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« Izis, Paris des rêves »

Après le succès des expositions consacrées aux photographes humanistes Willy Ronis et Robert Doisneau, l’Hôtel de Ville de Paris rend hommage à l’artiste Izis avec une rétrospective de ses clichés exposés jusqu’au 29 mai 2010 dans la capitale.

À la façon d’un poète surréaliste, Izis a photographié le réel du quotidien avec un œil de poète averti. Reporter pour Paris Match, il faisait partie des « Five French Photographers » exposés au MoMa de New York en 1951, aux côtés de Brassaï, Doisneau, Ronis ou Cartier-Bresson. Trente ans après sa disparition en 1980, le photographe reste pourtant le grand oublié de la bande. C’est lui faire amende honorable que d’exposer son travail au cœur de la capitale qu’il a photographiée sous tous les angles.

Sous son objectif, c’est un Paris pudique qui se dévoile comme à la dérobée. Ici, une paire de jambes de femme qui semblent mystérieusement séparées du corps. Là, la silhouette étrange d’un homme descendant les marches du métro Mirabeau. Ou la scène de flirt d’un couple surpris dans son intimité sur les bords de Seine. Cocasses, rêveuses et poétiques, les photographies sélectionnées par Manuel Bidermanas, fils du photographe et co-commissaire de l’exposition se lisent comme un carnet intime de la capitale.

Bas les masques

L’exposition n’exclut pas non plus les photographies de reportages, des clichés plus rares sur le monde du cirque ou des couvertures d’époque de Paris-Match.Décalées, ces photographies possèdent un humanisme émouvant qui révèle les êtres au naturel, sans artifices. Ce sont les maquisards photographiés à la Libération, en dehors des codes habituels. Non rasés, sans prendre la pose, les résistants aux traits tirés apparaissent alors dans leur beauté brute. « Mon père ne faisait jamais de montage. Il aimait surprendre », rappelle Manuel Bidermanas.

Juif en exil d’origine lituanienne, Izis voyait en la France à la fois une terre de rêve et d’adoption. « Doisneau avait la gouaille, Cartier-Bresson la beauté froide de l’intellectuel. Mon père, lui, avait surtout du cœur et de l’empathie pour les sujets qu’il photographiait », résume Manuel Bidermanas.

À travers 270 photographies, des livres, des reportages photos et des documents filmés, c’est l’onirisme intemporel d’Izis que cette exposition à la mairie de Paris vous invite à découvrir.

Informations pratiques :

Exposition « Izis, Paris des rêves » du 25 janvier au 29 mai 2010 à l’Hôtel de Ville (Paris 4e).

Adresse : Hôtel de Ville – Salle St-Jean, 5 rue de Lobau, 75004 Paris

Métro : Hôtel de ville

Bus : 70/72/74/76/96

Horaires : Tous les jours de 10 h à 19 h sauf dimanches et jours fériés (dernière entrée : 18 h 15)

Entrée libre

Attention : L’exposition Izis n’ouvrira qu’à partir de 13 h 30 les mardis 2 et 30 mars.

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