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Jean-Luc Mélenchon, le troisième homme de la présidentielle ?

Après sa démonstration de force à la Bastille dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon qui a reçu le soutien de cadres du NPA cette semaine, est toujours à la hausse dans les sondages, devenant même le troisième homme de la présidentielle dans les intentions de vote chez BVA.

Avec des dizaines de milliers de sympathisants (120 000 selon les organisateurs) venus à la marche parisienne pour l’écouter, le candidat du Front de gauche à l’Elysée a réussi son coup. “On avait dit +il n’y a plus de communistes en France+ et ils se retrouvent avec une place entière couverte de drapeaux rouges!”, s’est-il félicité. L’équipe de François Hollande est alors apparue embarrassée par ce succès, le candidat PS souhaitant notamment que la présidentielle “permette non pas simplement l’expression d’une colère légitime” mais de faire émerger “une capacité à faire changer le pays”.

Dès le lendemain de la Bastille, alors que le FG imaginait son candidat à la Une pour quelques jours, la tuerie de Toulouse dans une école juive jusqu’à l’assaut final du Raid contre le meurtrier l’ont éclipsé. Lui n’a pas mis sa campagne entre parenthèses comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande, y voyant un “acte de résistance” face à “l’odieux criminel dément”. Il est d’ailleurs un des rares candidats à ne pas s’être rendu aux obsèques à Montauban des militaires tués également par Mohamed Merah. “Ce serait prolonger la campagne devant les cercueils”, a-t-il lancé.

Avec une équipe de campagne un peu débordée par l’afflux de médias, M. Mélenchon a multiplié les déplacements sur les services publics en banlieue parisienne où il est parfois apparu tendu, reprenant notamment son refrain sur “la corporation” des journalistes après une dispute avec un photographe. Il a en tout cas poursuivi son offensive anti-Front national, estimant qu’il faut faire “rempart contre la haine” que propose, selon lui, Marine Le Pen. Il dit vouloir “protéger les musulmans de la vindicte” du FN car il n’y a “aucun lien” entre l’islam et le “dégénéré” de Toulouse.

Une candidate d’extrême droite (13%) qu’il a dépassée pour la première fois ce jeudi dans un sondage BVA réalisé après l’identification de Mohamed Merah, et dans lequel M. Mélenchon, avec 14% (+5 pts) devance aussi François Bayrou (12%). Les autres instituts le donnent également à la hausse, entre 11 et 13%, mais toujours derrière les candidats du FN et du MoDem.

Peut-il vraiment être le troisième homme de la présidentielle? Lui dit ne pas en douter, “et même mieux si affinités!”. Car “les belles personnes ne comprennent rien”, “quelque chose d’énorme couve en France”, pense l’ex-sénateur PS, passé par la trotskiste OCI dans sa jeunesse. Son succès repose sur “la synthèse” qu’il réalise, réussissant “un pont entre une gauche radicale de tradition anarcho-syndicaliste” et “une gauche antilibérale”, explique Stéphane Rozès (Cap Conseil). Des dirigeants du NPA (une ex-porte-parole et un ancien bras droit d’Olivier Besancenot) ont d’ailleurs appelé à voter pour lui jeudi.

De plus, M. Mélenchon, qui “se met en avant” avec sa “personnalité charismatique”, est “en train de voler à Marine Le Pen la fonction tribunicienne”, selon le politologue qui ne croit pas que les évènements de Toulouse puissent inverser la tendance et juge possible que le candidat du FG reste à ce niveau. D’ailleurs, pour M. Rozès, seul un “réflexe vote utile” pour que “François Hollande obtienne dès le premier tour un score important” face à Nicolas Sarkozy, pourrait enrayer sa dynamique.

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