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Joel Anthony, la force tranquille

À 28 ans, Joel Anthony trace sa route dans la meilleure ligue de basket-ball du monde. Considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de NBA, le natif de Montréal vit une saison de rêve avec son équipe du Heat de Miami toujours en course pour le titre. Portrait.

« Si l’on m’avait dit, il y a encore quelques années, que je serais aujourd’hui un joueur important d’une équipe NBA, je crois que j’aurais éclaté de rire ». Et pourtant aujourd’hui, Joel Anthony, le pivot canadien d’origine haïtienne du Miami Heat, foule bel et bien les parquets de la meilleure ligue du monde. Du haut de ses 2,6 mètres, le joueur, formé à l’université du Nevada à Las Vegas (UNLV), est même devenu un élément incontournable de la franchise floridienne qui affronte cette semaine l’équipe de Joakim Noah, les Bulls de Chicago.

Son intégration dans la meilleure ligue du monde n’a pas été des plus faciles. En 2007, alors qu’il vient de terminer une brillante carrière universitaire, le Montréalais n’arrive pas à taper dans l’œil des franchises NBA qui ne le sélectionnent pas lors de la Draft au début de l’été. « Ce fut une grosse déception car j’avais reçu des promesses de certains dirigeants qui souhaitaient me recruter, précise le Québécois, mais cet échec m’a donné une motivation supplémentaire ». En effet, durant les ligues d’été (surnommé « tournoi de la dernière chance », ce mini-championnat est organisé tous les ans après la Draft, et met aux prises des équipes constituées de joueurs espérant décrocher un contrat avec une franchise NBA, ndlr), le jeune Anthony enchaine les performances de haut vol. « J’étais comme un mort de faim, je voulais prouver que j’avais le droit d’avoir ma chance dans une équipe NBA », se rappelle encore aujourd’hui le pivot.

Quelques semaines plus tard, il se voit récompensé de ses efforts. L’équipe de Miami, séduite par le profil de « déménageur » du canadien, lui propose un contrat d’une saison. L’aventure en NBA du fils d’immigrés haïtien peut alors débuter. Trois saisons plus tard, Joel Anthony est devenu aujourd’hui l’un des piliers de la défense d’une équipe du Heat, et qui vise les sommets : « Décrocher le titre de champion est un rêve d’enfance », sourit le pivot international canadien.

Faire son travail, sans faire de vagues

Né à Montréal en août 1982 de parents haïtiens, Joel Anthony a très vite su qu’il voulait faire du basketball son métier. « Je suis tombé amoureux de ce sport très jeune, en regardant les matches de la NBA à la télévision ». Il passe toute son enfance et son adolescence à écumer les terrains de basket montréalais tout en espérant être repéré par une université américaine.

La chance vient taper à sa porte en 2002 lorsqu’il se voit offrir l’opportunité d’intégrer l’équipe de basket de l’université de Pensacola, en Floride.  Après deux années réussies en Floride, Joel Anthony fait l’objet de nouvelles sollicitations, notamment de l’université du Nevada à Las Vegas (UNLV) : « J’ai décidé de partir à UNLV car en jouant pour eux, je savais que je j’affronterais les meilleurs joueurs du pays et que je bénéficierais également d’un enseignement de grande qualité », souligne le joueur de Miami. La dimension scolaire a toujours été un élément central dans la vie du Québécois, et pour cause : « Ma mère n’arrête pas de me répéter depuis ma plus tendre enfance qu’il y a trois éléments centraux à l’accomplissement personnel : l’éducation, le travail et l’humilité. Je crois que ces valeurs sont ancrées dans ma personnalité ».

Aujourd’hui reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs défenseurs du championnat, Joel Anthony fait figure d’extraterrestre dans une ligue où prédominent strass et paillettes : « J’ai toujours les mêmes amis, et je déteste attirer l’attention, précise le Québécois, je fais mon travail, sans faire de vagues ». Malgré sa réussite, le pivot canadien n’a pas oublié d’où il vient. Très attaché à ses proches et à sa ville de naissance, Joel Anthony développe depuis plusieurs années de nombreux projets socio-éducatifs et sportifs dans la banlieue montréalaise : « J’essaye à ma manière d’aider les gens de la communauté à s‘épanouir et à réaliser leurs rêves, qui est pour certain d’évoluer en NBA », précise le Québécois. D’ici là, Joel Anthony pourrait peut-être bientôt réaliser le sien, à savoir décrocher un titre de champion de NBA. Il deviendrait ainsi le troisième joueur canadien de l’histoire,  après Rick Fox et Bill Wennington, à remporter ce trophée.

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