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Hommage aux jeunes résistants de 1940 et aux musulmans morts pour la France

Nicolas Sarkozy a présidé jeudi aux cérémonies du 92e anniversaire de l’armistice de 1918, marqué cette année par un double hommage aux milliers de jeunes Parisiens qui manifestèrent le 11 novembre 1940 contre l’occupation nazie et aux soldats musulmans morts pour la France pendant les deux Guerres mondiales.

Après avoir déposé une gerbe et ravivé la flamme sur le tombeau du soldat inconnu, Nicolas Sarkozy a dévoilé une plaque “en hommage aux lycéens et étudiants de France qui défièrent l’armée d’occupation nazie le 11 novembre 1940 au péril de leur vie”, qui sera accrochée sous l’Arc de Triomphe. “Ce jour-là, ils ont dit non à la défaite, non à la collaboration, non au déshonneur. Ce jour-là, ils se sont affirmés comme les filles et fils des combattants héroïques de 1914-1918”, a écrit le président de la République dans un message diffusé par l’Elysée.

Deux jours après lui avoir rendu hommage à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne) à l’occasion du 40e anniversaire de sa mort, Nicolas Sarkozy a de nouveau évoqué le chef de la France libre, qui considérait la manifestation des étudiants comme l’un des premiers actes de résistance à l’occupation. “Ce jour-là, une avant-garde de la jeunesse française répondait publiquement à l’appel à la Résistance lancé quelques mois plus tôt par le général de Gaulle”, a-t-il souligné.

Quelques mois seulement après le début de l’occupation allemande, 2.500 à 3.000 lycéens et étudiants s’étaient le 11 novembre rassemblés sur les Champs-Elysées et à l’Arc de Triomphe en chantant La Marseillaise ou criant “Vive de Gaulle”. Ils “nous rappellent que l’amour de la France est un bien précieux (…) que la grandeur de notre pays, son avenir et ses valeurs reposent entre nos mains et que nous avons, ensemble, le pouvoir d’agir pour forger le destin de la France”, a conclu le chef de l’Etat.

A l’issue des cérémonie à l’Arc de triomphe, le ministre de la Défense Hervé Morin et le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Hubert Falco, se sont rendus à la Grande mosquée de Paris pour un hommage aux quelque 100.000 soldats musulmans morts sous l’uniforme français durant les deux conflits mondiaux. “La diversité de la société française, notamment dans un monde global, est une chance et un atout qu’il nous faut valoriser. S’appuyer sur l’Histoire permet de dresser des perspectives pour l’avenir”, a souligné le ministre. “Que nous le fassions chacun à notre façon, dans des lieux symboliques et historiques majeurs comme la Grande mosquée, c’est important”, a-t-il dit.

Deux plaques – une en français, une en arabe – ont été dévoilées en l’honneur des milliers de tirailleurs, goumiers ou spahis, originaires d’Afrique du nord, d’Afrique noire et du reste de l’ancien empire français tués ou portés disparus. Quelque 70.000 soldats musulmans sont morts pour la France de 1914 à 1918, et plus de 16.600 de 1939 à 1945 pour les seuls combattants originaires d’Afrique du Nord, selon une estimation du ministère. Le recteur de la Grande mosquée, Dalil Boubakeur, a souligné pour sa part l’aspect “hautement symbolique” de l’hommage rendu aux soldats musulmans. La Grande mosquée de Paris a été construite de 1922 à 1926 en hommage aux musulmans morts pour la France en 1914-1918. Sa construction avait alors été décidée par un vote du Parlement.

Après la cérémonie à l’Arc de triomphe, Nicolas Sarkozy s’est envolé pour Séoul et le sommet du G20 à bord du nouvel avion long-courrier mis à la disposition du gouvernement par l’armée de l’air, un Airbus A330-200 entièrement réaménagé.

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