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Irlande: accord très proche pour une aide de près de 85 milliards d’euros

Un accord sur une aide de près de 85 milliards d’euros à l’Irlande est “très proche” et les ministres des Finances de l’UE se réuniront dimanche à Bruxelles pour boucler et valider ce soutien, a-t-on appris samedi de sources proches des négociations.

“On y est presque (…) mais l’accord n’est pas encore fait”, ont indiqué à l’AFP deux sources proches des négociations. Cette aide financée par les partenaires européens de l’Irlande et le FMI sera “d’environ 85 milliards d’euros”, a-t-on précisé. Elle comportera des contreparties pour l’Irlande.
Les ministres des Finances de l’UE se réuniront dimanche vers 13h00 (11H00 GMT) pour boucler et valider ce soutien. La réunion a été convoquée par la présidence belge de l’UE. “Il s’agit de donner un poids politique à une décision qui représente près de 85 milliards d’euros”, a expliqué à l’AFP une source proche des négociations. La Française Christine Lagarde avait demandé cette réunion des ministres des Finances de l’Eurogroupe, puis des Vingt-Sept à Bruxelles.
Les détails de ce plan de sauvetage, notamment les contreparties, étaient négocié entre le gouvernement irlandais d’une part, les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) d’autre part.
Selon la chaîne de télévision publique irlandaise RTE, l’Irlande pourrait devoir accepter un taux d’intérêt de 6,7% sur l’aide financière de cette aide financière accordée par l’Union européenne et le FMI, largement plus élevé que les 5,2% acceptés par la Grèce au printemps dernier.
L’Irlande a rendu public mercredi un plan de rigueur draconien visant à diviser par dix d’ici à 2014 un déficit public astronomique, préalable au vaste plan de sauvetage de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI) en cours de mise au point.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes, entre 50.000 et 150.000 selon les estimations, ont manifesté samedi dans le centre de Dublin contre ce plan de rigueur qui doit être soumis au Parlement irlandais.
Les mesures d’austérité annoncées prévoient 15 milliards d’euros de réductions budgétaires et de hausses d’impôts d’ici à 2014, avec de réels sacrifices pour la population. Les allocations chômage et familiales seront réduites, tout comme les retraites des fonctionnaires et le salaire minimum, et près de 25.000 emplois publics seront supprimés. Ce plan vise à ramener à 3% le déficit public irlandais, actuellement de 32% du produit intérieur brut.
Vendredi, l’anxiété concernant les détails du plan d’aide à l’Irlande et les rumeurs de contagion des difficultés irlandaises à d’autres pays européens, l’Espagne et le Portugal, ont soulevé des inquiétudes sur les marchés financiers. L’euro est descendu au plus bas depuis deux mois face à la devise américaine, se maintenant péniblement au-dessus du seuil de 1,32 dollar vendredi soir.
Le président de l’Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a tenté de calmer le jeu. “Le fonds de stabilisation financière de la zone euro tel qu’il existe nous permettra de réagir de façon convenable aux défis qui peuvent être lancés”, a-t-il assuré dans un entretien publié samedi par le quotidien économique belge L’Echo.
La Commission européenne a démenti vendredi avoir proposé de doubler à 880 milliards d’euros le montant des garanties de prêts de ce Fonds.

Les 85 milliards d’euros accordés à l’Irlande proviendront pour partie de ce Fonds, mais également de financements du FMI, de prêts de l’UE et de prêts bilatéraux du Royaume Uni, de la Suède et du Danemark, trois pays de l’UE non membres de la zone euro.

 

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