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Hollywood: la femme qui murmure à l’oreille des chiens

Amoureuse des animaux, Mathilde Halberg-de Cagny est devenue dresseuse à Hollywood. La Française, installée aux Etats-Unis depuis 27 ans, a dirigé des poules, des chevaux et des chiens pour les plus grands réalisateurs de l’industrie cinématographique.

Tout juste sortie du plateau de tournage de We bought a zoo avec, à la réalisation Cameron Crowe, Mathilde Halberg-de Cagny est plutôt satisfaite. «  Matt Damon a l’air prêt à s’impliquer pour jouer les scènes avec le chien», note celle qui officie en tant que dresseuse d’animaux pour les productions hollywoodiennes.

Son métier, elle l’a appris sur le tard. Parisienne, elle décide à 20 ans de s’échapper de la capitale française pour voyager et apprendre des langues étrangères. La première étape de son périple l’emmènera jusqu’à Los Angeles en  1983. «  Je faisais des petits jobs, principalement comme fille au pair. Après avoir passé un an ici, je me suis dit que je voulais rester et trouver un métier, mais je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. »

« Travailler avec Scorsese, c’est un honneur »

C’est une publicité pour croquettes, avec un chat qui sautait de canapé en canapé qui lui donnera le déclic. «  En France, je connaissais une famille qui faisait de la chasse à courre. Je débourrais leurs chevaux et m’occupait de leurs chiens. J’avais déjà cette passion pour la direction des animaux », se souvient-elle.

Avec une bonne dose de persévérance, Mathilde réussit à être acceptée comme volontaire chez Birds & animals unlimited (société qui fournit des animaux dressés au cinéma, à la télévision et à la publicité, ndlr). Une histoire qui dure depuis 26 ans.

Parfois, la dresseuse se retrouve aussi devant la caméra, comme en décembre dernier en Angleterre, sur le tournage de L’Invention d’Hugo Cabret, le dernier film de Martin Scorsese. «  Souvent dans les films en costumes, les réalisateurs aiment bien que les dresseurs fassent de la figuration pour être présents avec les animaux, notamment dans les plans larges », souligne-t-elle. Il ne faut pas avoir peur du ridicule, mais travailler avec des génies et des icônes du cinéma comme Scorsese, c’est un honneur. »

Un privilège qui ne lui fait cependant pas oublier sa mission principale.  « Les animaux sont des comédiens à part entière. Dans ce métier, on doit les respecter pour les comprendre », explique la Française. «  Il faut savoir les lire, avoir beaucoup de psychologie et de patience. » Si elle peut travailler avec des chameaux, des poules,  ou même des papillons, le cinéma fait souvent appel à son talent pour diriger des chiens à qui l’on donne le premier rôle.

On retrouve sur son CV la série américaine Frasier où elle a entrainé, pendant  onze saisons, Moose le jack russell terrier du sitcom (histoire qu’elle a raconté dans un livre, My life as a dog, ndlr), Lassie en 2005 dans le long-métrage de Jack Sturridge ou encore l’excellent Marley et moi en 2008 avec Jennifer Aniston et Owen Wilson, pour lequel elle était allée chercher les labradors à la SPA américaine.

Elle a gardé les chiens de certains films

« J’aime avoir un scénario, choisir un chien, le dresser, l’emmener sur le tournage et le voir heureux. Mais tous ne sont pas aptes à ce genre de métier », souligne Mathilde qui a gardé chez elle les stars canines du film Le Chihuahua de Beverly Hills (2008),  de Palace pour chiens (2009) ou encore de Beginners dont la sortie est prévue en 2011. « J’aime aussi que les acteurs développent une relation avec les chiens. Cela me permet de m’effacer pour qu’ils créent leur jeu ensemble afin de mieux accomplir leur scène. Mais c’est une question de bonne volonté. »

Sous entendu, les stars du cinéma ont parfois du mal à partager l’affiche avec les bêtes à poils, surtout si l’attention du public se concentre un peu trop sur les performances de ces derniers. « Certains les considèrent comme des accessoires, d’autres comme des partenaires et reconnaissent vraiment notre métier. Avec Jack Nicholson, (dans As good as it gets, 1997), c’est une expérience que je ne referais pas forcément. »

Woody Allen appartenait à cette première catégorie avant Picking up the pieces. «  A la première répétition, je me souviens qu’il m’avait dit qu’il ne pouvait pas toucher des animaux. Ca allait être difficile car il devait donner de la nourriture au chien pour qu’il le suive.  Et puis, finalement, au fil du tournage, il s’est vraiment intéressé au procédé du dressage », termine Mathilde Halberg–de Cagny.

Pour en savoir plus:

En 1989 et 1990, Mathilde Halberg-de Cagny avait dressé Einstein, le terrier croisé de Doc pour les films Retour vers le futur I et II.

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