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« Je suis frappé par la force de la présence française à Chicago »

Chicago a peut-être gagné un des ses porte-paroles les plus enthousiastes en la personne de Graham Paul qui vient juste de prendre ses fonctions de consul général. Ministre conseiller à l’ambassade de France en Allemagne depuis 2007, le diplomate a également été en poste en Asie et en Afrique mais c’est sa première nomination aux États-Unis. Encore « en phase d’apprentissage », il est «  à l’écoute de la communauté »  pour voir quelle pourra être sa « valeur ajoutée ». Dès la première quinzaine de juillet, il sera en déplacement à Minneapolis, Milwaukee et Detroit.

Vous venez d’arriver à Chicago, quelles sont vos premières impressions ?

Je suis étonné par sa beauté… J’ai eu la chance d’arriver dans une ville en fête, sous le soleil puisque que l’équipe de hockey, les Blackhawks, venait de gagner. Je suis arrivé aussi juste avant le festival de blues où il y a une ambiance extraordinaire. C’est une ville riche culturellement mais aussi une ville qui a beaucoup à offrir sur le plan économique et sur le plan universitaire. Une de mes premières visites a eu lieu à l’université de Chicago et quand on vous annonce qu’ils ont plus de 80 prix Nobel, ça laisse songeur !

Quelle est l’importance de la présence française à Chicago ?

Je suis frappé par la force de cette présence ici. Historiquement d’abord : il suffit de marcher dans les avenues de Chicago et on trouve assez souvent des plaques de personnalités françaises qui sont de vrais héros locaux … comme LaSalle Street, la principale rue de la finance ici. Mais la France est également présente au quotidien avec de grandes institutions comme l’Alliance française, une des plus actives des États-Unis, une grosse chambre de commerce franco-américaine et un très bon Lycée francais, qui est un facteur d’attractivité pour les expatriés. Et puis il y a une vie associative très dynamique.

Quels ont été les problèmes évoqués lors de vos premières rencontres avec les représentants de la communauté française ?

Pour l’instant je suis encore en phase d’apprentissage, j’essaie de prendre la dimension de ma mission et de voir quelle sera ma valeur ajoutée. Je crois qu’il y a des inquiétudes sur les problèmes d’emploi ou d’éducation. Mais je ne pense pas que ce soit spécifique à Chicago ou au Midwest.

Justement, vous avez été en poste sur plusieurs continents. Les préoccupations des expatriés sont-elles identiques d’un pays à l’autre ?

Ça fait plus de 25 ans que je travaille pour le ministère des Affaires étrangères et je peux vous assurer qu’on retrouve toujours ces mêmes questions : comment est-ce que je peux m’intègrer tout en gardant un lien avec la France ? Comment vais-je m’épanouir professionnellement ? Comment vais-je éduquer mes enfants ? Et comment vais-je assurer une protection sociale à ma famille ? C’est vrai que d’un pays à l’autre on les résout différemment… En Allemagne par exemple, étant donné l’intégration européenne, c’est très simple, notamment sur le plan de la santé ou des diplômes.

Vous étiez en poste à Berlin, lors de la chute du mur en 1989. Quel souvenir en gardez-vous ?

C’était un moment historique. J’ai eu la chance de le vivre in situ. Ce sont des souvenirs très forts… De voir ce régime basculer puis s’écrouler en quelques semaines avec une accélération de l’histoire extraordinaire… Vingt ans après, la ville a beaucoup changé, l’Allemagne aussi. Évidemment, il y a des difficultés, notamment avec un chômage plus important à l’Est. Mais il y a eu un effet de rattrapage tout à fait extraordinaire.

Pouvez-vous nous rappeler votre cahier des charges ?

Ma mission en termes généraux est de contribuer au rayonnement de la France. Sur le plan politique, je dois expliquer les positions du gouvernement. Sur le plan économique, je dois encourager nos sociétés à investir à Chicago. Et enfin faire connaître aussi notre culture. Les volets scientifiques et technologiques sont aussi importants, car nous travaillons de plus en plus sur des thématiques comme le développement durable ou les énergies renouvables.
J
’ai été un peu surpris par l’insuffisance du réseau ferroviaire américain… Le TGV me semble être un gros dossier qui concerne plusieurs États. Sans être spécialiste, je me dis que si je pouvais modestement contribuer à sensibiliser les Américains sur l’utilité d’un bon réseau ferroviaire… pourquoi pas ! D’autant que ce sujet s’inscrit aussi dans le cadre du développement durable… Et cela a certainement un sens d’un point de vue économique.

Vous n’avez jamais été en poste aux États-Unis. C’est une vraie découverte ?

Oui, dans le sens où je n’y ai jamais vécu ni travaillé. Mais j’ai eu déjà l’occasion de visiter les États-Unis. La première fois que je suis venu, c’était en 2001. À l’époque, je m’occupais de défense européenne. Le Département d’État m’avait invité avec un groupe d’Européens et m’avait permis de découvrir Washington, College Station au Texas, New York et San Francisco…

Dans le cadre de votre travail à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), vous avez eu l’occasion de travailler en relation avec les États-Unis.

Oui, quand j’étais en poste à l’OSCE,  j’ai négocié les accords des Forces Conventionnelles en Europe (FCE) qui concernaient en particulier les États-Unis et le stationnement de leurs forces en Europe. Et avant la réunification de Berlin, j’ai eu beaucoup de discussions avec les Américains puisque leur responsabilité était importante pour la sécurité des accès à la ville. À vrai dire, j’ai travaillé, à tous mes postes, en étroite collaboration avec des collègues américains.

Vous parliez du rayonnement de la France… un commentaire sur la performance des Bleus durant le Mondial de football.

Je ne suis pas vraiment un fan de football. Je suis effondré par les résultats et la manière de jouer de l’équipe de France… mais je ne suis pas qualifié pour me prononcer sur les aspects techniques. Ma fille de 10 ans est beaucoup plus fan. Vous auriez eu plus de chance avec le tennis !

Votre fille va découvrir les États-Unis en même temps que vous.

Elle a 10 ans. Elle nous accompagne mon épouse Jocelyne et moi-même. Les deux aînées ont 22 et 23 ans. Manon sera scolarisée au Lycée français de Chicago. Elle était dans une école européenne à Berlin. Elle est totalement bilingue français-allemand et j’espère qu’elle va être trilingue très rapidement. Je ne m’inquiète pas car elle chante déjà en boucle les chansons de Lady Gaga.

Infos pratiques :

www.consulfrance-chicago.org/

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