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Irak : le contingent américain sous la barre symbolique des 50 000 soldats

L’effectif de l’armée américaine en Irak est passé mardi sous la barre symbolique des 50 000 soldats, mais ce retrait n’est pas apprécié par une majorité d’Irakiens selon un sondage publié le même jour.

Aboutissement d’un processus de retrait graduel entamé en 2009, cette annonce intervient à une semaine de la fin officielle de la mission de combat des Etats-Unis en Irak, au terme de laquelle les troupes américaines doivent se consacrer principalement à la formation des forces de sécurité irakiennes. “Il y a actuellement environ 49 700 soldats et ce chiffre devrait rester stable jusqu’à l’été prochain”, a affirmé mardi aux journalistes le chef de l’armée américaine en Irak, le général Ray Odierno.
Peu après son investiture en 2009, M. Obama s’était engagé à mettre fin à la mission de combat américaine, nommée “Iraqi Freedom”, au 31 août 2010, date à laquelle le contingent américain en Irak, qui a compté jusque 170 000 hommes, serait ramené sous la barre des 50 000 soldats. Les troupes américaines “vont, à partir du 1er septembre 2010, être engagées dans l’Opération ‘New Dawn’ ” (“Nouvelle aube”), a précisé mardi l’armée dans un communiqué. L’armée américaine “continuera à conseiller, entraîner et former les forces de sécurité irakiennes, offrira un soutien dans les opérations antiterroristes et protégera l’ambassade américaine, les équipes (américaines) chargées de la reconstruction dans les provinces et les ONG s’occupant de l’établissement d’institutions civiles, jusqu’à la fin de sa mission en décembre 2011”.

Il s’agit d’une étape importante dans le retrait des forces américaines qui avaient envahi ce pays en mars 2003 pour renverser le dictateur Saddam Hussein, pendu en décembre 2006. Ces derniers mois, les Etats-Unis ont progressivement retiré des dizaines de milliers de militaires. Leur dernière brigade de combat a franchi jeudi la frontière koweïtienne. “Les Etats-Unis continueront à se conformer à l’accord de sécurité (signé avec l’Irak en novembre 2008) et à mener un partenariat stratégique qui bénéficiera à l’Irak et à la région en renforçant la sécurité et la stabilité économique et politique”, ajoute le communiqué.

Les 50.000 soldats opèreront au sein de six brigades -équipées de robots et de drones- et d’équipes, aidées de chiens, spécialisées dans la recherche des extrémistes et des bombes artisanales placées le long des routes, ont précisé récemment des responsables américains ajoutant qu’elles disposaient d’experts du renseignement et de la logistique. Mais, selon un sondage réalisé entre le 15 et le 22 août par le Centre de recherche Asharq auprés de 1.150 personnes âgés de plus de 18 ans dans les 18 provinces, les Irakiens jugent la réduction des effectifs américains malvenue. Près de 6 sondés sur 10 ont répondu “non” (59,8%, contre 39,5% de “oui”) quant à savoir si le moment était propice au retrait des troupes américaines.
Une récente flambée de violences a soulevé des inquiétudes sur la capacité des Irakiens à prendre le relai d’autant que selon le chef des opérations spéciales, le général Patrick Higgins, la structure d’Al-Qaïda en Irak demeure “assez intacte”.

Washington ne cesse de répéter que les Irakiens seront prêts à assumer leur sécurité après le départ des Américains, prévu fin 2011, mais le chef de l’état-major irakien, le général Babaker Zebari, a affirme que son armée ne serait prête qu’en 2020. Le général Odierno a cependant contesté mardi cette évaluation. “Je suis confiant vu ce qu’ils ont été capables de faire en interne”, a-t-il dit aux journalistes.

Dans un entretien à CNN, dimanche, il avait toutefois noté qu’un “échec total” des forces irakiennes pourrait conduire les militaires américains à mener de nouvelles opérations de combat, tout en jugeant ce scénario improbable.

 

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