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Jeux Olympiques

La génération des surdoués du handball français a accompli son plus grand rêve en décrochant l’or olympique dans une finale maîtrisée de bout en bout contre l’Islande (28-23), dimanche à Pékin.

Si, selon l’appellation officielle, Bertrand Gille, Daniel Narcisse, Thierry Omeyer, Nikola Karabatic et les onze autres champions olympiques sont les “Experts”, succédant aux “Bronzés” de Barcelone, aux “Barjots” et aux “Costauds” champions du monde en 1995 et 2001, c’est bien grâce à leur talent exceptionnel que les joueurs de Claude Onesta ont donné au sport français l’un de ses plus beaux titres.

Cette classe a éclaboussé le tournoi depuis le premier match contre le Brésil, il y a quinze jours, jusqu’à celui du sacre, où les Islandais ont été vite renvoyés à leur statut d’invités-surprise.

Les Bleus ont fait la différence sur une série de cinq buts et quelques arrêts décisifs d’Omeyer, qui les ont fait passer de 4-4 à 9-4 dès le milieu de la première mi-temps (17e). Les Nordiques ne les ont plus jamais revus.

“On s’était promis de les faire souffrir pour qu’ils redescendent du nuage sur lequel ils étaient depuis le début de la compétition. Ca s’est fait assez vite”, commente le sélectionneur.

En seconde période, devant un kop bleu-blanc-rouge de plusieurs centaines de personnes, supporteurs, familles et athlètes mêlés, les Bleus ont fait grimper l’écart jusqu’à neuf buts (21-12, 40e). Les bras islandais étaient impuissants à forcer le verrou défensif construit devant un Thierry Omeyer en état de grâce dans les buts (19 arrêts).
Avec cette victoire, la France prend place parmi les toutes premières nations de l’histoire du handball et les handballeurs parmi les héros du sport tricolore.
Seules l’Allemagne et la Russie avaient fait le Grand Chelem Europe/Monde/JO. Parmi les quinze Bleus de Pékin, huit joueurs, déjà vainqueurs du Mondial-2001 et de l’Euro-2006, l’ont réussi en seulement un septennat: les frères Bertrand et Guillaume Gille, Didier Dinart, Joël Abati, Olivier Girault, Thierry Omeyer, Daniel Narcisse et Jérôme Fernandez.
Les pionniers du handball, premiers champions du monde du sport collectif tricolores il y a douze ans, innovent aussi avec l’or olympique. Si l’on met à part le cas des footballeurs (1984), pour lesquels les Jeux ne sont pas le summum dans leur discipline, ils sont la seule équipe médaillée d’or de l’après-guerre.
Vu l’impression de puissance donnée par les Bleus depuis le début des Jeux, dont ils sortent invaincus (sept victoires, un nul) sans avoir jamais été vraiment menacés par aucun de leurs adversaires, il est tentant d’affirmer que le titre ne pouvait pas leur échapper.
Le match contre l’Islande, une nation qui compte moins d’habitants (300.000 environ) que l’Hexagone de licenciés en handball (près de 400.000), n’était pas le plus difficile à gagner. A voir les visages fermés des Tricolores à leur entrée dans l’immense National Indoor Stadium de Pékin, il était évident que le risque de démobilisation après la belle victoire sur la Croatie, tenante du titre, en demi-finale, et de sous-estimation d’un adversaire présumé plus faible avait été identifié et écarté.
En fait, le tournant a eu lieu en quarts de finale, le cap sur lequel leurs ambitions s’étaient fracassées lors des deux dernières éditions.
“L’approche de ce match contre la Russie a été terrible dans la pression et la peur de revivre le drame. Le match a été énorme et comme il a été réussi, ça a propulsé l’équipe”, explique Onesta.
Comme tout sélectionneur, le Toulousain met en avant la performance collective de ses hommes. Mais certains ont crevé l’écran encore plus que d’autres.
Comment ne pas citer l’aérien Daniel Narcisse, tellement époustouflant lors des sept premiers matches que les Islandais en avaient fait leur ennemi numéro un, ou le demi-centre Nikola Karabatic, qui a pris le relais du Réunionnais à la marque en sortant son plus gros match du tournoi (8 buts sur 9 tirs).
Ou encore le spectaculaire ailier Luc Abalo, le guerrier Bertrand Gille, et aussi Cédric Burdet, qui avait la lourde tâche de remplacer au poste d’arrière droit Jérôme Fernandez, forfait après s’être blessé dès le troisième match, et qui s’en est sorti comme un chef jusqu’en finale en contribuant à la percée française (4 buts, tous en première période).

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