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Hollande prône la croissance pour sortir Grèce et Europe de la crise

Le président français François Hollande a jugé mardi à Athènes que le retour à la croissance était la solution pour la Grèce, mais aussi l’Europe, face à la crise dans la zone euro, appelant à des investissements français dans l’économie grecque.

Accueilli à Athènes comme un “ami”, quatre mois après la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait elle été contestée dans la rue, M. Hollande a rendu un hommage marqué aux “efforts considérables” des Grecs pour assainir leurs finances et engager des réformes structurelles. “Le maintien de la Grèce dans la zone euro est un acquis (…) elle doit rester soutenue par l’Europe toute entière”, a-t-il affirmé, au côté du Premier ministre grec Antonis Samaras. “Nous devons faire en sorte que la croissance et l’emploi reviennent. Nous avons besoin en Europe de plus de croissance, c’est ainsi que nous pourrons atteindre nos objectifs de réduction des déficits publics”, a plaidé M. Hollande.

Le président français a été d’autant plus ferme dans cette approche qu’il a dû reconnaître que la France devra réviser à la baisse son objectif de croissance du PIB pour 2013. “Aujourd’hui chacun sait que nous n’atteindrons pas les 0,8%” qui étaient prévus”, a-t-il indiqué, sans toutefois confirmer les estimations d’une croissance “aux alentours de 0,2-0,3%” avancées par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. “Nous ne sommes pas dans la même situation que la Grèce, qui vit sa sixième année de récession et dont la production nationale a baissé de 25%” pendant cette période, a toutefois souligné le chef de l’Etat Français, pour qui “la France est un des pays qui aujourd’hui sur le plan de la croissance est dans la situation la moins mauvaise” en Europe.

Comme attendu pas ses hôtes, il a appelé les entrepreneurs français à contribuer à la relance du pays, au vu en particulier du vaste programme de privatisations dicté à Athènes par ses bailleurs de fonds, UE et FMI. “Je suis ici pour mobiliser les entreprises françaises pour qu’elles investissent en Grèce”, a-t-il déclaré. Pour les privatisations, “dès lors que des appels d’offres seront lancés, les entreprises françaises doivent être présentes”, a-t-il insisté, mettant en avant leur savoir faire dans le domaine “de l’énergie, de la gestion de l’eau, des transports et chemins de fer” autant de secteurs où d’importantes sociétés publiques doivent être cédées.

Il s’est aussi engagé à élargir, notamment en matière de santé, l’assistance technique française fournie à la Grèce pour réformer ses services publics. Alors qu’Athènes a entrepris des prospections à la recherche de gisements d’hydrocarbures dans son espace maritime, M. Hollande a jugé que d’éventuelles ressources seraient “une opportunité pour la Grèce et l’Europe”. “Si la France peut contribuer à leur exploitation, elle le fera”, a-t-il ajouté, faisant écho aux spéculations des médias grecs sur un intérêt de Total pour ces prospections.

A la tête depuis juin d’une coalition avec les socialistes et la gauche modérée, le dirigeant conservateur Antonis Samaras a remercié M. Hollande pour le soutien de Paris quand marchés et Européens prédisaient pour la Grèce une exclusion de l’euro. “La France nous a soutenus pour que nous restions dans l’Europe et nous soutient maintenant pour que nous et l’Europe sortions de la crise”, a-t-il déclaré, appelant, en vue de la présidence grecque au premier semestre 2014, à “de nouvelles initiatives en faveur de la croissance et de la lutte contre le chômage”. M. Samaras s’est aussi porté en faux contre toute division nord-sud en Europe, relevant que les “fortes relations gréco-allemandes étaient complémentaires” des liens gréco-français.

La rue athénienne avait pour sa part fait son choix, en s’abstenant de toute manifestation alors que quelque 30 000 Athéniens avaient saisi l’occasion de la venue de Mme Merkel pour manifester contre l’austérité. M. Hollande n’aura par contre pas bénéficié des attentions médiatiques grecques, pour cause de grève de 24 heures des journalistes, en prélude à une grève générale organisée mercredi contre les nouvelles mesures d’austérité imposées au pays en octobre en échange de son maintien sous perfusion financière.

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