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Jean-Michel Cohen : “Les Américains ne se battent pas avec leur poids mais avec leur notion de liberté”

Médecin nutritionniste médiatique, Jean-Michel Cohen vient de sortir The Parisian Diet, son dernier ouvrage de recettes et conseils sorti début janvier, qui propose un régime à la française adapté aux Américains. De passage à New York, le médecin nutritionniste revient sur les particularités de son régime parisien. Entretien.

France-Amérique : Comment êtes-vous devenu nutritionniste ?

Jean-Michel Cohen : Quand j’étais petit, j’étais gros. Ma mère, également en surpoids, faisait le tour des nutritionnistes parisiens qui se comportaient comme de vrais escrocs. J’ai souffert de voir sa douleur et, en tant que fils, je ressentais le besoin de la soigner. Lors de mes études, j’ai rencontré le médecin Marian Apfelbaum qui était le leader de la nutrition mondiale dans les années 1980. Les qualités de cet homme m’ont impressioné. Non seulement parce que c’était un médecin de renommée, mais aussi un remarquable intervenant médiatique. Il était à cette époque considéré comme le “chouchou” des médias. Suivant son exemple, je suis devenu nutritionniste et un emblème médiatique de la nutrition.

Les Français consomment régulièrement du vin, du fromage et des féculents mais restent minces. Sont-ils naturellement plus minces que les Américains ?

Le surpoids est une maladie sociétale. Aux Etats-Unis, les gens aiment en avoir pour leur argent. L’origine des larges portions dans leurs assiettes ne vient pas de leur appétit mais de la chaîne économique. Les industries alimentaires américaines produisent plus, incitant les habitants à se nourrir de grandes quantités de produits gras comme des frites, des pizzas ou des sandwichs plein de sauce. En France, le repas est davantage organisé. On commencera par un hors d’oeuvre, suivi d’un plat et d’un dessert composé de fruits et de légumes.

La méthode de votre nouvel ouvrage The Parisian Diet comporte trois phases. Expliquez-les nous.

Le régime de base est compris entre 1200 et 1500 calories. Il doit être bien équilibré et agréable à consommer. Mais, on sait aussi que par moment, l’amaigrissement va diminuer. C’est une cause fréquente d’abandon des programmes de régime. Les deux maître-mots sont : accompagnement et engagement. La première phase est restrictive et agressive répartie sur 10 jours, pour ceux qui ont besoin de s’engager très vite. La seconde phase, ce sont des recettes riches en fibres, en nutriments et en protéines pour prolonger la perte de poids sur trois semaines. Et la dernière phase permet de régulariser le processus d’amaigrissement des deux premières étapes tout en se faisant plaisir, jusqu’à ce qu’on obtienne le poids désiré. J’inclus aussi un plan de récupération de trois jours pour combattre la frustration due à la restriction, au moyen de repas au restaurant par exemple.

Ou en buvant un verre de vin…

Dans les restaurants aux Etats-Unis, notamment à New York, le verre de vin est de 180 à 200 ml et contient 14 degrés d’alcool. En France, il est seulement de 120 à 140 ml. Le verre de vin américain équivaut donc à deux verres de vin français. Il y a aussi une rumeur qui dit que le vin rouge serait le seul alcool compatible avec un régime. C’est une erreur. La valeur calorique des vins est comprise entre 95 et 105 kilos calories. Il n’y a aucune différence entre le champagne, le vin blanc et le vin rouge. Ils contiennent tous 7 calories de gras. Ce qui fait la différence, c’est simplement la couleur du raisin, donc le cépage.

Quels éléments du style de vie parisien les Américains devraient-ils imiter ?

Les Américains ne se battent pas avec leurs poids mais avec leur notion de liberté : “je veux manger ce que je veux, quand je veux et avec qui je veux”, pensent-ils. Alors que le régime impose un sentiment de contrôle, une discipline, qu’ils refusent. Les Français structurent leur quotidien autour de l’alimentation : petit-déjeuner, déjeuner et dîner. Ils respectent des horaires fixes, un cadre et un entourage. Ce que je définis comme le style de vie à la parisienne. La population américaine, en s’inspirant de ce modèle, pourrait résoudre son problème d’obésité. Le régime n’est pas une partie de plaisir. C’est un exercice qu’on applique avec certaines contraintes. Ils doivent s’imposer de manger de façon régulière des quantités contrôlées. Cuisiner davantage à la maison. Prendre plus de temps dans la dégustation. Manger avec les autres à table. Et ne pas hésiter à se faire plaisir de temps en temps.

 

 


 


 

 


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