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“Je crois que dans ma tête ça s’est terminé après Wimbledon”

Amélie Mauresmo, 30 ans, ex-N.1 mondiale, qui a annoncé jeudi sa retraite sportive après 17 ans de carrière, a estimé avoir vécu “dix ans assez magiques, assez incroyables”, expliquant sa décision par une fatigue surtout “mentale”.

Qu-est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision, la fatigue physique, mentale ?

Des difficultés surtout mentales en fait. Ca fait quand même 25 ans que ma vie tennistique est en route, et je sens que j’arrive au bout du chemin avec des choses extraordinaires qui se sont passées. J’ai obtenu des résultats qui sont allés au-delà de mes rêves, de mes espérances. C’est vrai le paramètre physique est important, plus vous avancez et plus c’est difficile d’être au niveau et d’enchaîner les semaines. C’était devenu de plus en plus dur. Aujourd’hui concrètement, je n’ai plus envie d’aller sur le terrain m’entraîner. A partir de ce constat très simple, il faut prendre une décision qui s’impose comme une évidence. J’ai eu la chance d’avoir une carrière extraordinaire. Je crois que dans ma tête ça s’est terminé après Wimbledon.

Quels souvenirs vous viennent à l’esprit ?

Je n’ai pas d’images, je suis complètement dans l’émotion. Depuis que j’ai pris ma décision, beaucoup d’images sont venues, mais là aujourd’hui je suis simplement contente que mes proches soient là.”

Savez-vous ce que vous allez faire dorénavant ?

Pour l’instant, le futur n’est pas déterminé pour moi. J’aime bien prendre mon temps, ne pas me précipiter. J’ai quelques idées en tête mais aujourd’hui ce n’est pas le sujet.

Avez-vous pensé à disputer l’Open Gaz de France à Paris en février pour vos adieux ?

Ca n’a jamais été vraiment quelque chose de possible dans ma tête. Il fallait faire la préparation hivernale, et ça je n’en avais plus envie. Evidemment s’il suffisait d’arriver sur le terrain et de briller, mais pour arriver à ça il y a un gros boulot, et je ne me sens pas capable de le faire.

Du coup, vous allez partir sans faire vos adieux au public…

On verra comment on s’organise. Je sais que peut-être quelque chose sera organisé à Coubertin (à Paris en février). Mais en tant que joueuse de tennis, cela ne se fera pas. J’ai vu Fabrice (Santoro) pendant sa dernière saison (il avait annoncé que ce serait sa dernière, ndlr), faire ses derniers matches. Ce n’est pas quelque chose qui me tente.

Il y a eu récemment des joueuses qui sont revenus sur le circuit après avoir annoncé leur retraite. Vous sentez-vous à l’abri d’un retour ?

La vie m’a appris qu’il ne fallait jamais dire jamais, mais au-delà de ça, je n’y crois pas trop. Les joueuses qui sont revenues après avoir annoncé leur retraite ont arrêté bien plus jeunes. Si je vous ai réunis pour vous annoncer ça, ce n’est pas en me disant, peut-être dans trois mois, on repart comme en 40. Donc il ne faut jamais dire jamais, mais les chances sont minces.

Est-ce que vous avez des regrets, notamment celui de ne pas avoir réussi à Roland-Garros ?

Non, je me retourne aujourd’hui sans aucun regret, mais avec une immense fierté. Je ne rêvais pas d’avoir ce palmarès-là. Oui je rêvais de gagner un Grand Chelem. Numéro 1 mondiale, je n’en parle même, je pensais que c’était inaccessible… La Fed Cup, c’était une aventure incroyable. Les trophées soulevés dans le monde… Notamment à Paris, c’était juste magique. J’ai vécu dix ans assez magiques, assez incroyables.

Pensez-vous avoir été appréciée à votre juste valeur ?

R: “On me dit que non… Mais moi, je n’y ai pas trop pensé. Tout le monde va me parler de 2006 quand je gagne Wimbledon et que l’équipe de France de football joue sa finale de Coupe du monde le lendemain. On m’a un peu zappée. Mais pour moi, ce n’est pas le principal.”

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