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Jeune, jolie et controversée

Le long-métrage subversif de François Ozon, Jeune & Jolie (Young & Beautiful), sort ce vendredi à New York, près d’un an après la polémique autour du film suite à une interview du réalisateur dans la presse américaine.

Depuis maintenant une dizaine d’années, tous les films de François Ozon trouvent un distributeur américain. Le réalisateur ne se l’explique pas mais semble ravi de devoir voyager à New York chaque année pour assurer la promotion de ses films. “Peut-être que comme je sors un film par an, il y a une sorte d’habitude qui s’est installée, de continuité, qui fait que tous mes films sont distribués aux Etats-Unis”, affirme François Ozon.

L’intérêt que portent les Etats-Unis au cinéma de François Ozon peut aussi s’expliquer par son influence assumée des films de la Nouvelle Vague, mouvement qui symbolise encore le cinéma français auprès des Américains. Le film – qui raconte l’histoire d’une jeune adolescente des quartiers riches de Paris qui décide de se prostituer sans raisons apparentes – a déjà fait parler de lui aux Etats-Unis pour son propos sulfureux et pour les déclarations polémiques de François Ozon au Hollywood Reporter lors du dernier festival de Cannes.

Ce dernier avait affirmé au journal américain “c’est un fantasme de beaucoup de femmes de se livrer à la prostitution”. Le réalisateur s’était ensuite excusé par le biais de Twitter affirmant que ces propos avaient été mal compris et qu’il n’entendait bien sûr pas généraliser. Entre temps, la polémique était remontée jusqu’au gouvernement et Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre du Droit des femmes, s’en était prise au réalisateur.

Le film prend le contre-pied de l’attente des spectateurs et ne tente à aucun moment de justifier les agissements de son personnage principal. “Je ne voulais surtout pas faire de référence sociale ou politique, ou même expliquer sa pratique par une simple question d’argent. Cette fille a tout pour elle ; elle est jeune, belle, vient d’une famille riche et progressiste. Peut-être qu’aux Etats-Unis plus qu’en France, ils s’attendent à ce que je donne une explication”.

Pour autant, le réalisateur compte sur l’intelligence de l’audience américaine pour se faire sa propre opinion. “Je pense que les Américains peuvent accepter le fait que je pose une question sans en donner la réponse. Je ne voulais surtout pas faire un film moraliste”.

Cliquez ici pour connaître les séances du film aux Etats-Unis.

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