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Jaymay : des saisons et des hommes

Authentique et sensible, Jaymay – de son vrai nom Jamie Kristine Seerman – est une jeune auteur-compositeur-interprète. Petit bout de femme de 26 ans, véritable bouffée d’air frais, elle nous livre dans son 1er album une tranche de sa vie. Sept mois d’un hiver à New York. Tout simplement sublime…

D’où vient votre nom Jaymay ?
C’est une blague de mon frère quand j’avais 18 ans. Il m’a appelé « Jay may » car le chant du geai est très varié, il peut être strident comme mélodieux. Lorsque j’ai joué au Sidewalk Cafe à New York pour la 1e fois, j’étais très nerveuse. Alors je me suis présentée sous le nom de Jaymay et c’est resté mon nom de scène.

Comment s’est passé l’enregistrement de votre album ?
J’ai commencé à prendre la musique au sérieux et à écrire des chansons quand je me suis installée chez ma sœur à Brooklyn. Sept mois plus tard, j’avais de nouvelles chansons. J’ai enregistré mon EP dans l’appartement de ma sœur, avec l’aide d’amis, et quelques chansons à Long Island, Los Angeles et dans le Vermont. J’ai enregistré Sycamore Down à Londres. Il n’y a que trois chansons que j’ai jouées en studio.

Parlez-moi de Gray or Blue, la 1e chanson de votre album ?
C’est l’une des deux chansons de mon EP intégrées à l’album. Je l’ai coproduite avec Jared Angel, un ami bassiste rencontré lors d’une tempête de neige à la sortie d’un concert. La chanson parle d’un garçon avec qui je rêvais de sortir, et j’y parle de ses yeux que je n’ai pas vus d’assez prêt pour déterminer s’ils étaient gris ou bleus (rire).

« Les saisons changent, comme les rapports humains »

Votre album est-il autobiographique ?
Totalement. Toutes les chansons que j’écris s’inspirent de mon expérience de la vie. Cela parle de mes 7 mois passés à New York. Dans cette ville, tout est lié aux saisons. Les saisons changent, comme les rapports humains. L’album s’appelle Autumn Fallin’ car tout ce qui y est écrit s’est déroulé en hiver. A la fin de l’automne, tout se meurt. C’est comme la fin d’une relation.

Quelles sont vos influences ?
J’aime la musique classique et je suis amoureuse des Quatre Saisons de Vivaldi. Cette œuvre a totalement influencé mon album. J’ai écouté Bob Dylan durant des années également. Van Morrison est une autre de mes références et Astral Weeks est mon album préféré. Je viens d’une famille de 6 enfants et je suis la troisième. J’ai donc pu écouter de tout et ça a joué sur mes influences.

Comment qualifieriez-vous votre musique ?
Je ne peux pas et je n’aime pas catégoriser ma musique. Quelle qu’elle soit actuellement, elle est amenée à évoluer. Je veux juste écrire des chansons qui toucheront les gens. On a tendance à me classer dans la catégorie folk, mais je ne pense pas simplement me réduire à ça.

« La perte de quelqu’un qu’on aime est le thème de l’album »

Quel sentiment vouliez-vous inspirer à votre public ?
Certaines personnes sont confrontées à la mort, comme dans Big Ben, d’autres sont dans une relation qui les rend tristes, comme dans Gray or Blue, ou affrontent une rupture, comme dans See Green, See Blue. La perte de quelqu’un qu’on aime, que ce soit par la mort ou par une rupture, est le thème de l’album. Beaucoup de gens m’écrivent pour me dire que je leur redonne espoir. Ces messages m’inspirent, me réconfortent et me donnent envie de continuer à écrire en restant authentique. C’est incroyable de voir que ma musique a des vertus apaisantes.

Comment doit-on écouter cet album ?
Quand j’écoute Astral Weeks, j’aime être en été, sous le soleil de Californie car cet album représente la Californie. S’il fallait que j’associe mon album à une saison, ce serait l’hiver à New York. Chaque chanson me rappelle ma vie là-bas. On écoute souvent un album quand on veut se remémorer un endroit à une certaine époque. La musique est nostalgie. Chacun l’écoute à sa façon.

Pourquoi avoir ajouté des chœurs de voix sur votre dernière chanson ?
Le refrain de la chanson représente bien l’album dans son entier. Je voulais un choeur de voix pour que ça donne l’impression d’être chanté par tout le monde. Du coup j’ai mis toute ma famille dans une pièce pour réaliser le chœur. C’était une idée tout à fait spontanée.

« Je pense avoir dit ce que j’avais à dire dans mon album »

Dix chansons, vous ne trouvez pas que c’est un peu court ?
Personnellement, je préfère les EP car 25 minutes est la durée la plus adaptée selon moi pour écouter de la musique. Je pense avoir dit ce que j’avais à dire dans mon album. Je l’aurai même rendu plus court si j’avais pu tout dire avec moins de chansons.

Vous avez donné plusieurs concerts à Paris. Comment était-ce ?
C’était merveilleux. Pour mon premier concert là-bas, tout le public s’est assis. J’ai trouvé ça très respectueux, chaleureux et inattendu. J’aime les publics réservés parce que je le suis moi-même. A New York, le public est encore plus réservé qu’à Paris. Les gens restent à distance de la scène. Contrairement à l’Italie où les gens sont presque sur toi.

Vous étiez en concert à New York le 10 juin dernier. Où avez-vous préféré jouer, à Paris ou à New York ?
Le concert à New York était génial et c’est vraiment difficile de le comparer avec mes précédents concerts en France. J’attache une grande importance à New York car c’est la première ville où j’ai commencé à jouer en 2003. De plus, la Bowery Ballroom a toujours été l’une de mes salles préférées. J’étais si impatiente quand j’ai su que j’allais jouer là-bas. J’ai invité Kevin Devine pour jouer et chanter You are the only one I love avec moi et il a été très impressionnant comme d’habitude. Le public était très attentif, les gens chantaient, il y avait beaucoup de bonne humeur. C’est vraiment l’un des concerts que j’ai préféré depuis que je tourne. J’ai quand même hâte de revenir à Paris. C’était la première fois que j’y venais et j’étais très nerveuse et frustrée de ne pas savoir parler français. Mais je me suis tout de suite sentie très bien dans cette ville. J’y ai marché toute une journée et me suis rendu compte que j’aimerais y vivre pendant un moment et y écrire aussi. C’est vraiment une ville romantique et magique. Je vais continuer d’en rêver jusqu’à ce que mon rêve devienne réalité.

Quels sont vos projets aujourd’hui… Un 2e album ?
J’écris beaucoup plus vite que je n’enregistre et j’aimerais tout enregistrer. En ce moment, je travaille sur un nouvel EP. Je veux aussi réaliser des bandes originales de films. Composer sans paroles serait nouveau pour moi. Le livre Eat, Pray, Love, de Elizabeth Gilbert, va être adapté au cinéma et j’aimerais beaucoup en faire la musique. En attendant, j’espère enregistrer mon prochain album cet été.

Interview tirée du magazine français Campus Culture
Site Internet Planetecampus.com

 

Le myspace de Jaymay :
http://www.myspace.com/jaymay

Prochaines dates de concert aux Etats-unis :
13 juin 2008 à 20h – B-Side – with Fink (Cleveland)
14 juin 2008 à 20h – Club Café – with Fink (Pittsburgh)
16 juin 2008 à 20h – Schuba’s – with Fink (Chicago)
18 juin 2008 à 20h – Troubadour – with Fink (Los Angeles)
19 juin 2008 à 20h – Troubadour – with Fink (San Francisco)
20 juin 2008 à 20h – Doug Fir – with Fink (Portland)
21 juin 2008 à 20h – Tractor Tavern – with Fink (Seattle)
26 juillet 2008 à 20h – Hillside Festival —> http://www.hillsidefestival.ca/ (Guelph, Ontario)

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