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John Brennan confirmé à la tête de la CIA par le Sénat américain

John Brennan a été confirmé jeudi à la tête de la CIA par un vote du Sénat américain, deux mois après sa nomination par Barack Obama et au lendemain d’une obstruction historiquement longue d’un élu républicain sur la question des drones.

Les sénateurs ont voté à 63 contre 34 en faveur de John Brennan, 57 ans, actuellement principal conseiller antiterroriste de Barack Obama. Le républicain Rand Paul avait empêché la tenue du vote mercredi en gardant la parole près de 13 heures, pour réclamer de la Maison Blanche une clarification sur l’utilisation de drones aux Etats-Unis. La confirmation de John Brennan vient compléter l’équipe de sécurité nationale du président, après celles de John Kerry au département d’Etat et de Chuck Hagel au Pentagone.

M. Brennan connaît parfaitement la CIA où il a passé 25 ans. Depuis 2009, il dirigeait la lutte antiterroriste et orchestrait le programme de drones. Il a ainsi coordonné une “liste de personnes à abattre” appartenant à Al-Qaïda au Pakistan, en Somalie ou au Yémen. Le processus de sa confirmation a permis de propulser le débat sur les drones à la une de l’actualité. Les sénateurs ont publiquement tancé l’administration sur le manque de transparence du programme.

L’obstruction record de Rand Paul avait pour objectif d’obtenir un engagement écrit confirmant que le président n’avait pas l’autorité pour ordonner une frappe de drones aux Etats-Unis contre un citoyen américain qui ne représenterait pas une menace immédiate, par exemple un membre d’une organisation terroriste qui serait “assis à un café”. Selon lui, les règles du programme secret d’assassinats ciblés au Pakistan, en Somalie ou au Yémen ne peuvent s’appliquer sur le sol américain.

La New America Foundation, à Washington, estime à 350 le nombre de frappes effectuées par des drones depuis 2004 au Pakistan, en majorité sous le mandat de Barack Obama qui les a intensifiées. Le bilan se situerait selon ce centre de réflexion entre 1 963 et 3 293 morts, dont 261 à 305 civils. Sous pression, la Maison Blanche a accepté cette semaine de donner accès à certains sénateurs aux mémorandums du département de la Justice, jusque-là jalousement gardés, qui autorisent le président à ordonner des attaques contre des citoyens américains.

 

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