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Investir aux États-Unis : les clés d’une implantation réussie à Atlanta

Les agences publiques d’accompagnement à l’implantation internationale des entreprises françaises, que sont Ubifrance et les Missions économiques, tendent de plus en plus à accorder leurs violons avec le réseau privé des Chambres de Commerce Françaises à l’Étranger. Frédéric Mot, directeur exécutif de la FACC d’Atlanta nous présente son organisation, ainsi que son rôle auprès des investisseurs dans le processus d’exportation. 

France-Amérique : Votre organisation est membre de l’Union des Chambres de Commerce et d’Industrie Françaises à l’Étranger (UCCIFE), une institution privée comptant 114 branches à travers le monde. Quel est le rôle de la FACC (Chambre de commerce franco-américaine) ?

Frédéric Mot : La mission de la Chambre de commerce franco-américaine d’Atlanta est multiple. Notre principal objectif est d’encourager les relations d’affaires entre la France et le sud-est des États-Unis. Le premier volet de notre travail, pas toujours reconnu par les autres organismes, réside dans le conseil, l’orientation, le soutien, et l’assistance des entreprises françaises souhaitant investir dans la région. Ensuite, nous faisons office d’agent de liaison entre les investisseurs, les communautés d’affaires locales, les autorités et les prestataires de services. Il nous arrive de seconder certaines sociétés américaines envisageant une installation en France, là encore, en les mettant en relation avec les bons interlocuteurs. Pareillement, nous collaborons avec les Missions économiques et Ubifrance, même si nous n’avons pas toujours les mêmes impératifs et les mêmes contraintes. Notre chapitre tire ses finances de l’évènementiel et de la participation de ses membres.

F.-A. : Vous accueillez régulièrement des candidats à l’implantation aux États-Unis. Que doivent savoir les Français désireux d’investir sur Atlanta et sa région ?

F.M. : Le sud-est est une zone qui s’internationalise de plus en plus, grâce à des entreprises européennes (allemandes, françaises, anglaises…) et asiatiques. Il y a dix ans, il n’existait à Atlanta que 60 branches de sociétés françaises, aujourd’hui, nous en retrouvons une centaine. La tendance est donc nettement positive. En comparaison à l’ensemble du pays, la ville et ses environs présentent des avantages non négligeables pour nos compatriotes. En moins de dix ans, une partie des flux d’investissements du nord et du Midwest s’est orienté vers le sud. L’environnement économique attrayant, le faible coût de la main-d’œuvre, une législation favorable à l’employeur, l’absence de culture syndicale, les coûts opérationnels moindres… sont autant d’éléments de persuasion. Atlanta est une ville facile d’accès, du fait de son aéroport, l’un des plus fréquentés au monde. 80% des États-Unis sont accessibles en deux heures de vol.

F.-A. : Votre chambre de commerce compte 220 membres. Pouvez-vous nous en dresser le portrait et le calibre ?

F.M. : Au rang de nos collaborateurs, nous retrouvons des entreprises américaines et des filiales de sociétés françaises. Des très grosses, mais également des plus modestes. Si les gros portefeuilles sont ceux qui contribuent le plus activement au financement de notre organisation, les structures de moindre envergure participent tout autant à l’essor de la chambre. Nous sommes aussi en relation avec des prestataires de services, à savoir des cabinets d’avocats, des études notariales, des cabinets comptables, ainsi que des institutions financières, tous souhaitant bénéficier de nos contacts locaux.

F.-A. : Quels sont les obstacles susceptibles de décourager un investisseur se lançant à l’assaut du marché nord-américain  ?

F.M. : Avant de foncer tête baissée à l’assaut d’un marché, particulièrement aux États-Unis, il faut prendre des précautions, si l’on ne veut pas voir son budget initial fondre comme neige au soleil. Il est vrai que le marché américain est gigantesque, et son potentiel colossal, pour ceux qui aiment le challenge. Pourtant, il est important de bien s’entourer, indispensable de faire une bonne étude de marché, d’avoir une bonne connaissance de son secteur, et de connaître ses concurrents. Les embûches et les déconvenues sont légion. La majorité des entrepreneurs français s’installant dans la région sont dans le commerce de proximité et la restauration. Le milieu des services draine également des capitaux. Il existe, dans ce sens, quelques salons de coiffure, des enseignes de beauté et soin, d’aide à domicile, ou encore des écoles de français.

F.-A. : Comment les opérateurs économiques exploitent-ils le « Label France » dans le développement de leurs activités ?

F.M. : Attention, toutes les entreprises ne jouent pas la carte France. Il est aisé et judicieux pour une petite boulangerie de se revendiquer comme tel, car les Américains reconnaissent et apprécient la qualité de nos produits et notre savoir-faire. En revanche, il est des groupes qui se montrent plus discrets. C’est le cas de Michelin, qui communique beaucoup aux États-Unis, sans pour autant mentionner sa filiation, ce qui a pour effet de laisser certains Américains se persuader qu’il s’agit d’une compagnie nationale.

F.-A. : S’agissant de Michelin, le fabricant français de pneumatiques a annoncé dernièrement la fermeture d’une usine employant mille personnes en Alabama.

F.M. : En effet, nombre de sous-traitants automobiles installés en Amérique du Nord ont dû adopter une stratégie de crise. Michelin qui emploie environs 16 000 personnes sur l’ensemble du territoire doit fermer son usine d’Alabama, afin de contrecarrer la baisse d’activité et la chute des commandes. Les États-Unis, longtemps leaders sur le secteur automobile sont aujourd’hui supplantés par le marché chinois, qui était pourtant encore embryonnaire il y a quelques années.

F.-A. : Chaque année vous organisez les « Cristal Peach Awards », une cérémonie qui récompense conjointement des compagnies franco-américaines. De quoi s’agit-il exactement ?

F. M. : La Chambre de commerce d’Atlanta a mis sur pied cet évènement il y a cinq ans. Il s’agit d’une cérémonie de remise de trophées à deux entreprises franco-américaines, s’étant distinguées par un investissement significatif en France et aux États-Unis. Les deux compagnies couronnées cette année sont General Electric Energy (GE Energy), qui emploie 2000 personnes à Belfort (Franche-Comté), pour la fabrication de turbines éoliennes, et Alstom Power, fleuron énergétique français, qui a fait naître 350 emplois à Chattanooga (Tennessee), en montant une usine dédiée aux turbines à gaz et à vapeur.

Infos pratiques :
The French-American Chamber of Commerce (FACC) Atlanta Chapter
2990 Grandview Avenue NE, suite 200, Atlanta, GA 30505
P. +1-404-846-2500 / F. +1-404-846-2555
info@facc-atlanta.com
www.facc-atlanta.com

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