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Israël à l’assaut de Gaza

L’armée israélienne intensifiait vendredi ses préparatifs pour une éventuelle opération terrestre dans la bande de Gaza après 48 heures de violents bombardements aériens sur le territoire palestinien contrôlé par le Hamas, qui n’ont pas mis un terme aux tirs de roquettes.

Selon les dirigeants israéliens, la première phase de l’opération “Pilier de défense” conduite par l’aviation, qui a visé quelque 500 “sites terroristes”, notamment des pas de tir de roquettes à longue portée comme celles lancées pour la première fois vers Tel-Aviv, est terminée. “L’aviation a mené l’essentiel des missions et nous avons enregistré des succès significatifs. L’armée est désormais prête à élargir l’opération”, a déclaré à la radio publique Moshé Yaalon, le ministre des Affaires stratégiques.

Sur le terrain, des transports de troupes blindés et des bulldozers se massent près de la barrière à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, où sont stationnés des chars depuis 48 heures. Les télévisions israéliennes ont diffusé – avec le feu vert de la censure militaire – des images de camions transportant des chars ainsi que des unités d’infanterie se dirigeant vers l’enclave palestinienne. Enfin, l’armée israélienne a commencé vendredi à mobiliser 16.000 réservistes. “Le processus est en cours, l’armée distribue des convocations pour 16 000 soldats réservistes”, a précisé une porte-parole.

La veille, le ministre de la Défense Ehud Barak avait approuvé le rappel d’un contingent pouvant aller jusqu’à 30.000 réservistes, susceptibles d’être mobilisés à tout moment. Il avait souligné que les tirs sans précédent vers la région de Tel-Aviv constituaient une nouvelle étape dans “l’escalade” et que “l’autre camp palestinien devrait en payer le prix”.

Eliminations ciblées

“Israël a désormais besoin d’un succès pour compenser l’impact de l’attaque contre Tel-Aviv”, analyse Yoav Limor, spécialiste militaire du quotidien pro-gouvernementalIsrael Hayom. Selon l’analyste de défense Amir Rapoport, l’opération terrestre sur laquelle a planché l’état-major devrait être “de courte durée et meurtrière”. “Elle ne durera pas trois semaines comme cela a été le cas” en 2008-2009″, pronostique-t-il.

L’armée israélienne avait lancé une offensive dévastatrice en décembre 2008-janvier 2009, l’opération “Plomb durci”, pour tenter de mettre fin aux tirs de roquettes de la bande de Gaza. Les combats avaient fait 1.440 morts palestiniens, dont une majorité de civils, outre 13 Israéliens, dont 10 militaires, ce qui avait exposé Israël à une vague de critiques dans le monde entier. La deuxième “arme de dissuasion” des dirigeants israéliens est la reprise systématique des éliminations “ciblées” de chefs du Hamas.

Le vice-Premier ministre Sylvan Shalom, n’a pas exclu à la radio militaire que ce type d’assassinat puisse viser des dirigeants politiques du mouvement islamiste, y compris le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh. “Tous les responsables du Hamas impliqués dans les tirs contre la population israélienne sont susceptibles d’être attaqués dès qu’ils mettront la tête hors de leur cachette”, a-t-il menacé. Le récent cycle de violence a été déclenché par l’assassinat mercredi d’Ahmad Jaabari, le chef de la branche militaire du Hamas, dans un raid aérien israélien.

Interrogé sur une possible sortie de crise, Moshé Yaalon a estimé qu’une accalmie ne pourra intervenir que si “le Hamas s’engage sur un cessez-le-feu à long terme”. “Dans le passé, les Egyptiens ont fait passer des messages lorsque le Hamas voulait un cessez-le-feu. Apparemment, cela devrait être à nouveau le cas cette fois-ci. Mais nous ne sommes pas pressés”, a assuré le ministre.

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