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Jean-Marie Périer plonge l’Amérique dans les années yé-yé

L’Amérique découvre les années yé-yé à travers les photographies de Jean-Marie Périer. L’exposition-vente des icônes de cette époque dorée se déroule à Los Angeles, où le photographe français à lui-même vécu, et ce jusqu’au 6 juin 2009. Pour France-Amérique, l’artiste de 69 ans revient sur cette jeunesse insouciante, ses passions et ses blessures.

Pourquoi avoir choisi Los Angeles pour cette exposition ?

J’ai été choisi par la galerie Fahey/Klein qui est basée à Los Angeles. C’est une des plus belles galeries de la ville, je trouve, car elle est classique. J’aurais très bien pu aller dans une de ces galeries branchées qui font de l’art contemporain mais j’ai préféré exposer dans celle-ci. Je me retrouve à côté d’Irving Penn (ndrl, photographe américain), c’est une chance ! Comme en Amérique, personne ne me connaît, je trouvais que c’était important d’aller chez des galeristes qui font ce métier depuis longtemps et qui considèrent les photographies comme un art à part entière.

Quel est votre rapport aux États-Unis ?

Je connais très bien le pays, j’y ai vécu dix ans dans les années 80. Je tournais des films publicitaires. Personne ne savait à ce moment là que j’avais fait des photographies des années 60. C’est drôle de revenir dans ce pays avec des photos qui datent de 40 ans.

À travers les clichés exposés, qu’avez-vous voulu montrer au public américain ?

Avec la galerie, on a choisi ensemble les photos. Ils ont une connaissance du marché américain. En majorité, il y a des photos des Beattles, des Rolling Stones ou encore de James Brown. Il fallait aussi quelques Français pour donner le sentiment de ce qu’étaient les années 60 en France avec Sylvie Vartan et Johnny Hallyday. Il n’y a pas tellement de Français qui parlent aux Américains, eux sont tout simplement représentatifs de cette époque.

Pourquoi avoir photographié ces vedettes des années yé-yé ?

J’avais 22 ans et je travaillais pour Salut les Copains qui était le premier journal à parler en Europe de la musique pour les jeunes. Mon job était de photographier cette nouvelle génération.

Est-ce que vous avez une anecdote de cette époque à nous faire partager ?

La grande différence entre cette époque-là et aujourd’hui, c’est qu’on avait tous à peu près le même âge. Nous étions tous à nos débuts aussi. Quand j’ai rencontré les Rolling Stones, ils n’avaient même pas enregistré une chanson et les Beatles n’avaient fait qu’un seul disque. Ils n’avaient pas de problème d’image, et n’en n’avaient même pas conscience. Pendant douze ans, j’ai fait des photos et personne ne m’a demandé de voir les photos avant qu’elles ne soient publiées. Ils me faisaient une totale confiance. Cette liberté n’existe plus aujourd’hui !

Est-ce que vous continuez à photographier Johnny et les autres ?

Hormis Françoise Hardy qui est ma meilleure amie, les autres, je ne les photographie plus tellement. Les choses ont changé. Les photos sont désormais un enjeu. Pour moi, la fête est finie. Aujourd’hui, prendre des photos c’est devenu sérieux !

Ces photos de ces icônes naissantes vous ont-elles plus profité à eux ou à vous ?

Les photos leur ont profité car mon travail consistait à les mettre en valeur. Elles étaient faites pour être accroché au mur des adolescentes. À l’époque, les photographes faisaient du noir et blanc pour être reconnu. Moi, je faisais de la couleur car je trouvais que c’était plus gai pour les chambres des jeunes. Je me retrouve maintenant à être l’un des rares à avoir des photos en couleur de cette époque-là.

Qu’est ce qui vous a donné envie d’être photographe ?

J’ai eu la chance à l’âge de 16 ans d’être présenté à Daniel Filipacchi qui était photographe à l’époque et qui est devenu le plus grand patron de presse d’Europe dans les années 60. J’ai fait des photos un peu par hasard. J’ai appris en pratiquant sans jamais aller dans une école de photographie.

Quelle est votre objectif quand vous faites une photo ?

La réalité ne m’intéresse pas. Il y a des photographes qui sont très doués pour être témoins d’un événement. Moi, ce que je veux faire, c’est du spectacle. J’avoue, avec 40 ans de recul, que ces photos représentent une certaine réalité de l’époque, mais cela s’est fait un peu malgré moi.

Vous avez écrit une biographie Enfant gâté, pourquoi ce besoin de se confier ?

Il faut dire que j’ai une famille extraordinaire. Mon père (François Périer) était le plus grand acteur français de théâtre de son temps. Mon père génétique (Henri Salvador) était à la même époque le plus grand chanteur de jazz en France. Ma famille était une histoire en soi, qui valait la peine d’être racontée. Plus jeune, j’ai souffert de ce problème. Il est désormais résolu. Ce livre a été comme une thérapie. J’ai écrit un autre livre sur mes souvenirs des années 60 Le Temps d’apprendre à vivre… et un autre sur Daniel Filipacchi qui s’appelle Oncle Dan.

Est-ce que vous avez photographié vos deux pères ?

Oui, absolument ! Photographier des proches, c’est comme pour les autres personnes. Il faut que cela aille vite parce qu’il n’y a rien de pire qu’un photographe lent.

Comment étaient vos rapports avec votre père génétique, Henri Salvador ?

Extrêmement décevant ! Pendant quelques années, ça a été formidable car il a voulu me connaître. Mais ensuite, il a changé de vie, a rencontré quelqu’un, et m’a alors complètement laissé tomber. Je préfère l’oublier. C’est une déception !

Quelles sont les personnes que vous aimeriez photographier et que vous n’avez pas encore eu l’occasion de prendre en photo ?

Je me dis que j’ai vraiment photographié tout le monde. Mon seul regret, c’est de n’avoir jamais pu photographier Franck Sinatra et Elvis Presley.

Infos pratiques

L’exposition-vente “Jean-Marie Périer-First person access” est visible jusqu’au 6 juin 2009 à la galerie Fahey/Klein

148 North La Brea Avenue, Los Angeles, CA 90036

Tel: 323 93-2250

http://www.jean-marie-perier.net

http://www.faheykleingallery.com

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