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Jacques Attali, apôtre de la micro-finance

L’homme politique, ancien conseiller de François Mitterrand, aujourd’hui économiste, écrivain, éditorialiste à l’Express, cofondateur de Slate.fr, est aussi président de l’ONG de micro-crédit PlaNet Finance. Celle-ci s’est réunie pendant deux jours à New York. Jacques Attali est devenu en France l’un des avocats de la micro-finance, une solution dont l’actrice Natalie Portman est le visage aux États-Unis. Rencontre en marge de sa conférence donnée à la French-American Foundation mardi.

-Vous êtes président de PlaNet Finance, quelles en sont les activités ?

C’est une organisation internationale à but non-lucratif que je préside de façon bénévole et dont le but est d’aider au développement mondial de la micro-finance. La micro-finance est aujourd’hui la meilleure façon d’aider à lutter contre la pauvreté, en aidant des gens qui veulent créer et développer leurs petites entreprises. Il y a aujourd’hui 150 millions de bénéficiaires de la micro-finance à travers le monde. PlaNet Finance aide ses clients (ndlr, 4,7 millions dans 80 pays) en leur fournissant de l’assistance technique, des conseils, de l’argent.

-On assiste ces derniers temps à un boom de la micro-finance, notamment ici aux États-Unis. De nombreux investisseurs de la Silicon Valey s’y sont mis. Comment l’expliquez-vous ?

Partout dans le monde, c’est un secteur qui croît car les gens comprennent que c’est une manière extrêmement efficace de lutter contre la pauvreté. La Sillicon Valey, après tout, est pleine de gens à qui l’on a fait confiance en prêtant de l’argent pour créer leurs entreprises. Ils se rendent compte qu’ils ont eu cette chance mais que des gens qui ont des idées au Mali ou à Bengalore n’ont pas les mêmes moyens – c’est une façon de rendre ce qu’on leur a donné.

-Allez-vous aussi financer des micro-crédits, à l’échelle locale, sur le territoire américain ?

On fait déjà du micro-crédit en France sous forme de conseils à la création d’entreprise : on devient actionnaire d’entreprises en banlieue parisienne à travers notre branche Financité. Et nous avons aujourd’hui un bureau à New York qui lève des fonds. Nous sommes en train de monter aux États-Unis un projet identique, PlaNet Venture. Mais tout dépend de l’étude de faisabilité qui est en cours, rien n’est encore décidé.

-Deux attitudes coexistent à propos de la micro-finance : un intérêt grandissant mais aussi des critiques féroces. Pourquoi est-ce aussi controversé ?

Moi aussi je suis très critique vis-à-vis de la micro-finance. L’un des rôles de PlaNet Finance est aussi d’être critique et d’éviter les dérapages. Il y a beaucoup de risques de dérapages, comme dans la finance, on l’a vu ces derniers mois : il y a des risques de taux d’intérêts trop élevés, des projets qui peuvent faire fortune « sur le dos » des pauvres, et bien entendu un risque de surendettement, qui est un exemple du mauvais usage de la micro-finance.

Infos pratiques : http://www.planetfinancegroup.org/

 

 

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