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Hollande renoue avec la Corrèze et rend visite à Chirac

Deux mois et demi après son élection, François Hollande a renoué avec la Corrèze, marquant son “attachement” à son ancien fief, où il a aussi rendu une visite “amicale” et hautement symbolique à l’ancien chef de l’Etat, Jacques Chirac, dans son château de Bity.

Un retour aux sources pour le chef de l’Etat qui, le soir de sa victoire le 6 mai, avait prononcé son premier discours de président élu à Tulle. “C’est un déplacement de fidélité, d’amitié”, a-t-il confié samedi matin en parcourant pendant plus de deux heures les marchés de la ville, sous un soleil radieux. Accueilli chaleureusement par ses anciens administrés plus enclins à l’appeler “François” que “M. le président”, M. Hollande a rappelé sa promesse de “revenir régulièrement” dans “ce lieu plein de souvenirs et d’attachements”.

Il a en outre eu un geste symbolique fort en rendant visite à Jacques Chirac, au château de Bity. Il y a un an, le 11 juin 2011, toujours à Sarran, l’ex-président avait apporté à celui qui n’était encore que candidat à la primaire PS un coup de pouce inattendu. “Je vais voter pour lui”, avait-il lancé en évoquant ses qualités de “chef d’Etat”. Une boutade, avait ensuite voulu minimiser son entourage.

C’était “une visite de courtoisie et amicale”, a indiqué l’entourage du président, précisant qu’elle n’avait été organisée qu’il y a deux jours. Quand M. Hollande a appris la présence de Jacques Chirac, il a fait savoir qu’il pouvait le rencontrer et son hôte a été sensible à ce geste, assure-t-on. Dans une ambiance détendue, l’entretien a duré plus de trois quarts d’heure en présence de Bernadette Chirac et, bien qu’affaibli par la maladie, M. Chirac était plutôt en forme, dit-on. L’ancien et l’actuel présidents, enracinés par leur parcours politique en Corrèze, ont évoqué tour à tour le département, la vie politique, le discours du Vel d’Hiv, que M. Hollande doit prononcer dimanche.

C’est la première fois qu’un président de gauche va s’exprimer après Jacques Chirac, a relevé un proche du chef de l’Etat, soulignant qu’il y a 17 ans, en juillet 1995, Jacques Chirac avait été le premier à reconnaître que cette rafle organisée par Vichy “était une faute de la France”. Tout en se défendant de vouloir l’imiter, le président de la République a volontiers reconnu des qualités à son prédécesseur, à qui il est souvent comparé, pour son engouement à aller au contact des Français. “Chacun son style, son tempérament, sa façon de faire, ses idées. Mais Chirac avait un côté direct qui, d’ailleurs, lui a permis d’être élu sur une terre plutôt radical-socialiste et même communiste”, a souligné M. Hollande.

Pendant deux jours, le chef de l’Etat, venu sans sa compagne Valérie Trierweiler, s’est affiché en digne héritier de l’ex-président. Vendredi, à Brive-la-Gaillarde, à l’occasion de la 18eme étape du Tour de France, il s’est offert un long bain de foule. Gardant ses habitudes d’avant l’Elysée, il a ensuite passé la nuit dans son ex-modeste permanence de Tulle. “J’ai voulu garder cette simplicité qui est un vrai plaisir (…) montrer que je n’oublie rien”, a martelé le chef de l’Etat, entre poignées de main et embrassades.

“Je ne veux pas me détacher du lieu où j’ai été longtemps élu, ni des Français”, a encore confié l’ancien député et président du conseil général de Corrèze, accompagné de ses successeurs, Sylvie Dessus et Gérard Bonnet. Mais le chef de l’Etat n’a pas non plus caché les difficultés à venir. “Je sais qu’il y aura des temps qui seront plus délicats, des moments où il y aura des colères”. “Et je les comprends ces colères quand il y a des suppressions d’emplois, des entreprises en difficulté”, a-t-il dit alors que la semaine prochaine le gouvernement se penchera sur le dossier PSA, et ses 8.000 licenciements annoncés, premier gros choc social du quinquennat.

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