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Irina Brook et Marguerite Duras, le théâtre au féminin

Fille du célèbre metteur en scène britannique Peter Brook et de l’actrice Natasha Parry, Irina Brook est l’invitée du festival « In the Words of Duras » à la FIAF de New York, pour une lecture-performance exceptionnelle inspiré de La Vie matérielle de Marguerite Duras et d’Une chambre à soi de Virginia Wolf les 5 et 6 mars prochains.

Irina Brook est une figure incontournable de la scène théâtrale contemporaine indépendante. Son passé d’actrice à New York où elle se produit dès sa majorité à Broadway et son travail en faveur d’un théâtre populaire qui laisse une large place à l’improvisation et au jeu des acteurs ont trouvé un aboutissement dans la création de sa propre compagnie : la Compagnie Irina Brook, fixée à Paris. Plusieurs fois récompensée aux Molières, la route de cette metteuse en scène franco-britannique nommée chevalier des Arts et Lettres en 2002 croisera celle de la FIAF les 5 et 6 mars prochains à l’occasion d’une performance à la demande de l’Institut dans le cadre du festival ”In the Words of Duras” qui se tient actuellement à New-York.

Que représente Marguerite Duras pour vous ?

Irina Brook : J’ai toujours adoré son écriture, qui est très moderne, au même titre qu’un Shakespeare ou que Virginia Woolf par exemple. Mais la création de La Vie matérielle relève de la pure coïncidence. C’est en fait une demande locale de la FIAF qui m’a contactée dans le cadre de son festival-hommage à Marguerite Duras. J’ai accepté car c’est une superbe pièce. Mais pour l’instant, je suis encore dans le Massachusetts, en pleine nature. Nous ne disposerons que de quelques jours pour les répétitions. C’est très court. Et un peu effrayant. Ça va être intense. Ça me fait trembler mais c’est ma façon de travailler ! (rires)

La Vie matérielle tourne autour du statut de la femme. Ce texte vous touche-t-il en particulier ?

C’est une œuvre qui m’habite depuis qu’une amie me l’a offerte. C’est un ouvrage sur la difficulté d’être femme. Le foyer, la maison… C’est l’auteur qui s’interroge. Et qui interroge. Qu’est-ce qu’être mère, artiste et travailleuse ? Ce thème me parle puisque je suis moi-même maman de deux enfants et à la tête d’une compagnie, que je considère aussi comme ma famille. J’ai toujours aimé ce texte.

– Le festival de la FIAF a choisi le titre « In the Words of Duras » qui met l’accent sur le mot. Quelle place tient le texte dans votre mise en scène et quelle mise en scène pensez-vous proposer ?

Ironiquement, je suis surtout attachée au corps, au mouvement. Je ne suis pas de l’école française qui est axée sur le texte avant tout. Le texte, le texte, le texte. Moi, je respecte le texte. Mais en tant qu’artiste, je me sens libre de partir de ce support pour produire quelque chose d’autre. Mon désir réel, c’est de prendre des textes qui me touchent fortement et de les retravailler avec les acteurs. De le rendre accessible à tous. Je ne suis donc pas religieusement respectueuse du texte. Il faut savoir en sortir. Je place le jeu des acteurs au même niveau. J’essaie toujours de leur donner un maximum de liberté, de laisser grand ouvert le champ de leur créativité. Pour le reste, tout est dans le jeu. Dans l’improvisation.

Informations pratiques :

La Vie matérielle de Marguerite Duras, une représentation librement inspirée des textes La Vie matérielle de Marguerite Duras et d’ Une chambre à soi de Virginia Woolf, dans une mise en scène d’Irina Brook, du 5 au 6 mars 2010 à 18 h 30 au Tinker Auditorium de l’Alliance Française de New York. Avec les comédiennes Nicole Ansari, Joan Juliet Buck et Winsome Brown.

Tinker Auditorium

22 East 60th Street

Tarifs : – membres de la FIAF : $30

– non-membres : $35

Tél : 212 – 307 – 4100 (Information au 212 – 355 – 6160)

Site de la FIAF : www.fiaf.org/

Représentation en français et anglais.

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