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Jean-Marie Le Pen critique “l’alignement” de Nicolas Sarkozy sur les Etats-Unis

Après la mort de 10 soldats français en Afghanistan, Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national, a critiqué Nicolas Sarkozy et affirmé que “nos soldats n’ont pas à se faire tuer pour l’oncle Sam”. Pour le président de la République, la rentrée s’annonce difficile dans un contexte économique tendu.

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a affirmé mardi que “nos soldats n’ont pas à se faire tuer pour l’oncle Sam”, après la mort de dix militaires français en Afghanistan. “Ces soldats faisaient leur devoir, mais ils ne sont pas morts pour la France. Ils sont morts dans la guerre interminable que mènent les Etats-Unis d’Amérique dans ce pays pour leurs propres intérêts”, a-t-il déclaré dans un communiqué avant d’ajouter: “La mort de nos soldats souligne cruellement que Nicolas Sarkozy mène une désastreuse politique d’alignement sur les Etats-Unis. La France n’a rien à faire en Afghanistan.”. Les dix militaires français, principalement des parachutistes, ont été tués lundi après être tombés dans une embuscade des talibans à une cinquantaine de km à l’est de Kaboul. 21 autres soldats ont été blessés lors de ces combats.

Nicolas Sarkozy fait cette semaine sa rentrée dans un contexte difficile, marqué par la situation en Afghanistan, où il s’est rendu mercredi après la mort de 10 soldats français à l’est de Kaboul, le conflit dans le Caucase, et au plan national la crise économique. Le chef de l’Etat, qui termine dans le sud de la France des vacances déjà interrompues deux fois – pour cause d’ouverture des jeux Olympiques à Pékin le 8 août, de médiation à Moscou et Tbilissi dans la guerre russo-géorgienne le 12 août – retrouvera son gouvernement au grand complet jeudi pour le conseil des ministres. La situation internationale et le recul du Produit intérieur brut (-0,3%) au 2ème trimestre domineront ce conseil.

Sur le plan international, la situation dans le Caucase devrait également être largement abordée, alors que les troupes russes peinent à se retirer de Géorgie, malgré l’accord négocié par Nicolas Sarkozy. Sur le plan intérieur, c’est la crise économique qui dominera ce premier conseil des ministres. “Malgré la situation internationale, il y a un gouvernement qui travaille, qui continue à faire des réformes, qui multiplie les initiatives”, assurait-on il y a peu à l’Elysée.

Dès lundi, le Premier ministre François Fillon a réuni les ministres de la sphère économique pour tenter de rassurer, après le premier recul du PIB depuis fin 2002. Le chef du gouvernement a refusé de parler de récession, misant de nouveau sur les réformes engagées pour répondre à l’aggravation de la crise. Il a écarté un plan de relance, à l’instar de ce que font les Espagnols : “Nous avons besoin de réformes de structures, pas d’un plan de relance qui serait artificiel”. Contre l’avis des analystes, il a maintenu les prévisions de croissance entre 1,7% et 2% pour 2008, ainsi que l’objectif de réduction du déficit à 2,5% du PIB fin 2008.

Afin de “garantir le pouvoir d’achat des plus modestes”, leitmotiv du président Sarkozy, M. Fillon compte sur les projets de lois sur l’intéressement et la participation, ainsi que sur la mise en place du Revenu de solidarité active. Ces projets seront examinés lors de la session extraordinaire du parlement, à partir du 22 septembre. Il a également demandé à la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, d'”accélérer l’adoption des décrets d’application de la loi de modernisation de l’économie” favorisant l’activité des PME.

La position du gouvernement face à la crise a fait l’objet de nombreuses critiques : l’ancien ministre de l’Economie socialiste Michel Sapin a estimé mardi que “le gouvernement minimis(ait) la crise” et n’avait “pas regardé la réalité en face”. Pour le Parti communiste français, “le gouvernement n’a que les mêmes recettes éculées, inefficaces économiquement et injustes socialement”. Quant au secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly, il a affirmé qu’il ne fallait “pas grand chose” pour qu’un mouvement social se déclenche.

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