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Jérome Kerviel aurais reçu des “encouragements” de ses supérieurs

L’ex-trader de la Société Générale Jérôme Kerviel a déclaré mardi devant le tribunal correctionnel de Paris que les “encouragements” de ses supérieurs l’avaient incité à “continuer” dans sa stratégie de prises de positions, qui allait s’avérer extrêmement risquée.

Le président Dominique Pauthe l’a longement interrogé sur sa personnalité et son profil psychologique, relevant dans le rapport d’un expert que “l’absence de contrôle” l’aurait conduit à “réitérer sa stratégie”.

“Les encouragements journaliers de mes supérieurs ne m’ont pas freiné, ils m’ont plutôt encouragé”, a répondu Jérôme Kerviel, sans préciser à quels moments de sa carrière de trader ces “encouragements” étaient intervenus.

Il est reproché à Jérôme Kerviel, jugé depuis mardi après-midi pour avoir provoqué une perte de 4,9 milliards d’euros début 2008, d’avoir pris des positions spéculatives colossales à l’insu de sa hiérarchie, en produisant des faux documents et de fausses explications.

Il répète de son côté que ses supérieurs étaient au courant de ses prises de positions, voire les encourageaient, dès lors qu’elles rapportaient de l’argent. “Sur un desk de trading, on est tous à 50 cm les uns des autres, tout se voit tout s’entend”, a affirmé le jeune homme de 33 ans. Il a ensuite répété qu’il était “impossible” que les cinq chefs qui se trouvaient à proximité des traders aient pu ignorer ce qu’il faisait.

Durant une heure environ, avant une suspension de séance, le président Pauthe l’a interrogé sur ses études, ses connaissances informatiques, les évaluations de ses supérieurs depuis son recrutement par la banque, en 2000, sur le calcul de ses bonus et sur le fait qu’il prenait très peu de vacances. Au niveau psychologique, “il n’y a rien de particulier en ce qui vous concerne”, a-t-il simplement constaté, en s’interrogeant sur ses motivations.

Jérome Kerviel s’est sobrement présenté comme un “célibataire, consultant informatique”, avec un revenu de “2.300 euros” par mois. L’ancien trader de la Société Générale encourt cinq ans de prison, 375.000 euros d’amende et des dommages et intérêts à hauteur de la perte monumentale subie par la banque début 2008, soit 4,9 milliards d’euros.

Le jeune homme a admis avoir commis des erreurs et perdu le sens des réalités. Il reconnaît aussi avoir enregistré des opérations fictives pour camoufler des engagements réels, mais assure que c’était monnaie courante dans la salle de marchés.

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