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I Love My Neighbours et I Am Un Chien : l’expérience musicale à New York

I Love My Neighbours et I Am Un Chien… Ces deux groupes français, encore peu connus, sont venus jouer à New York il y a quelques jours. Un pari courageux pour ces deux groupes à la recherche d’expériences et de perfectionnement, dont la musique, rock pour les premiers, électro pour les seconds, est un véritable diamant brut. A découvrir sans plus attendre…

Pouvez-vous vous présenter ?
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Nous sommes le groupe I Love My Neighbours, avec William à la batterie, moi au chant et à la guitare, et une petite nouveauté pour notre concert New Yorkais : l’absence de notre bassiste Alexis qui a malheureusement dû rester en France à cause d’un problème de visa. Nous sommes un groupe pop/rock venant de Paris. Nous nous sommes tous rencontrés au lycée pour la plupart et nous avons tous 20 ans…
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : … J’en ai 21.
Doug (I AM UN CHIEN) : Nous sommes le groupe I Am Un Chien, avec moi à la guitare, David au chant et Raphael qui nous accompagne à New York pour remplacer le 3e membre du groupe en train de passer son bac en France. David a 21 ans, Raphael en a 22 et moi 19. Je connais David depuis 3 ans. Avant, nous avions un groupe de rock et nous avons créé I Am Un Chien il y a un peu plus d’un an.

Comment se sont créés vos groupes respectifs ?
Doug (I AM UN CHIEN) : David et moi nous entendions bien au niveau musical et nous nous sommes donc lancés dans ce nouveau projet tous les deux. A la base, c’était plus un délire. Nous voulions remixer les chansons de notre groupe de rock. Nous avons créé notre myspace, avons titré la page I Am Un Chien, avons rajouté des photos de nos visages à côté de celles de chiens et les gens ont bien accroché. Du coup, nous avons continué mais tout s’est fait un peu par hasard.
David (I AM UN CHIEN) : Le nom du groupe vient des paroles de la chanson Debaser des Pixies car nous sommes fans de ce groupe. Au début, nous ne pensions vraiment pas former un groupe, mais plutôt venir en aide à notre groupe de rock en faisant des remix de nos chansons. C’est un peu le monde à l’envers.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Au début, le groupe s’appelait The Fucking Neighbours. Je n’en faisais pas partie. A ma place, il y avait une batteuse. Le groupe s’était créé quelques mois avant que j’arrive, il y a presque deux ans. Nous avons changé de nom car ça ne passait pas trop dans les circuits promotionnels en France. Jérémy savait que la batteuse n’allait pas rester dans le groupe, alors il m’a contacté pour jouer lors d’un concert afin de les dépanner. Finalement, je suis resté avec eux et le trio n’a pas changé depuis ce temps-là.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Alexis et moi nous connaissons depuis 11 ans et au lycée, nous avons commencé à nous intéresser à la musique chacun de notre côté. J’avais un premier groupe qui tournait bien et quand l’aventure s’est arrêtée, j’étais très frustré. J’ai alors proposé à Alexis qu’on joue ensemble et à l’époque, je n’avais jamais joué de guitare. Nous n’avions aucune notion de composition musicale, de solfège ou autre. C’est toujours le cas d’ailleurs (rires). On a commencé à jouer comme ça avec cette batteuse, qui est devenue la batteuse des Plasticines. Quand nous nous sommes séparés, j’ai proposé à William de faire un concert et tout de suite, il a apporté un toucher beaucoup plus lourd à la batterie…
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : …plus hardcore.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Cela a donné beaucoup plus d’ampleur à notre façon de composer, ce qui nous a permis d’avoir une plus grande liberté, aussi bien dans la composition que sur scène, et d’avoir plus d’aisance pour faire passer au public ce qu’on voulait leur faire passer.

I Love My Neighbours, d’où vient votre nom ?
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Nous avons commencé à répéter dans le salon de mon père qui habitait dans un petit lotissement de banlieue avec des murs en carton pate. Nous faisions donc beaucoup de bruit. Un soir, nous avons joué jusqu’à 3h du matin et un voisin a pété un câble. C’est à ce moment que nous nous sommes dits que l’on devrait s’appeler My Fucking Neighbours (Les Putains de Voisins en français, ndlr). Quand nous avons dû changer le nom en I Love My Neighbours, nous avons trouvé ça un peu ironique. Comme nous avons aussi cette volonté de ne pas nous prendre au sérieux, cette ironie nous convenait bien. Mais ça a quand même été très dur de changer de nom car nous étions attachés au premier.

Pourquoi un nom en anglais ?
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Parce que nous chantons en anglais et que nous n’avons jamais eu l’envie de chanter en français car c’est moins musical…
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : …il faut surtout savoir écrire pour que ce soit musical.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Oui c’est vrai et je n’ai pas cette plume là. J’ai toujours été bercé par la musique anglaise et par l’écriture en anglais. Je n’ai pas du tout cette approche de la musique en français, à part quelques rares exceptions. L’avantage, c’est que ça permet de s’exporter plus facilement aussi.

"On assume complètement le fait d’être Français aux Etats-Unis"

Quels thèmes abordez-vous ?
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Le sexe et les seins. Nous avons un côté très teenager dans les textes. J’ai dû mal vivre mon adolescence (rires). Nos chansons ne sont pas forcément à message ou à texte. On s’en fout. Alors des fois ça marche et d’autres fois non, mais ce n’est pas grave.
David (I AM UN CHIEN) : On parle beaucoup de filles mais nous n’avons pas de message non plus. On joue sur la mélodie des mots.
Doug (I AM UN CHIEN) : Plus sur les sonorités. Nous ne nous prenons pas la tête avec les paroles. Vu que nous faisons de l’électro, nous nous concentrons plus sur le son.

Vous revendiquez le fait d’être français ?
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Quand nous avons fait le concert pour la Youpi Party le 18 juin, c’était annoncé comme une affiche 100% française et celui du New Jersey le 20 juin était annoncé sous le nom de French Bands. On assume complètement le fait d’être Français aux États-Unis.
Raphael (I AM UN CHIEN) : Le fait d’être Français à New York, ça a un côté exotique et inconnu, donc ça plait.
Doug (I AM UN CHIEN) : De plus, nous avons un style vestimentaire différent (des blousons en cuir, ndlr).
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Nous sentons qu’il y a un regard différent, une forme de curiosité. Pour nous, c’est difficile à définir car nous n’avons pas assez de recul par rapport à ça. Il y a des gens qui aiment, d’autres qui nous regardent de travers, et les derniers qui s’en moqient. C’était probablement le cas lors du concert de la Youpi Party au Studio B à Brooklyn.

Justement, comment avez-vous vécu cette soirée ?
David (I AM UN CHIEN) : Pour nous, ça s’est bien passé sur scène. Le public était plutôt réceptif, même si un peu timide et peu nombreux. En tout cas, c’était une bonne soirée. Il y avait un gros son. Pour une première aux Etats-Unis, c’est symbolique, c’est bien. Cela aurait pu être pire. Nous avons joué 35 minutes.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : On sent que les gens écoutent ici, qu’ils sont attentifs.
Raphael (I AM UN CHIEN) : Au lieu de vivre notre musique, ils la découvrent.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Et ils se foutent de notre gueule avec nos paroles et notre accent français (rires).
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Disons que quand nous annonçons un morceau comme Show Me Your Boobs ou Sex With You, ce n’est pas très masqué. C’est même frontal comme approche. En France, les gens le comprennent aussi mais il y a la distance de la langue. C’est comme si on avait une chanson qui s’appelait Pénis (rires). Le changement de langage facilite la chose mais ici, c’est très frontal. Evidemment, les gens sourient mais bon. Après, sur le concert en lui-même, nous n’avons pas eu le temps de répéter sans la basse. C’était vraiment à l’instinct.
David (I AM UN CHIEN) : Moi j’ai trouvé ça mortel. Très rock n’roll.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Merci les gars.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Nous ne pouvons pas être tout à fait satisfaits du concert car notre bassiste n’était pas là. Depuis le début de notre séjour, nous avons eu un goût amer à cause de ça. Nous avons eu du mal à prendre notre pied. Je ne pense pas que c’était un mauvais concert, loin de là. J’ai trouvé le public américain assez cool, dans le sens où il était réceptif. Certes timide, mais réceptif et à l’écoute. Je ne suis pas mécontent.

Avez-vous été approchés par des maisons de disques ?
David (I AM UN CHIEN) : Oui, nous avons quelques propositions.
Doug (I AM UN CHIEN) : Mais pour l’instant, nous préférons rester sans label car on arrive à se débrouiller sans.
David (I AM UN CHIEN) : Cela fait un an qu’on existe. Avant de signer avec un label, il faut être prêt pour ne pas s’écrouler.
Doug (I AM UN CHIEN) : Il faut se faire désirer aussi.
David (I AM UN CHIEN) : Faire de très bons live alors que nous n’avons signé nulle part et que nous sommes en autoproduction, ça impressionne et du coup, nous avons encore plus de propositions. Il faut viser très haut. Cela donne du crédit au groupe.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Nous, ça ne nous concerne pas vraiment pour l’instant. Mais tout dépendra des conditions. Si une maison de disques nous approche et nous demande de chanter en français, ça me ferait chier. Cela ne veut pas dire que je ne vais pas y réfléchir, c’est ça qui est triste.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Je quitte le groupe si tu chantes en français (rires).
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Comme ça c’est réglé.

"Nous avons plus joué pour l’expérience"

C’est la première fois que vous veniez aux États-Unis. Qu’est-ce que ça fait ?
David (I AM UN CHIEN) : Pour tout le monde, c’est la première fois. A part Doug. Mais c’est génial. Grandiose. Tout est grand. Nous sommes descendus de l’avion et nous sommes directement allés à Times Square. C’était mortel, comme dans les films. Tout au long de notre enfance, nous avons regardé des films américains, plongés dans les clichés. En étant ici, on se rend compte que ce ne sont pas des clichés. C’est vraiment la vie américaine. Alors on se dit qu’on vit dans un film. C’est une autre culture, un autre pays et c’est très intéressant.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : C’est quelque chose à laquelle on peut facilement s’habituer car ça nous est familier. C’est impressionnant d’être confronté à quelque chose qu’on connait déjà mais qui devient réel, palpable.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : C’est comme si tu regardes Star Wars et que tu rentres dans la télé. D’un coup, tu te retrouves dans l’espace. Là c’est pareil, tout est bizarre (rires). Tu n’es pas habitué mais tu connais.

Vous souhaiteriez faire carrière aux Etats-Unis ?
David (I AM UN CHIEN) : Je pense que c’est le fantasme de tout musicien.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Pour nous, c’est plus une façon d’emmagasiner de l’expérience et de se retrouver confronté à un public nouveau et différent.
David (I AM UN CHIEN) : Pour vraiment se faire un nom à New York, il faudrait faire une grosse tournée et pas seulement deux dates. Là, nous avons plus joué pour l’expérience.

Des projets d’EP ?
David (I AM UN CHIEN) : Oui bien sûr. On y va doucement, peut-être même trop, mais on compte quand même sortir notre premier EP courant 2009 en France.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Nous avons sorti une première démo mais nous ne pouvons pas enregistrer régulièrement comme I Am Un Chien qui eux peuvent prendre plus de recul par rapport à leur musique. De toute façon, à chaque fois qu’ils sortent une chanson, elle est mortelle donc c’est très énervant (rires).
David (I AM UN CHIEN) : Merci Jérémy.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Pour nous, c’est plus compliqué. Nous sommes toujours obligés de passer par un studio pour enregistrer et c’est très cher. D’où la nécessité de rôder nos morceaux en faisant un maximum de concerts, pour être sûrs que le morceau qu’on va enregistrer est vraiment le bon. Si ça ne fonctionne pas sur scène, ce n’est même pas la peine d’essayer de l’enregistrer.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Notre première démo est comme un EP. Il y a quatre morceaux qui rendent très bien sur scène et qui font danser les gens. Nous avons d’autres morceaux qui aujourd’hui sont plus dans notre « move actuel ». Donc j’espère que nous allons enregistrer assez rapidement. Il faut juste collecter encore un peu de sous.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Notre premier EP s’appelait Show Me Your Neighbours. C’était l’EP de la chanson Show Me Your Boobs. Cet EP était une sorte d’introduction, une façon de se présenter. Dessus, il y a un duo avec I Am Un Chien qui s’appelle Sex With You. Tout est sur notre myspace.

Quelles sont vos références ?
Doug (I AM UN CHIEN) : Les nôtres sont plutôt rock du fait que nous avions un groupe de rock. Nous avons toujours baigné dans le rock, comme les Pixies, Queen of the Stone Age, Nirvana bien sûr.
David (I AM UN CHIEN) : Nous écoutons de l’électro aussi, comme Ratatat, The Rapture, Chic Chic Chic
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Comme nous sommes autodidactes et que l’on apprend encore tous les jours, c’est aussi ça qui fait notre particularité. Nous recherchons des lignes de mélodies simples, des rifs simples… Nous nous sommes tout de suite sentis plus proches du grunge et la référence en la matière, c’est Nirvana.
David (I AM UN CHIEN) : Personnellement, je trouve que ce que fait I Love My Neighbours ressemble plus à du Soundgarden.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Oui ça ne me choque pas que l’on dise cela. Personnellement, j’adore le timbre de voix de Chris Cornell et mon groupe préféré est Queen of the Stone Age. Mais ça ne nous influence pas forcément dans notre musique, ni dans notre façon de composer.
William (I LOVE MY NEIGHBOURS) : J’adore ce que je fais avec mon groupe mais ce n’est pas le genre de musique que j’écoute quand je suis chez moi, même si j’ai appris à aimer cette musique. J’écoute plutôt du reggae, du rock indie, et du hardcore bien sûr.
Jérémy (I LOVE MY NEIGHBOURS) : Notre musique est plutôt instinctive.

 

Ecoutez leur musique via leurs myspace :

I Love My Neighbours

I Am Un Chien

 

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