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Hommages unanimes après la mort d’Alain Bashung

Le monde de la musique et de la politique tire son chapeau au “poète excentrique” et “au plus grand” des chanteurs au lendemain de la mort d’Alain Bashung, musicien exigeant mais aussi populaire grâce à des tubes comme Gaby ou Vertige de l’Amour.

“Sorcier indien à la manière de Jim Morrison” pour Jean-Louis Aubert, “poète excentrique” pour Arthur H. ou “le plus grand” pour Raphaël, Alain Bashung a recueilli l’hommage unanime du monde de la musique, tandis que Nicolas Sarkozy saluait l'”immense poète” et “le prince qui nous a quittés”, à l’instar d’une classe politique pour l’occasion unanime.

Bashung, l’un des chanteurs les plus importants de la scène musicale française, qualifié de “dernier des géants” par le magazine les Inrockuptibles, est mort samedi à 61 ans des suites d’un cancer du poumon, entouré des siens à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, deux semaines après avoir triomphé aux Victoires de la musique.

Le 28 février, il avait remporté trois récompenses (interprète de l’année, meilleur album, meilleure tournée), devenant l’artiste le plus primé de l’histoire de la cérémonie (onze distinctions en tout). Chacun de ces trophées avait été salué par une ovation debout, hommages émouvants de la part du public et d’autres chanteurs. “Ils m’ont tous fait passer une soirée magnifique, je ne pourrai jamais oublier cette soirée”, avait-il déclaré en recevant son dernier prix. La cérémonie où il était apparu fatigué et très amaigri, avait révélé l’extrême fragilité de la santé du chanteur, qui avait dû annuler plusieurs concerts prévus ce mois-ci.

Né le 1er décembre 1947 d’un père qu’il n’a pas connu et d’une mère ouvrière, Bashung avait monté en 1962 son premier groupe, The Dunces (les cancres), avant d’enregistrer ses premiers 45 tours en ôtant le “c” de son patronyme, Baschung.

Son premier album, “Roman Photos” (1977), un échec commercial, avait marqué le début d’une longue collaboration avec le parolier Boris Bergman, à qui Jean Fauque avait succédé en 1989. Car Bashung, c’était avant tout des textes, surréalistes, à la fois directs et mystérieux, voire hermétiques, et qui avaient leur propre petite musique, facilement reconnaissable.

Plusieurs tubes ont jalonné sa carrière, sans jamais qu’il cède à la facilité commerciale : “Gaby”, “Vertige de l’amour” (album “Pizza” en 1981), “Osez Joséphine”, “Madame Rêve” (1991, “Osez Joséphine”), “Ma petite entreprise” (1994, “Chatterton”), “La nuit je mens” (1998, “Fantaisie militaire”) ou “Résidents de la République” (2008, “Bleu Pétrole”).

Une carrière également marquée par des disques peu faciles d’accès, à commencer par l’audacieux “L’imprudence” (2002). Un album sorti en même temps que “Le Cantique des cantiques”, enregistré avec l’artiste Chloé Mons, qu’il avait épousée le 30 juin 2001. Il a eu avec elle une fille, après un fils né d’une précédente union.

Bashung, malgré la maladie, avait des projets. “Il nous avait annoncé un nouvel album”, a indiqué samedi Pascal Nègre, le président de sa maison de disques, Universal. Le chanteur devait également rendre hommage à Serge Gainsbourg, son père spirituel, par un spectacle de musique et de danse, basé sur l’album L’homme à la tête de chou. Il en avait déjà enregistré les chansons mais la tenue du spectacle n’est pas définitive, selon les organisateurs. Bashung était aussi un passionné de cinéma et avait notamment tourné sous la direction de Fernando Arrabal, Patrice Leconte ou Samuel Benchetrit.

A lire et à écouter aussi: http://www.france-amerique.com/articles/2009/03/14/le-chanteur-alain-bashung-est-mort.html

 

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