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Hommage à Richard Descoings à l’université Columbia de New York

Réunis mercredi soir à l’université américaine de Columbia, des étudiants de Sciences Po ont partagé le souvenir de leur regretté directeur, décédé dans un hôtel de la ville, ce mardi.

C’était un ami, un compagnon de route, c’est une très grande perte pour nous tous.” Devant une cinquantaine d’étudiants en année d’échange à Columbia, Francis Verillaud, directeur-adjoint de Sciences Po chargé de l’international, ne cache pas son émotion. Réunis ce mercredi au dernier étage d’une des plus hautes tours de la célèbre université new-yorkaise, surplombant Manhattan, tous ont salué la mémoire de Richard Descoings. Le directeur emblématique de l’Institut de sciences politiques de Paris est décédé mardi, à 53 ans, dans un hôtel de la ville, dans des circonstances encore inexpliquées.

Une chance pour les plus défavorisés

“Comme à Paris, nous voulions nous rassembler ici”, ajoute-t-il, car “nous lui devons de regarder vers l’avenir, à l’image de New York, cette ville symbole du mouvement”. Après une longue minute de silence, Francis Verillaud invite les étudiants à prendre la parole. Au premier rang, une jeune femme s’avance timidement : “Je suis très reconnaissante à Richard Descoings d’avoir ouvert l’école aux jeunes de banlieues et donné une chance aux plus défavorisés.” Un autre se dit “fier de ce qu’il a fait”, évoquant même une “personnalité unique” qui “laissera son empreinte”.

Pour faire sourire l’assistance, un professeur d’histoire africaine de Columbia se remémore son dîner, lundi dernier, avec le directeur de Sciences Po Paris, lors du repas inaugural du symposium de responsables universitaires auquel devait participer Richard Descoings le lendemain. “Il était en forme, il semblait très enthousiaste d’être là, et lorsque le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé au dessert si quelqu’un avait des questions, seul Monsieur Descoings a pris la parole”, relate Mamadou Diouf. “Quand j’ai appris sa mort sur Internet, je suis tombé à la renverse”.

Une ouverture sur le monde

Malgré “une immense tristesse”, Alessia Lefébure, directrice du programme Alliance de Sciences Po, entend poursuivre l’œuvre de Richard Descoings. “Ce qui compte, c’est ce que l’on fait de son héritage”, assure-t-elle. “Pour lui, le déracinement, loin de sa famille et de ses bases, faisait partie de l’expérience éducative”, explique-t-elle. “Sciences Po Paris est déjà liée à de nombreuses universités américaines et les Etats-Unis sont une destination majeure pour les échanges”. D’ailleurs, “les Américains représentent le groupe le plus important parmi les élèves étrangers de l’école”.

Reconnu dans le monde entier, Richard Descoings avait le contact facile. Etudiant en 3e année et stagiaire à l’ONU, Amada l’a rencontré plusieurs fois. “Il était un modèle pour nous tous. Il a changé ma vie”, reconnaît le jeune homme de 20 ans, originaire de Mantes-la-Jolie. “Proche des élèves, il n’hésitait pas à discuter avec nous sur Facebook”, se souvient-il. Tous ceux présents sont unanimes : Richard Descoings a “transformé” Sciences Po. Pour le meilleur. En remerciement, les étudiants ont signé un livre d’or qui gagnera la France ce dimanche.

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