’avais souhaité en arrivant donner à la parole présidentielle un style moins obsédant, moins oppressant”, a-t-il dit. “De cela, je crois qu’ils continuent de m’être reconnaissants. En revanche, ils désirent davantage un face-à-face avec leur président. Eh bien, je vais faire ce qu’ils désirent!” a affirmé le chef de l’Etat.

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