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Jean-François Copé proclamé officiellement président de l’UMP

Jean-François Copé a été proclamé officiellement lundi soir président de l’UMP par la commission interne au terme de 24 heures d’intense suspense et d’un vrai bras de fer avec son rival François Fillon, en l’emportant d’un cheveu avec 50,03% des voix.

Selon les chiffres officiels annoncés par Patrice Gélard, président de cette commission chargée de valider les résultats de l’élection dimanche par les adhérents de l’UMP de leur nouveau président, M. Copé, 48 ans, a recueilli 87 388 voix sur 174.678 suffrages exprimés contre 87 290 voix à M. Fillon (49,97%). Ces résultats ont été donnés à l’issue de 24 heures d’extrême tension entre les deux camps, qui avaient chacun revendiqué la victoire avec une avance de quelques centaines de voix. Tous les bureaux de vote même ceux qui étaient contestés comme dans les Alpes-Maritimes, ont été validés, a indiqué M. Gélard en appelant “à la rénovation des statuts” de l’UMP après “un scrutin difficile dans son déroulement”.

Le député-maire de Meaux s’est aussitôt exprimé pour se réjouir de sa victoire, indiquant qu’il avait téléphoné à son rival pour l’inviter, ainsi que son équipe, à le “rejoindre” au sein de l’UMP pour travailler ensemble car “nos adversaires sont à gauche”. “Mes mains et mes bras sont grand ouverts (…) Je n’ai ni amertume ni rancoeur. Ce qui nous rassemble est infiniment supérieur à ce qui nous divise”, a-t-il déclaré, entouré de son “ticket” -Luc Chatel qui sera vice-président délégué de l’UMP et Michèle Tabarot, qui devient secrétaire générale, le poste qu’occupait depuis novembre 2010 M. Copé- de son épouse Nadia, de son fils aîné et de plusieurs de ses soutiens, comme Roger Karoutchi, Rachida Dati et Nadine Morano.

Sitôt l’annonce faite au siège de l’UMP, rue de Vaugirard à Paris XVe, par M. Gélard, les partisans de Jean-François Copé ont scandé “Copé président” et “On a gagné”. Vainqueur surprise du scrutin face à un François Fillon donné largement favori dans les sondages auprès des sympathisants de l’UMP et auquel s’étaient ralliés la plupart des ténors du parti, M. Copé est sorti devant le siège de l’UMP pour saluer plusieurs de jeunes copéistes réunis devant les locaux et qui ont entonné La Marseillaise.

Cette élection a viré depuis dimanche soir au bras de fer entre les camps Fillon et Copé qui revendiquaient chacun la victoire sur fond d’accusations réciproques de fraude, malgré les appels au calme. Dans les locaux de l’UMP, pendant les comptages et recomptages de la Cocoe, les journalistes ont assisté toute la journée à la valse ininterrompue des soutiens de l’un et l’autre candidat (Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Luc Chatel, Eric Ciotti, Nadine Morano, Christian Estrosi, Thierry Mariani, Franck Riester…), guettant la moindre déclaration alimentant la guerre psychologique entre les deux camps.

Dans ce climat, les appels au calme s’étaient multipliés. L’ex-Premier ministre Alain Juppé, resté neutre dans le duel, a demandé aux duellistes de se rencontrer “sur la base du rassemblement”. “L’existence même de l’UMP est en cause”, avait-il prévenu. Devant ce spectacle, les adversaires de l’UMP à droite n’ont pu que se réjouir. Si M. Copé a gagné, “c’est qu’il a un peu respiré le parfum de Marine Le Pen”, a déclaré lundi soir sur BFM-TV le député Gilbert Collard (FN). “Il y aura certainement des lignes qui vont bouger dans les jours ou les semaines qui viennent. On a un boulevard devant nous”, a estimé le député Philippe Vigier, un porte-parole du parti centriste UDI.

Les responsables du PS n’ont cessé d’ironiser sur cette “guerre des chefs” qui tourne au “mauvais vaudeville” et “n’honore pas la démocratie”. M. Copé, qui a fait toute sa campagne sur la ligne d’une “droite décomplexée” s’est présenté en “premier des militants”, promettant une “vague bleue” aux municipales de 2014 et recourant aux formules choc (“racisme anti-Blancs”, appel à manifester) pour convaincre un électorat qui n’a pas tourné la page Sarkozy. Il avait d’ailleurs collé au maximum à l’ancien président de la République pendant la campagne, qu’il a salué après sa victoire tout comme il a rendu hommage à Jacques Chirac dont il a été le ministre entre 2002 et 2007. M. Fillon s’était posé en “homme du rassemblement” et voyait dans ce scrutin “une primaire avant l’heure” en vue de la présidentielle de 2017.

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