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Israël plongé dans une grave crise diplomatique

L’assaut donné par des commandos de marine israéliens dans les eaux internationales contre la flottille humanitaire qui voulait forcer le blocus imposé depuis 2007 par Israël à Gaza, a contraint le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à couper court à une visite au Canada et aux Etats-Unis où il devait rencontrer le président Barack Obama mardi.

A Ottawa, M. Netanyahu a souligné qu’il “regrettait” les pertes de vies humaines mais déclaré que les soldats israéliens avaient “dû défendre leurs vies”. Lors d’une conversation téléphonique avec M. Netanyahu, M. Obama a demandé à connaître “le plus vite possible” les circonstances exactes de l’abordage sanglant et exprimé “son profond regret pour les pertes de vies humaines”.

Entretemps le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence pour débattre de l’intervention israélienne contre les six bateaux qui acheminaient des centaines de militants pro-palestiniens et des tonnes d’aide vers Gaza. Lors du débat public, le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a affirmé qu’Israël, jadis allié stratégique d’Ankara, avait “perdu toute légitimité internationale”, alors que le représentant d’Israël à l’ONU Daniel Carmon a accusé la flottille de n’avoir “rien d’une mission humanitaire”.

La Turquie, dont plusieurs ressortissants figureraient parmi les victimes, a accusé Israël de “terrorisme d’Etat” et rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv. L’Etat hébreu a appelé ses ressortissants à ne plus se rendre en Turquie.

Les autorités israéliennes, qui avaient annoncé leur intention de bloquer la “flottille de la liberté” même par la force, ont accusé les organisateurs d’avoir “déclenché les violences” à bord du ferry turc Mavi Marmara. Mais ces derniers ont affirmé que les commandos avaient ouvert le feu sans justification. Selon l’armée israélienne, neuf passagers ont été tués et au moins sept soldats blessés, dont deux sérieusement, lors des violences qui se sont limitées au bateau turc. Une ONG turque à Gaza a parlé d’au moins 15 morts, la plupart des Turcs.

A Londres, le secrétaire au Foreing office William Hague à indiqué qu’un Britannique avait été blessé lors de l’assaut et l’incertitude demeurait sur le nombre de ressortissants britanniques qui se trouvaient à bord de la flottille.

L’écrivain Henning Mankell arrêté

Le gouvernement suédois a indiqué pour sa par que l’écrivain Henning Mankell, auteur de romans policiers à succès, et huit autres Suédois ont été arrêtés en Israël après avoir été débarqués de la flottille.

Des images tournées du Mavi Marmara montrent des commandos vêtus de noir descendre d’hélicoptère sur le navire, puis des affrontements avec les militants à bord, ainsi que des personnes blessées étendues sur le pont.

“Sous le couvert de l’obscurité, les commandos israéliens ont sauté d’hélicoptère sur le cargo turc et commencé à tirer au moment où leurs pieds ont touché le pont”, selon un récit mis en ligne sur le site du mouvement Free Gaza, à l’initiative du convoi. “Nous avons fait tous les efforts possibles pour éviter cet incident. Les militaires avaient reçu des instructions selon lesquelles il s’agissait d’une opération de police et un maximum de retenue devait être observé”, a dit le porte-parole de M. Netanyahu, Mark Regev. “Malheureusement, ils ont été attaqués avec une extrême violence par les gens sur le bateau, avec des barres de fer, des couteaux et des tirs à balles réelles”, a-t-il souligné.

Le chef d’état-major israélien, le général Gaby Ashkenazi, a affirmé qu’il y a eu une explosion de violence extrême dès que “nos forces ont été à bord (…). C’était prémédité, et il y avait des armes, des barres de fer, des couteaux, et à un certain moment des armes à feu, peut-être subtilisées à des soldats”. Mais le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que les bateaux avaient été “strictement contrôlés” et qu’ils ne contenaient rien d’autre que “de l’aide humanitaire” et des “volontaires civils”. Après l’assaut, les six bateaux ont été acheminés sous escorte au port d’Ashdod (sud d’Israël). Quatre-vingt trois activistes ont été arrêtés pour l’instant, dont 25 ont accepté d’être expulsés, selon la police de l’immigration. “Les autres vont aller en prison”, a-t-elle poursuivi, ajoutant que des “centaines d’autres” arrestations étaient attendues dans la nuit.

Pour parer à d’éventuels “désordres” mardi dans les villes arabes israéliennes, la police a élevé son niveau d’alerte après l’appel de la plus importante organisation de la communauté arabe israélienne (1,3 million), à une journée de grève et à des manifestations.
Le mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza a de son côté appelé Arabes et musulmans à un “soulèvement” devant les ambassades d’Israël, tandis que le président palestinien Mahmoud Abbas a décrété trois jours de deuil en Cisjordanie et à Gaza, en appelant à traduire les responsables de l’assaut “barbare” devant la justice internationale en tant que “criminels de guerre”.
Plusieurs manifestations de protestation contre l’Etat hébreu se sont déroulées en Jordanie, au Liban, en Egypte, en Iran, à Gaza, en Irak et en Turquie, de même que dans plusieurs villes européennes.
L’ONU s’est dite “choquée” par l’assaut et l’Union européenne a condamné “l’usage de la violence” et demandé une “enquête complète”. Les ambassadeurs israéliens dans plusieurs pays occidentaux et arabes ont été convoqués.

Mardi, une réunion spéciale de l’Otan est prévue à la demande d’Ankara, de même qu’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe.

 

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