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Hollande veut “accélérer” les partenariats industriels franco-japonais

Chantre de la “diplomatie économique”, le président français François Hollande a vanté samedi à Tokyo devant un parterre de patrons français et japonais les partenariats entre entreprises des deux pays, et promis de les “accélérer”, sans oublier la relation franco-chinoise.

“Des partenariats ont été mis en oeuvre, se poursuivent et s’amplifient, cela exige du temps. Le rôle qui est le mien est de s’engager à accélérer le processus (..). Le politique peut contribuer au nécessaire climat de confiance. Et j’espère que cette visite permettra de le créer”, a souligné M. Hollande. Le président, qui dit vouloir impulser en amont au lieu de se contenter d’entériner des contrats négociés avant, a insisté sur les conditions d’un bon partenariat, résumées en 3C: “la complémentarité qui doit l’emporter sur la concurrence”, la “compétence” sans laquelle il n’est “pas possible de s’allier” et “la “confiance” qui “demande du temps”.

Cinq grands partenariats ont été mis en exergue lors d’une rencontre avec quelques unes des plus de 400 sociétés françaises présentes au Japon : Areva/MHI (nucléaire civil), Air Liquide/Denka (gaz divers), Total/Inpex (pétrole et gaz naturel), Essilor/Nikon (verres ophtalmiques) et, le plus connu, Renault/Nissan. Louis Schweitzer, représentant spécial pour le partenariat franco-japonais et fin connaisseur du pays du Soleil-levant, a dit combien le rôle de l’Etat pouvait être significatif dans la réussite des associations bilatérales d’entreprises, citant le cas de Areva-Mitsubishi Heavy Industries (MHI). “C’est l’action personnelle du Premier ministre nippon Shinzo Abe en Turquie qui a permis le passage à des négociations exclusives” pour la construction par Areva-MHI de quatre réacteurs dans ce pays. “J’espère que nous pourrons avoir le soutien des deux gouvernements pour nous implanter dans d’autres régions, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique Latine et notamment au Brésil”, a renchéri le patron de MHI, Hideaki Omiya.

Ce groupe éclectique, qui espère aussi des collaborations franco-japonaises dans la production de matériel militaire, a en outre profité du voyage présidentiel pour étendre sa collaboration dans le domaine des lancements de satellites commerciaux avec la firme européenne Arianespace. Présent depuis plus d’un siècle dans l’archipel, le fournisseur de gaz Air Liquide s’est pour sa part félicité de son travail avec le nippon Denka pour la production de gaz essentiellement destinés à l’industrie des semi-conducteurs. “Nous sommes très satisfaits aujourd’hui de ce partenariat, même s’il y a eu des hauts et des bas dans le passé. Nous prévoyons d’ailleurs de nouveaux investissements sur le site commun au Japon pour une nouvelle usine qui fournira l’année prochaine un produit chimique destiné à la fabrication de tablettes et smartphones”, a annoncé le patron d’Air Liquide au Japon, un groupe qui veut aussi approvisionner le secteur nippon de la santé et de l’automobile (avec de l’hydrogène).

Naoki Kuroda, PDG du japonais Inpex, partenaire de Total depuis 1970, a quant à lui souligné que “le développement des ressources naturelles énergétiques, ce sont souvent des projets si importants qu’ils impliquent plusieurs entreprises mais aussi plusieurs pays”. Selon lui, “Inpex-Total ont un rôle essentiel pour la stabilité d’approvisionnement énergique du Japon”. Carlos Ghosn, patron de l’alliance Renault-Nissan, a salué la venue du chef de l’Etat, qui constitue “une bonne nouvelle pour le Japon et pour la France, une impulsion pour d’autres partenariats économiques”, en disant “espérer de tout coeur qu’ils verront le jour et prospéreront”

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