Subscribe

Jean-Claude Trichet au premier dîner de levée de fonds de la Fondation Sciences Po US

Jeudi 16 juin s’est tenu lieu le premier dîner annuel de la Fondation Sciences Po US au Mandarin Oriental, à New York. Pour cette grande première, l’invité d’honneur était Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, ancien élève de l’école. Il s’est longuement exprimé sur la “diversité économique des deux côtés de l’Atlantique”.

Les fonds récoltés lors de cette soirée ont pour but de soutenir la Fondation Sciences Po US (75 millions de fonds récoltés en 2011), qui s’est donnée pour mission de répandre à travers le monde les valeurs de l’école, considérée comme l’un des meilleurs pôles d’enseignement supérieur au monde. Et c’est en premier lieu aux Etats-Unis que  la grande école française entend asseoir son influence. Rappelant que 50% des fonds viennent de l’Etat français, et que cet Etat est déficitaire, Jean-Claude Casanova, président de la Fondation nationale des Sciences politiques, a rappellé la nécessité croissante de fonds privés, comme le pratiquent depuis fort longtemps les meilleures universités américaines.

Jean-Claude Trichet était l’invité d’honneur de cette soirée. Le président de la Banque centrale européenne, dont le mandat arrive à terme en octobre prochain, a délivré un discours sur “la diversité économique des deux côtés de l’Atlantique”. Pour lui, l’économie américaine est moins diversifiée que celle de la zone euro, soulignant qu’il est fondamental d’améliorer la gouvernance d’une “zone nécessairement diversifiée”. Les divergences d’inflation et de croissance du PIB par habitant ne sont pas selon lui significatives. Il s’est ensuite arrêté sur les sources de cette dispersion au sein de chaque zone, pointant du doigt les “bulles immobilières et le déclin industriel (Détroit, portugal par exemple)”. Les écarts durables du coût salarial unitaire sont une autre source de disparité.

Soulignant l’importance des réformes structurelles au niveau de chaque état, il a violemment critiqué ceux qui avaient traité l’Allemagne de “sick man of Europe” (l’homme malade de l’Europe), rappellant au contraire les dividendes actuels de dix années d’austérité (“sufficient patience”). Pour Jean-Claude Trichet, il ne faut faire preuve d’aucune complaisance car la diversité est constitutive de l’économie européenne. Il en a profité pour égratigner l’action de Jacques Chirac, Gerhard Schroeder et Silvio Berlusconi en 2005 lorsqu’ils ont “vidé de leur substance les contraintes du Pacte de stabilité et de croissance”.

Pour Jean-Claude Trichet, il faut donc un “new framework”, un nouveau cadre, avec davantage d’indicateurs de surveillance. Un objectif qui devriat prochainement être rempli par “le pacte pour l’euro”, sur lequel se penchent aujourd’hui le Conseil européen et els parlements nationaux.

En conclusion, l’Europe doit se renforcer, et pour cela, “les états doivent aller plus loin en inventant un nouveau type de confédération d’états souverains”.

Lors de cette soirée, pour la première fois a été remise la bourse d’études Michel David-Weill, du nom de l’ancien président de la banque Lazard, lui aussi ancien élève. Cette récompense d’une valeur de $80 000 a été attribuée à un étudiant américain qui incarne les valeurs de Sciences Po : excellence, multiculturalisme, tolérance, accomplissement. Il est invité à poursuivre son cursus à Sciences Po, en France, pendant deux années. Il s’agit de Samuel Miles, un Franco-Américain de 22 ans, diplômé de Yale.

Richard Descoing, directeur de Sciences politiques, a rappellé de son côté la vocation internationale de son école aujourd’hui. Le processus d’harmonisation européenne des filières étant achevé, c’est maintenant la compétition mondiale qui compte. Sur les 7 campus que compte Sciences Po, 40% des étudiants ont une autre nationalité que la nationalité française. 130 nationalités sont représentées. 17 langues sont enseignées, plusieurs cursus sont proposés intégralement en anglais. La troisième année du Collège universitaire à l’étranger est l’aboutissement d’une formation fondamentalement internationale : 1 000 élèves partent chaque année en séjour ou en stage dans l’une des 350 universités partenaires dont, aux Etats-Unis, Columbia University’s School of international and Public Affairs. “Nous devons convaincre les étudiants du monde entier de venir étudier à Sciences Po, c’est notre défi”, a dit Richard Descoing. “La France est une grande nation d’idées mais une petite nation démographique. Son influence passe par l’ouverture à l’étranger. Je le dis à une époque où ce n’est pas forcément entendu : le mélange des cultures, l’immigration, sont la plus grande source de santé, de richesse et de progrès pour un pays”

 

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related